Frères et sœurs, chers amis, dans son encyclique Sur la sauvegarde de la maison commune, le pape François nous rappelle le chant de st François d’Assise : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre sœur mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe. »

En ce jour où nous célébrons un fruit de la terre, la vigne, le raisin et le vin, comment ne pas entendre l’invitation du Pape à prendre soin de notre sœur la terre ! Depuis des décennies nous avons développé une attitude de propriétaire des biens qui nous sont offerts. L’invitation qui nous est faite par le Pape François est celle d’un plus grand respect pour les dons de la nature. Devenons les serviteurs des biens de la création.

La première conversion à laquelle nous sommes appelés est celle de l’émerveillement. Les saisons apportent au vignoble toute une palette de couleurs qui enchantent la vue. Au temps de la vendange, quand les vignes ressemblent à des étendues de verdure, l’automne qui avance vient dorer le feuillage des vignobles. Ils ont donné leur fruit et vont entrer dans le temps du repos. L’hiver est le temps de l’enfouissement,  de l’attente et de l’espérance. Les sarments qui vont être taillés, laissent la vie reprendre souffle. Avec le printemps, voici le temps des bourgeons. L’attention au climat se fait plus intense. Les gels tardifs sont tant à redouter. L’été apporte le foisonnement de la nature. La vie est là et les grappes mûrissent peu à peu en attente d’être recueillies pour s’offrir au vigneron qui saura accompagner la lente vinification. Le vin est bien le fruit de la terre et du travail des hommes. Don de Dieu et don de l’homme s’unissent pour réjouir le cœur de l’homme.

Ecoutons le Pape François qui nous invite à l’émerveillement : « Prêter attention à la beauté, et l’aimer, nous aide à sortir du pragmatisme utilitariste. Quand quelqu’un n’apprend pas à s’arrêter pour observer et pour évaluer ce qui est beau, il n’est pas étonnant que tout devienne pour lui objet d’usage et d’abus sans scrupule. »

 
Il est beau ce Biou. Regardons-le et laissons-nous transporter par le mystère qu’il reflète. Ces grappes multicolores sont le reflet de notre humanité. Chaque parcelle de terrain donne des raisins uniques. Chaque vigneron donne un vin unique. C’est la variété qui permet à la vie de se déployer.  Nous sommes tous différents et ces différences deviennent richesses pour tout un terroir.

Prendre soin de la vigne, du raisin et du vin, nous conduit à entendre la Parole de Dieu qui nous est confiée ce matin. Elle nous rend attentifs à la présence d’un Dieu qui prend soin de chacun et particulièrement des plus pauvres.  Dans l’évangile, Jésus redonne la parole et l’audition à un « sourd qui avait de la difficulté à parler. » Par ce geste, Jésus manifeste qu’il est auprès de tous ceux qui sont marqués par le handicap et la pauvreté.

Telle est bien l’interpellation de l’apôtre Jacques dans la deuxième lecture : « Dieu n’a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour en faire des riches dans la foi, et des héritiers du Royaume promis par lui à ceux qui l’auront aimé ? »

Au terme de ces quelques paroles, comment ne pas recevoir l’invitation du Pape François à prendre soin de la création et à tenir le souci des pauvres. L’un et l’autre sont liés pour l’avenir de notre humanité sur cette terre.

Dieu fait merveille en nous offrant la création et l’homme fait merveille en veillant sur la création de Dieu.

Références bibliques : Is 35, 4-7a ; Ps. 145 ;Jc 2, 1-5 ; Mc 7, 31-37

Référence des chants : Liste des chants de la messe à Arbois le 6 septembre 2015