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« Jeune homme, la trentaine, bien sous tous rapports, cherche partenaires pour vivre la folie de l’Amour. Pas sérieux s’abstenir. » Frères et sœurs, rassurez-vous, il ne s’agit pas là d’une annonce parue sur un site internet, pour personne en mal d’amour, mais bien d’un appel lancé par Jésus, le Bon Pasteur, en cette Journée mondiale de prière pour les vocations.

Le Bon Berger est celui qui « sent la brebis », son odeur, mais aussi sa douceur et qui ne cherche pas à s’aseptiser, en se tenant loin du troupeau. Sans doute, avez-vous reconnu dans cette expression, l’invitation que lançait notre pape François à tous ceux qui ont la charge de guider le peuple de Dieu. Déjà, du temps de Jésus, certains responsables religieux conduisaient le peuple avec autorité, en se prenant pour les managers de Dieu. D’un revers de manche, Jésus, dans l’Évangile que nous venons de proclamer, écarte tous ceux qui prétendaient conduire le peuple d’Israël à la manière d’un berger, mais qui ne vivaient pas une histoire d’amour avec le troupeau qui leur était confié.

Face à eux, Jésus ose prétendre : « Moi, je suis le Bon Pasteur », expression biblique d’une extrême densité. Les auditeurs de Jésus avaient à l’esprit la parole du prophète Ézéchiel, qui fait dire à Dieu : « Je viens chercher moi-même mon troupeau pour en prendre soin, la brebis blessée je la soignerai et je la porterai sur mon cœur… » Le Bon Pasteur est celui qui donne sa vie pour ses brebis. Il court après elles pour les rassembler, tout en respectant la liberté de chacune. Il les connaît chacune personnellement, avec le cœur.

Oui, frères et sœurs, pour Jésus, chacun de nous est unique, nous ne sommes pas des pions interchangeables. Il nous fait pleinement confiance et espère en chacun de nous. Avez-vous déjà réalisé que nous sommes gravés sur les paumes de ses mains ? Cette main qu’il tend aux malades pour les guérir, aux pécheurs pour les réconcilier, à Pierre qui s’enfonce dans la mer. Cette main qui rompt le Pain de Vie, au soir du Jeudi Saint. Cette main qui accepte de s’étendre sur la croix, pour semer dans le monde, un amour aux dimensions universelles. Cette main du Ressuscité qui bouleverse le cœur de Thomas et bénit les apôtres avant de les envoyer en mission, jusqu’aux extrémités de la terre. Telle est la main du Pasteur, dont personne ne peut nous arracher.

Décidément, le Dieu que nous révèle Jésus, le Bon Berger, est un Dieu qui se met à genoux devant l’homme pour lui laver les pieds, un Dieu dont la Miséricorde est sans limite, un Dieu qui respire mal quand l’homme étouffe. Si certains ont pu imaginer un Dieu lointain, indifférent, impassible, drapé dans sa dignité et sa puissance, l’Évangile du Bon Pasteur bat en brèche cette image. Le Dieu de Jésus Christ a partie lié avec l’humanité et rien de ce qui blesse l’homme ne lui est étranger. Frères et sœurs, les blessures et les misères de toute sorte, la violence, le terrorisme, le mal de vivre, gangrènent notre monde déchiré et meurtri. Le chantier pour y semer l’Amour est immense, il ne manque que des mains et des bras. Alors, en cette Journée mondiale de prière pour les vocations, cher ami, cher jeune, tu ne peux rester insensible à toute cette souffrance de l’humanité crucifiée. Regarde autour de toi, tu connais certainement un ami malade, ou un aîné placé en maison médicalisée, un être proche qui pleure la mort d’un parent ou d’un enfant, un collègue qui traverse une profonde déprime ou qui désire la mort…

Aujourd’hui encore, Dieu, embauche des apôtres de l’Amour, capables « d’essuyer les larmes » qui coulent sur les cœurs et les corps abimés. Alors, qu’attends-tu pour répondre pleinement à ta vocation de baptisé, en devenant partenaire de Jésus pour vivre la folie de l’Amour ? Amen.

Références bibliques : Actes des Apôtres, 13, 14.43-52 ; Ps. 99 ; Apocalypse de Saint Jean 7, 9-17 ; Évangile selon saint Jean 10, 27- 30

Référence des chants : Liste des chants de la messe à Huningue 17 avril 2016