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 Frères et Sœurs,

Pour être touché par une parole, par une rencontre ou par un événement, il faut que nous ayons le cœur en état d’être touché. Combien de fois ne passons-nous pas à côté de ce qui est important, tout simplement parce que nous sommes restés à la surface des choses ?

Et voici que ce matin, une Parole nous est adressée. L’avons-nous entendue, reçue, goûtée ?
Dans la foi, j’y reconnais la Parole de Dieu et au cœur de l’expérience humaine, j’y découvre une Bonne Nouvelle qui rejoint nos questions les plus essentielles : en qui est-ce que je mets ma confiance ? Qu’est-ce que le bonheur ? Y-a-t-il quelque chose après la mort ? Autant de questions qui se trouvent présentes dans la liturgie de ce dimanche.

C’est vrai qu’il n’y a sans doute pas de paroles plus actuelles que celles de la Bible, et particulièrement de l’Évangile.

En ouvrant ce matin le journal des événements du monde, j’y découvre, à la rubrique « messe télévisée », trois titres qui font « la une » de cet événement auquel nous participons en ce moment :

> C’est d’abord la « journée des malades », célébrée dans toute l’Église catholique dans la proximité de la fête de Notre-Dame de Lourdes célébrée chaque 11 février. Et je veux ici que notre célébration puisse rejoindre tous les malades qui sont des téléspectateurs fidèles de nos messes télévisées. Que ces rendez-vous que vous suivez sur la RTBF ou sur France 2 (avec Le Jour du Seigneur) vous permettent à la fois de vous rendre proches des communautés et paroisses qui accueillent la télévision et d’y trouver soutien et réconfort pour que l’espérance soit toujours plus forte que la maladie.

> C’est ensuite le centenaire de cette église où habite la communauté paroissiale de Habay-la-Neuve qui nous accueille ce dimanche. Célébrer un anniversaire, c’est toujours s’inscrire dans une histoire et, dans la foi, dans une histoire sainte. Merci à vous, paroissiens de Habay, mais aussi à toutes ces communautés présentes dans nos villes et villages : votre fidélité s’enracine dans la fidélité de Dieu et elle est inébranlable et indéfectible et donc aussi, source de nouveauté et de créativité. L’Église ne grandit que là où son histoire devient le terreau de son avenir, ici à Habay et partout ailleurs.

> C’est enfin, au-delà d’une dimension trop commerciale qui risquerait d’en cacher sa beauté, la fête des amoureux de la Saint-Valentin de ce 14 février. Oserais-je dire que la Saint-Valentin est d’abord la fête de Dieu car il n’y a pas de plus grand amoureux que lui. Puissions-nous ressourcer l’amour humain à cette source intarissable de son amour qui, jamais, ne condamne ou n’exclut. Et merci à tous ces amoureux de 2010 qui sont, sans toujours le savoir ou le reconnaître, de beaux témoins de l’amour de Dieu… car il n’y a d’amour que là où il y a don, pardon et abandon – au sens de la confiance !

Et c’est dans la lumière de ces quelques événements, qui n’ont évidemment rien d’exhaustif, que je relis les textes bibliques de ce dimanche :

> C’est d’abord Jérémie dont on dit qu’il n’a écrit que des « jérémiades ». Écoutons-le lorsqu’il dit : « Béni soit l’homme qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur est l’Espérance. » Faire confiance en Dieu, c’est donner à nos vies humaines un souffle intérieur et une perspective d’avenir que l’Absolu seul peut combler – et il n’y a d’absolu que Dieu seul.

> C’est ensuite cette lettre de Paul aux Corinthiens : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi ne mène à rien. » Cela a le mérite d’être clair ! D’où venons-nous ? Vers où allons-nous ? Quel est le sens de notre vie ? Dans la foi, c’est la Résurrection du Christ qui vient éclairer ce qui est surtout un mystère et non pas d’abord un problème. Un problème demande des solutions. Un mystère nous conduit plus loin que nos problèmes, là où l’horizon de l’homme n’est pas l’homme mais Dieu. Désormais la vie de l’homme s’écrit en lettres d’éternité. Et cela change tout.

> C’est enfin l’Évangile qui met dans la bouche du Christ des paroles à la fois révolutionnaires et réconfortantes : heureux, …les pauvres, les affamés de justice, les cœurs de chair qui n’ont pas encore la capacité de pleurer, les persécutés qui sont non pas masochistes, mais témoins d’une fidélité qui les dépasse autant qu’elle les comble. « Heureux », de quel bonheur voulons-nous vivre ? Le vrai bonheur est d’abord celui qui se reçoit et se partage. Il se construit non pas sur ce qui est uniquement « dû » mais sur ce qui est d’abord « don ». L’Évangile conduit à des inversions de perspectives qui sont de véritables conversions des cœurs.

À l’approche du Carême – déjà ! – voici donc que la Parole de Dieu et les événements de notre vie nous invitent à revenir à l’essentiel. Nous vivons dans une société marquée par de profondes mutations. Le superficiel semble trop souvent l’emporter sur l’essentiel, mais que de promesses d’avenir pour celles et ceux qui peuvent regarder le monde avec les lunettes de l’Évangile !

La liturgie de ce dimanche nous y invite pour faire, de nous, des prophètes de l’espérance attentifs aux enjeux et aux défis de notre temps. Amen.

Références bibliques : Jr 17, 5-8; Ps. 1; 1 Co 15, 12.16-20; Lc 6, 17.20-26

Référence des chants :