Je fais un don

Monseigneur, frères et sœurs présents dans cette cathédrale de Cordoue où tant de chercheurs de Dieu ont prié depuis des siècles, frères et sœurs qui suivez la messe télévisée en France et en Belgique, vous venez de l’entendre, Jésus a été envoyé par son Père aux brebis perdues d’Israël.

En effet, la mission terrestre de Jésus se borne aux limites du territoire d’Israël. Le Messie est venu précisément pour le peuple de Dieu, le peuple de l’Alliance. Cet Israël par lequel tous les hommes sont sauvés. En recevant son humanité d’une fille d’Israël, la Vierge Marie, Jésus Christ sera bien le Roi des juifs, comme l’écriteau de sa croix, dressée sur le monde entier, l’indique à tous les peuples.

Une païenne, une cananéenne, une fille qui n’est pas d’Israël ose s’adresser avec insistance à Jésus pour obtenir la libération de sa fille tourmentée par un démon. L’immense confiance de cette malheureuse femme, exprimée par une répartie audacieuse, obtiendra du Seigneur la guérison demandée.
Ce miracle annonce que Jésus apporte le salut à tous, y compris aux étrangers qui s’attachent à lui, comme Isaïe le prophétisait déjà. À tous les hommes, Dieu veut faire miséricorde. Ce sera la mission des apôtres de le proclamer à toutes les nations.
Cette cananéenne obstinée, qui a exaspéré les disciples par ses cris, demeure pour chacun de nous un modèle de foi et un bel exemple pour la prière. Jésus a beau lui faire remarquer qu’elle n’appartient pas à ce peuple, elle persévère et insiste. En utilisant le terme péjoratif de chien, réservé par les juifs pour désigner les païens, c’est-à-dire les idolâtres, Jésus y ajoute le qualificatif de petit, sans nul doute pour en diminuer le caractère méprisant. Rien n’y fait, cette femme a réponse à tout. Avec esprit, elle rétorque que les petits chiens peuvent manger les miettes qui tombent de la table de leur maître. De manière intuitive, elle a compris que Jésus est la vérité, aussi est-elle prête à se contenter de miettes, elle sait en qui elle croit.
En se prosternant aux pieds de Jésus, elle fait un geste réservé à Dieu chez les juifs et elle supplie : « Viens à mon secours ! » Devant une telle confiance et une telle persévérance, Jésus ne peut qu’accéder à son désir.
Ce qui, à première vue pouvait passer pour une obstination bruyante, est en fait un acte de confiance active et intelligente, qui, une fois encore, va permettre à la compassion de Jésus pour les souffrants de se révéler. En dehors de Jésus, il n’y a pas de salut. Il donne et rend la vie. Ce miracle en est l’illustration significative.

Frères et sœurs, cette cathédrale est dédiée à l’Assomption de la bienheureuse Vierge Marie et demain, nous en célébrerons la fête. Ce sera même cette nuit, pour tous les jeunes qui sont ici à Cordoue et qui partiront dès demain à Madrid pour continuer ces Journées mondiales de la jeunesse.
De cette cathédrale, haut-lieu pour la foi, au cours des siècles, j’ose vous rappeler en empruntant les mots de Jean-Paul II : « Qu’il n’y a qu’un seul problème qui existe toujours et partout, le problème de notre présence auprès du Christ (…), de notre intimité avec la vérité authentique de ses paroles et avec la puissance de son amour ». L’exemple de la Cananéenne peut nous encourager à rechercher cette présence du Seigneur qui nous sauve.
Pour les jeunes du monde entier qui ont séjourné dans différents diocèses d’Espagne avant de se rendre aux JMJ, je vous demande de prier afin que les évènements des prochains jours affermissent leur foi et leur offrent la capacité d’entretenir avec Jésus une amitié durable et rayonnante.

Prions le Christ par l’intercession de la Mère de Dieu et de celle du bienheureux Jean-Paul II, protecteur des JMJ de Madrid selon la volonté du pape Benoît XVI, pour que les jeunes présents à Madrid obtiennent de rencontrer personnellement le Christ et deviennent les témoins de sa Miséricorde dans le monde entier, particulièrement auprès des plus éprouvés.

Amen.

Références bibliques : Is 56, 1.6-7 ; Ps. 66 ; Rm 11, 13-15.29-32 ; Mt 15, 21-28

Référence des chants :