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Frères et sœurs en Christ, cette Parole de Dieu, résonne avec la force de la foi retrouvée en Jésus de Nazareth, ressuscité par Dieu d’entre les morts. Cette force de la foi pascale n’exclut pas la réalité de l’expérience humaine, avec ses égarements et ses confusions. La prédication de Pierre, racontée dans la première lecture, croise son expérience personnelle aux côtés de Jésus de Nazareth, allant de rives en rives jusqu’au Calvaire, jusqu’au tombeau vide et, désormais, jusqu’à l’expérience de la Résurrection, jusqu’à la Pentecôte et jusqu’à sa décision d’annoncer le Christ comme Sauveur. Pour sa part, saint Paul – s’appuyant sur l’image du pain et exhortant ses lecteurs et auditeurs à célébrer le Christ « non pas avec du vieux levain, ni du levain de méchanceté et de perversité, mais avec des pains sans levain : dans la pureté et dans la vérité » – proclame que la foi au Christ ressuscité peut changer, guérir et libérer votre vie, et la mienne.

Les Actes des Apôtres et la première Lettre de saint Paul aux Corinthiens sont construites sur les Évangiles et en particulier sur le récit de l’expérience des disciples de Jésus de Nazareth après sa mort et sa résurrection. Les mots que nous venons d’entendre dans l’Évangile de Jean, nous ramène, nous chrétiens du XXe siècle, à cette toute première expérience de Pâques. Dans ce texte, nous expérimentons l’amour, le respect, la douleur des amis et disciples du Crucifié : ils arrivent au tombeau de l’Aimé, celui en qui ils mettaient leur confiance, celui en qui ils reconnaissaient Dieu, celui en qui ils voyaient Dieu à l’œuvre – et tout cela pour être confus et désorientés devant le tombeau vide. Quelle sorte de Messie, quelle sorte de Christ, est-ce là ? Telle est la vraie question de Pâques !

Cette question pascale, à l’intersection de la conscience humaine et de la foi religieuse, est partie intégrante du parcours de foi de chaque croyant. Drames, déceptions, souffrances, tragédies, mort… : ces moments et d’autres, issus de notre vie, peuvent nous confronter à cette même question ! Le dimanche de Pâques est l’occasion de se remémorer l’origine de notre espérance et l’expérience nouvelle et réconfortante des disciples du Christ. Elle vient, avant tout, de la force et de la justesse de leurs souvenirs personnels avec Jésus de Nazareth ; de sa façon de parler de Dieu et de sa manière de révéler l’amour de Dieu dans ses œuvres. Aussi, dans le trouble ambiant de la Passion et du tombeau vide, certains ont pu dire avoir rencontré et reconnu le Christ ressuscité. L’expérience de la Pentecôte des Apôtres et l’accueil que reçut leur prédication de Jésus comme Sauveur, rejoignirent leur expérience personnelle de Jésus et leur propre conversion. Expériences appelant à libérer l’élan de leur foi apostolique, source de la foi de chaque chrétien.

Au cours des ces trois derniers jours, les chrétiens ont célébré la vie, la mort et la résurrection du Christ dans les liturgies du Jeudi saint, du Vendredi saint et de la Veillée pascale. Le Jeudi saint, nous nous souvenons de sa vie au service de Dieu et de l’humanité, alors que nous célébrons l’institution de l’eucharistie. Le Vendredi saint, nous revivons les souffrances et la mort du Christ, alors que nous lisons le récit de la Passion et contemplons le bois de la Croix. À la Veillée pascale – par la Parole de Dieu, le feu nouveau, le cierge pascal, l’hymne pascale, la bénédiction de l’eau – nous revivons notre délivrance de la servitude du péché, du désespoir et de la mort, et nous célébrons la naissance de l’espérance pour nous tous, au-delà du tombeau, au-delà de la mort corporelle.

En ce matin de Pâques, alors que nous méditons la Parole de Dieu, que nous recevons l’eau de Pâques répandue sur nous dans l’aspersion, et que nous célébrons la liturgie de l’eucharistie, ouvrons nos vies à la puissance du Christ :
• afin de veiller à la flamme de la foi dans nos cœurs et nos esprits par la prière, la réflexion et en prenant part à la vie de nos communautés chrétiennes et paroissiales ;
• afin de revisiter nos égarements, nos doutes et nos confusions, à la lumière de la raison éclairée par la Parole de Dieu ;
• afin de continuer – en tant que communauté catholique de ce diocèse de Down et Connor, et ici en Irlande – à faire face à l’horrible passé d’abus sexuel dans notre Église. Continuons à renforcer nos lois pour la protection de l’enfance. En cette fête de la Résurrection, je remercie les quelques 3 000 volontaires des paroisses de ce diocèse engagés dans le travail pour la protection de l’enfance. Dans l’esprit de la Lettre pastorale aux catholiques d’Irlande, prenons toutes les mesures nécessaires, au sein de l’Église et dans la coopération avec les autorités publiques, pour aider les victimes et veiller à ce que ce crime horrible, ce péché abominable ne se reproduise pas dans l’Église ou dans la société ;
• afin qu’en tant que chrétiens et citoyens, nous intensifions nos efforts pour améliorer la qualité de vie dans nos communautés, dans notre pays et, ainsi, continuer à contribuer au bien public de la famille humaine.
Que la joie de Pâques et le courage des premiers témoins du Christ ressuscité soit toujours dans nos cœurs.

Références bibliques : Ac 10, 34a.37-43; Ps. 117; Col 3, 1-4 ou 1 Co 5, 6-8; Jn 20, 1-9

Référence des chants :