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20 septembre 1964 : Alors que le concile Vatican II bat son plein, le pape Paul VI annonce la nomination de Marie-Louise Monnet comme auditrice au concile. Une femme, la seule au milieu des évêques du monde entier. Lors des précédentes sessions, il y avait déjà eu des hommes laïcs auditeurs du concile. Mais une femme ? Jamais ! Les journalistes se sont demandés ce qu’avait bien d’extraordinaire cette Marie-Louise Monnet pour avoir été choisie. « De toutes les questions qu’ils m’ont posées, raconte Marie-Louise, je retiens celle-ci qui me semble être la plus révélatrice, j’étais interrogée sur les diplômes que j’avais obtenus au cours de mes études. Ma réponse était des plus simples : j’ai fait celles qui étaient normales pour une jeune fille de mon milieu à mon époque, c’est-à-dire que je ne possède pas de diplôme, je suis une femme ordinaire. »

Une femme ordinaire. On pourrait en dire autant de Marie, jeune fille « sans diplôme », d’un bourg ordinaire de Galilée, promise en mariage à un charpentier ordinaire, Joseph, bien qu’il fut descendant de la maison de David. Un couple à la vie ordinaire. Nous savons que ce sera l’obstacle majeur pour reconnaître, plus tard, en Jésus le Messie : « De Nazareth, que peut-il bien sortir d’extraordinaire ? »

Chers amis, chers téléspectateurs, il nous reste une semaine pour réaliser que c’est dans l’ordinaire de nos vies que Jésus veut naître. Alors, comment, en huit jours, nous entraîner à regarder notre ordinaire comme le lieu où Dieu va se manifester ? Eh bien, en nous inspirant de Marie dans l’évangile de l’Annonciation, nous pouvons repérer trois attitudes.
Entendre
La première attitude de Marie est sans doute la plus difficile qui soit au monde et pour chacun d’entre nous. Entendre. Écouter ce qu’une personne nous dit, surtout un inconnu. Et l’écouter au point d’en être bouleversé, transformé, touché, dirions-nous aujourd’hui. Sans cette capacité à être affecté en profondeur par ce que les autres, ou les événements, nous disent, nous restons à la superficialité des choses. Et notre vie ordinaire perd son potentiel d’ouverture à Dieu.
Questionner
L’ange, ayant trouvé quelqu’un qui sait écouter, continue de parler. Il apprend à Marie la bonne nouvelle qu’il avait mission de lui annoncer : « Tu vas enfanter un fils ». Et là, surprise ! Marie ne dit pas « Amen ; très bien, compris, j’accepte, pas de problème… » Non. Mais elle ose parler en fidélité avec ce bouleversement qui est en elle et qu’elle écoute, en profondeur. Elle pose une question pour être certaine d’avoir bien entendu ce qu’elle a entendu. Elle ne se ferme pas à la nouveauté étonnante, et même inconcevable, que l’ange lui annonce. Elle pose simplement, et avec respect, une question : comment cela va-t-il se faire ? C’est le bon sens ordinaire de l’accueil de la nouveauté, accueillir sans pour autant tout accepter tant qu’on ne comprend pas.
Servir
La réponse de l’ange fait mouche et Marie entre dans une nouvelle confiance. Elle saisit intérieurement que « rien n’est impossible à Dieu ». Et transformée par la foi qu’elle accorde à cette parole de l’ange, sa réponse fuse : « Voici la servante du Seigneur ». Servir, telle sera la manière de vivre de Marie. Se mettre au service de la puissance de Dieu qui vient bouleverser son ordinaire, afin que son ordinaire de femme devienne à l’image de l’ordinaire de la vie de Dieu.
Écouter, sans interrompre celui qui parle.
Questionner, en parlant à partir de ce qui nous bouleverse et transforme.
Servir, pour grandir à l’image de Jésus qui est venu servir et non être servi.
Nous avons une petite semaine devant nous pour nous préparer à être complètement transformés par la naissance de Jésus. Alors, écoutons ! Remettons-nous en question ! Devenons, comme Marie-Louise Monnet, comme Marie, des femmes, des hommes, des enfants ordinaires, prêts à vivre une vie nouvelle avec Jésus.

Références bibliques : 2 S 7, 1-5.8b-12.14a-16 ; Ps. 88 ; Rm 16, 25-27 ; Lc 1, 26-38

Référence des chants :