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Cet Évangile, c’est un vrai réconfort ! Définitivement une bonne nouvelle !

Quand je le lis, je ressens la même joie que lorsque vous m’écrivez :
« Sans votre émission le dimanche, que serait ma semaine ! »
Ou lorsqu’un jeune vient me dire : « ça y est, j’ai trouvé l’amour de ma vie » ou encore : « je viens enfin de trouver un travail »…
Ou lorsque quelqu’un m’annonce que sa grave maladie est en voie de guérison.
Cet Évangile fait le même effet : il vous retourne véritablement parce qu’il vous aide à dégager un horizon qui vous semblait bouché !

Pourquoi notre horizon peut sembler bouché ?

Je le disais : l’avenir incertain, la maladie, la solitude. Mais ce sont aussi les regards qui nous enferment (le mien ou celui des autres sur moi). Ces classifications par lesquelles nous mettons des gens sur la touche : « jeune », « vieux », « pauvre » ou « riche ». Il y aussi le rejet, avec des discriminations scandaleuses ! Il y a le manque d’estime mutuelle, même dans notre Église catholique, avec des catégories qui nous rassurent : « réactionnaire », « progressiste », « illuminé ».

Mais nous pouvons aussi être enfermés par nos erreurs.
L’apôtre Pierre est un exemple, ici, en ce lieu. Paralysé par la peur au moment de la passion de son maître, il a failli être enfermé sous l’étiquette : « celui qui a renié Jésus » ! Mais le Christ a quand même vu en lui « celui qui serait le pasteur de son peuple ».

Et puis, l’argent et toutes sortes d’idolâtrie finissent par nous isoler du monde.
Pensez à Zachée. Il portait l’étiquette de « publicain, collaborateur du pouvoir occupant ». Mais Jésus manifeste avec lui qu’un homme peut changer de vie.

Et il y a notre péché.
Il installe en nous une culpabilité qui peut devenir une prison bien gardée par l’indignation des autres, mais aussi par notre propre incapacité à croire au pardon. Et l’Évangile part du péché, aujourd’hui, pour montrer la puissance du Christ à ouvrir des horizons de vie et à nous défaire des étiquettes qui nous enferment. Voyez sur une croix, à ses côtés, celui auquel tous collaient l’étiquette de « malfrat ». Aujourd’hui, nous ne parlons de lui que comme « le bon larron ».
Comment a-t-il fait pour passer de la honte à l’espérance ? Dépassant sa situation de malfaiteur condamné, il a regardé la croix ! Il a regardé avec les yeux de la foi ce qui devait ressembler à un terrible échec : Jésus sur la croix !
Un évêque du 4e siècle, Saint Jean Chrysostome, s’émerveillait ainsi de la croix du Christ : « Elle nous a ouvert le paradis fermé depuis cinq mille ans », disait-il. « Car c’est en ce jour que Dieu y a introduit le bon larron, nous apprenant ainsi deux choses importantes : à savoir que le ciel était ouvert et qu’un larron y avait été reçu. »

Nous sommes venus en pèlerinage à Jérusalem.

Comme le dit le psaume , nous nous tenons avec joie devant ses murs. Mais c’est parce que nous savons que ces murs, – qui furent le lieu de la passion et de la résurrection du Christ – … ces murs renouvellent notre désir du bonheur du ciel ! Et à l’école du bon larron, nous sortons de nos impasses parce que la bonté du Seigneur ouvre en nous et pour nous des horizons de vie !

Ne laissons personne jeter sur nous un regard réducteur mais laissons Dieu nous enseigner « la vraie mesure de nos jours » , l’appel au bonheur divin et à la dignité. Personne, ici-bas, ne peut nous enfermer sous une étiquette de « pécheur », « malade », « obscurantiste », « vieux » ou « jeune »…

Pour finir,
voyez justement l’étiquette qui avait été collée à Jésus, par dérision : « Roi des juifs ». Aujourd’hui nous l’honorons comme « Roi de l’univers » ! Sa bonté règne avec force pour toute notre humanité. Il ne se sauve pas lui- tout seul ! Que non ! Il sauve bien le larron avec lui et nous tous avec, dans la foulée, si nous avons le courage de bousculer nos vies et de dire avec foi du fond de nos impasses cette prière : « Jésus, souviens-toi de moi ! »

Références bibliques : 2 S 5, 1-3 ; Ps 121 ; Col 1, 12-20 ; Lc 23, 35-43

Référence des chants : Liste des chants de la messe à Jérusalem 24-11-2013