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Chers frères et sœurs,

certaines paroles des Écritures résonnent sévèrement à nos oreilles, mais, comme nous le rappelle l’Epitre aux Hébreux que nous avons entendue, elles nous sont données pour nous stimuler sur le chemin que nous avons à parcourir. Recevons l’évangile de ce jour, dans cet esprit. « Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? »
Être sauvés… Est-ce une question qui nous préoccupe encore, comme elle préoccupait cet anonyme qui s’adressait à Jésus ? Aspirons-nous à être sauvés ? Sauvés de quoi, d’ailleurs ?… Aspirons-nous à une victoire totale et définitive du bien, de la vérité, de la justice, de l’amour sur toutes ces forces de violence, de misère, de souffrances, de mort qui semblent submerger jour après jours notre monde et font d’abord la guerre en chacune de nos vies ? Si oui, écoutons la réponse… Sinon, il vaut mieux aller nous divertir ailleurs…

« Seigneur, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ? »Vous avez remarqué ? La question est orientée… Cet anonyme n’est pas intéressé par la question de savoir s’il y a un salut ou en quoi il consiste. Il est intéressé par la question de savoir combien de personnes seront sauvées. (Peut-être cherche-t-il à s’assurer qu’il sera du nombre…) Et cette question, il l’adresse à Jésus. C’est qu’il l’a déjà entendu et même fréquenté. Sa réponse l’intéresse.

Or la réponse a de quoi surprendre. Jésus ne répond pas à la question de son interlocuteur. Il ne dit pas combien seront sauvés… Il veut faire aller plus loin. De manière rude, Jésus redit que Dieu veut sauver tous les hommes, et il réclame de ceux qui l’auront approché et entendu qu’ils s’engagent sérieusement par rapport à lui et à son témoignage.
Dieu veut sauver tous les hommes. C’est-ce qu’il faut comprendre de la mention d’Abraham, Isaac et Jacob, de la mention des prophètes, de cette vision de ceux qui viendront, de l’Orient et de l’Occident, du Nord et du Midi, prendre place au festin dans le Royaume de Dieu. Le cœur de Dieu est ouvert pour y accueillir tous les hommes. Dieu est fidèle à son intention. Le prophète Isaïe l’annonçait déjà, Jésus ne le contredit pas.

Mais, le salut n’en est pas pour autant automatique. Il réclame que l’homme accueille l’offre de Dieu faite en Jésus-Christ, et qu’il vive en conséquence. Avoir mangé et bu en sa présence, avoir entendu ses enseignements ne suffira pas. Ceux qui auront traité à la légère l’offre de Dieu, pourront s’entendre dire : « Eloignez-vous de moi, vous qui faites le mal. » Avoir entendu l’Evangile et s’être approché de Jésus, appelle chacun à se déterminer par rapport à la personne de Jésus, et à s’engager concrètement dans l’amour de Dieu et l’amour du prochain. On ne peut être chrétien à 40 ou 60 %, ou de temps en temps, ou dans tel domaine et pas dans tel autre (plus gênant ?). Même s’il n’y parvient jamais totalement, le chrétien est celui qui veut suivre le Christ en qui il a reconnu, sous l’action de l’Esprit Saint, l’avenir auquel il aspire.

Dans quelques jours, nous célébrerons le centenaire de la naissance de la Bienheureuse Mère Teresa de Calcutta. Sa vie toute donnée au Christ dans l’accueil de son Evangile, sa vie toute unie au Christ reçu et adoré dans l’eucharistie, sa vie toute engagée au service des pauvres au nom du Christ est un magnifique exemple de ce que le Seigneur sait faire dans une existence qui l’accueille vraiment. En ce dimanche, nous demandons son intercession : que Mère Teresa nous aide à avancer généreusement à la suite de Jésus, dans la situation où chacun se trouve. Amen.

Références bibliques : Is 66, 18-21 ; Ps 116 ; He 12, 5-7.11-13 ; Lc 13, 22-30

Référence des chants :