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Frères et sœurs, amis en Christ, à côté de Jean-Baptiste se tient aujourd’hui Jeanne d’Arc. L’un et l’autre espéraient la venue de Dieu. L’un et l’autre poursuivaient inexorablement leur mission, en lançant un cri d’espérance dans ce monde déchiré, meurtri et pourtant aimé de Dieu. L’un et l’autre, des « indignés » avant l’heure ! Au peuple en attente de libération, Jean-Baptiste annonçait la Bonne Nouvelle, une nouvelle présence en la personne de Jésus, le Messie. Son langage réveillait comme un orage et secouait comme un tremblement de terre. Pas moyen d’échapper aux rafales qui font trébucher les hypocrites. Ce prophète impitoyable rejetait de son langage tout ce qui était langue de bois. « Convertissez-vous, écoutez la voix du Seigneur, préparez son chemin, aplanissez sa route… » C’est ainsi que le Baptiste préparait la venue du Sauveur du monde.

Bien aimés de Dieu, n’est-ce pas ici que Jeanne, à l’âge de 13 ans, à travers la « voix » de l’archange saint Michel, se sentit appelée par le Seigneur à se convertir, à intensifier sa vie chrétienne, par une compassion à l’égard de tous les souffrants, dans un contexte dramatique de guerre et à s’engager personnellement pour la libération de son peuple. Elle aurait pu ne pas répondre aux « voix », elle reconnaîtra même, que la première fois, elle eut « grand peur », mais la prière et la confiance en Dieu auront le dernier mot. Même à l’heure de son procès, quand la nuit commençait à l’envelopper, son espérance restera indemne. « Je m’en remets à notre Seigneur et lui m’aidera. »
Frères et sœurs, face à notre monde déboussolé, beaucoup sont comme ces gens de Jérusalem et de Judée, à l’affût de signes d’espérance et de renaissance possible. Seule la conversion à l’amour peut être une réponse à tous les chercheurs d’absolu et aux assoiffés de Dieu. Cet amour passe par nos mains, notre regard, notre cœur. À l’image de Jésus, nous devons aimer, à commencer par les plus nécessiteux, les aveugles, les boiteux, les sourds, les blessés de l’amour, les lépreux de notre temps, ceux dont la chair crie, ceux dont le cœur saigne, ceux dont l’esprit vacille.

Au moment de préparer Noël, aurons-nous la force de redonner la priorité de notre amour aux préférés de Jésus ? Au loin ou tout près de nous, il y a encore tant de morts à ressusciter, par un peu de pain partagé, par un brin d’amour gratuit, tant de frères malades et âgés à consoler, en essuyant les larmes de leur corps usé et fatigué. Ils sont à notre porte, peut-être même chez nous, ces jeunes, dont les yeux se sont éteints, face à l’inquiétude de leur avenir, ou sous la glaciation du désespoir et de la drogue.

Pour témoigner de cette charité authentique et réelle, durant cet Avent, il nous faut demeurer en la grâce de Dieu et prier comme Jeanne : "Si je n’y suis, que Dieu m’y mette et si j’y suis, que Dieu m’y garde." Frères et sœurs, pour que Noël ne devienne pas une foire égoïste, autour d’un petit Jésus emballé de chocolat, sous un sapin éphémère, demandons la grâce d’accueillir vraiment la fête d’un Dieu Libérateur.
Voyez le témoignage lumineux de Jeanne d’Arc… Il nous invite à faire de la prière le fil conducteur de nos journées, à vivre la charité sans favoritisme, ni limite, et à avoir pleinement confiance en Dieu, selon la belle formule de cette sainte que vous honorez ici : « Notre Seigneur, premier servi. ». Amen.

Références bibliques : Is 40, 1-5.9-11 ; Ps. 84 ; 2 P 3, 8-14 ; Mc 1, 1-8

Référence des chants :