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Qui, d’après vous, serait le mieux placé pour parler de liberté ? Serait-ce un ex-otage ? Serait-ce des hommes ou des femmes qui ont vécu ou vivent encore aujourd’hui derrière un mur ? Serait-ce un convalescent qui progressivement retrouve son autonomie ? Serait-ce encore celui qui a connu la dépendance de l’alcool ou de la drogue et qui, aujourd’hui, dit « revivre » ?

Il faut peut-être en effet avoir perdu la liberté pour oser en parler.

Bien sûr le mot est sur tous les frontons de nos mairies, associé aux mots « égalité et fraternité ». Mais la liberté n’est jamais un acquis, elle est une conquête. Si je vous demandais à vous qui êtes dans cette église, à vous qui êtes devant votre écran de télévision : « êtes-vous libres ? » je pense que vous me répondriez pour la plupart « oui ! » Mais si je vous demande avec insistance : « êtes-vous vraiment libres ? », je suis sûr que vous hésiterez un moment, et vous auriez raison.

L’homme tourmenté par un esprit mauvais rencontré par Jésus, avait peut-être l’impression d’être libre, à tel point qu’il se met à crier : « que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? » Que nous veux-tu ? Il n’était donc pas seul. En effet il était possédé, aliéné par un autre. Son cri est un appel, et c’est bien comme cela que Jésus l’a perçu.

Commençons par regarder les hommes en quête de liberté,
et contemplons Jésus qui vient la leur offrir

Dès le début de son Évangile, Marc met Jésus en marche à la rencontre des blessés de la vie, de ceux qui cherchaient à vivre libres, de ceux qui attendaient une délivrance : les souffrants voulaient être délivrés de la maladie ou du handicap, les laissés pour compte recherchaient à être enfin reconnus, les pécheurs à être délivrés du mal. Cette quête est une quête de l’humanité. La liberté fait en effet la grandeur de l’homme, un homme privé de liberté est un homme mutilé, il a perdu sa dignité, il ne peut rien décider par lui-même.

L’image la plus parlante de l’homme privé de liberté est l’image de l’homme enchaîné. Or il y a bien des formes de chaînes : la maladie cloue le malade sur son lit, l’argent peut fermer les mains et le cœur de celui qui en est esclave ; le plaisir aliène celui qui passe son temps à le rechercher ; l’idéologie peut empêcher d’accueillir la pensée de l’autre ; le travail peut devenir une idole à laquelle on est prêt à tout sacrifier.

C’est le jour où l’homme prend conscience qu’il est possédé, enchaîné, aliéné, qu’il peut crier.

Alors, vous qui hésitez à dire que vous êtes vraiment libres, criez : « Que nous veux-tu Jésus de Nazareth ? » Si vous criez, c’est qu’au plus profond de vous-mêmes vous savez qui il est, « le Saint, le Saint de Dieu », l’Envoyé de Dieu, venu non pas pour vous perdre, mais pour vous sauver, pour vous libérer.

Alors oui, cette liberté que vous cherchez, croyez que le Christ vient vous l’offrir. Il commence par intimer un ordre à la force du mal qui vous aliène : « Silence ! » C’est l’ordre qu’il donnera à la mer lors de la tempête qui s’abat sur le lac de Tibériade, la mer étant alors symbole des forces du mal. Jésus est celui qui « parle en homme qui a autorité », car son autorité, c’est non seulement sa parole, mais c’est en même temps sa façon de vivre : il dit et il fait. Il peut offrir la liberté aux hommes parce que lui-même est un homme libre, personne n’a réussi à l’enchaîner, ni le pouvoir politique, ni les autorités religieuses. Il est venu parler de l’Amour, il est venu donner le témoignage de l’Amour, or il ne peut y avoir d’amour véritable sans liberté.

Frères et sœurs qui avez du mal aujourd’hui à vous dire libres, le Christ vous invite à décider de vivre.
Si la maladie ou les infirmités de l’âge limitent vos activités, vous pouvez choisir de vivre le plus dignement possible votre état de malade ou de handicapé.
Si l’épreuve est venue vous abattre, vous pouvez choisir de commencer à vous relever, et à trouver de nouvelles raisons de vivre.
Si une dépendance entrave votre liberté vous pouvez choisir de faire un pas pour sortir de la spirale infernale.
Si vous êtes derrière les barreaux de votre cellule, vous pouvez choisir de garder votre dignité.
Mais pour choisir de vivre vous avez besoin d’un Sauveur « à qui les esprits mauvais obéissent », il s’appelle Jésus Christ. Regardez bien, il se présente peut-être sous les traits d’un soignant, d’un proche, d’un ami, d’un visiteur qui est là, prêt à vous aider. Le Sauveur ne nous sauve pas malgré nous, il nous tend la main, faut-il encore que nous la saisissions.
Et nous-mêmes, nous pouvons être prophètes pour annoncer et donner à voir la liberté des enfants de Dieu.
Lisez l’Évangile, et vous rencontrerez bien des hommes et des femmes en quête de liberté. Jésus s’est présenté sur leur route. Ils ont pour nom : Zachée, la Samaritaine, Bartimée, le lépreux, la femme adultère, le larron crucifié près de Jésus, et tant d’autres. Jésus les a rencontrés, et il leur a offert la liberté qu’ils ont accueillie.

Plus que jamais, au cours de cette messe, au moment de la communion, faisons cette demande :

« Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal. »
« Oui, fais de nous des hommes et des femmes libres, libres de choisir la Vie, pour cela libère-nous de tout ce qui peut entraver notre liberté. Alors nous serons libres, libres de vivre, libres d’aimer, libres de croire. Et fais de nous des libérateurs pour nos frères enchaînés.»

chants

Moment

Cote

Titre

Paroles

Musique

Entrée

A 14-56 1

Dieu nous a tous appelés

D. Rimaud

Berthier

Pénitence

AL 597

messe du peuple de Dieu

AELF

C. Hauguel

Gloria

 

Gloire à Dieu de la messe de Chartres

 

Charpentier

Psaume

 

 

 

 

Alléluia

V 166

 

 

 

P.U.

 

 

 

 

Offrande

 

 

 

 

Sanctus

AL 597

Messe du peuple de Dieu

AELF

C. Haugel

Anamnèse

AL 597

Messe du peuple de Dieu

AELF

 

C. Haugel

Doxologie

 

 

 

Delabre

Agnus

AL 597

Messe du peuple de Dieu

AELF

C. Hauguel

Communion

SYL F 502

La sagesse a dressé une table

Fr. Bourgeois/ Fr. JP. Revel

A. Gouzes

Fin

 

Magnificat

 

 

prière post communion

Nous célébrerons demain, la fête de la présentation, journée qui a été aussi voulue comme fête de la vie consacrée. Dans la voûte de nombreuses figures de religieux nous rappellent la variété des vocations dans l’Eglise.
Sr Emmanuelle, femme consacrée, religieuse de ND de Sion, nous a quitté il y a quelques mois, elle nous invite encore à la prière.
Seigneur, accorde-moi cette Grâce : que rien ne puisse troubler ma paix en profondeur,
Aide-moi à regarder ta Face ensoleillée, même en face des pires événements.
Accorde-moi, Seigneur, de ne travailler que pour le bien, le beau et le vrai.
Je voudrais aussi, Seigneur, que tu me donnes la Sagesse.
Qu’à toute heure de ce jour, je puisse offrir un visage joyeux.
Ouvre mes yeux à l’invisible pour que rien n’arrive à ébranler l’optimisme de ceux qui croient en Toi et qui espèrent en l’Homme.
Amen.
 

Références bibliques : Dt 18, 15-20 ; Ps 79 ; 1 Co 7, 32-35 ; Mc 1, 21-28

Référence des chants :