Par Julia Itel
En visite sur certains sites historiques ou naturels, l’on croise souvent ce sigle : UNESCO. Mais que recouvre cette mention ? Derrière ces cinq lettres se cache une institution des Nations unies, née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dont l’objectif est de maintenir la paix à travers la coopération intellectuelle et morale entre les peuples.
Quelle est la signification de l’UNESCO ?
UNESCO est l’acronyme de la United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (en français, Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture). L’UNESCO est donc une institution spécialisée des Nations unies qui a été créée le 16 novembre 1945 à Londres, au lendemain de la guerre, dans le but de promouvoir la coopération internationale et la paix dans le monde, en particulier dans les domaines de l’éducation, de la science, de la culture et de la communication.
Quelle est l’histoire de la fondation de l’UNESCO ?
Une institution des Nations unies
Comme mentionné plus haut, l’UNESCO est une institution de l’Organisation des Nations unies (ONU), fondée seulement cinq mois après la naissance de cette dernière à San Francisco en juin 1945.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les sociétés occidentales, confrontées aux horreurs du fascisme et du nazisme, cherchent à construire de nouvelles voies de coopération internationale. Si une première tentative avait été élaborée en ce sens avec la création de la Société des Nations en juin 1919 (avec la signature du traité de Versailles), celle-ci avait pourtant échoué à prévenir un second conflit mondial faute de moyens contraignants. Dès lors, vient l’idée de créer une coopération interétatique renforcée chez les dirigeants des pays alliés durant la Seconde Guerre mondiale.
Celle-ci se matérialise, dans ses prémisses, d’abord par la signature de la Charte de l’Atlantique en 1941 par Roosevelt et Churchill, puis par celle de la Déclaration des Nations unies en 1942 par 26 pays alliés. Après que ses grandes lignes aient été discutées à Dumbarton Oaks (1944) puis Yalta (février 1945), la Charte des Nations unies est adoptée par les représentants de 51 États lors de la Conférence de San Francisco le 26 juin 1945. L’Organisation des Nations unies (UN, United Nations en anglais) est enfin créée le 24 octobre 1945 dans le but de maintenir la paix et la sécurité entre les États et favoriser la coopération internationale sur les plans économique, social, culturel et humanitaire.
Création de l’UNESCO
C'est dans ce contexte que naît quelques semaines plus tard l’UNESCO. En effet, s’impose alors la conviction que la reconstruction d’une coopération mondiale ne peut être uniquement d’ordre matériel. Elle doit aussi être intellectuelle et morale, ce que souligne l’acte constitutif de l’institution onusienne :
« une paix fondée sur les seuls accords économiques et politiques des gouvernements ne saurait entraîner l’adhésion unanime, durable et sincère des peuples et que, par conséquent, cette paix doit être établie sur le fondement de la solidarité intellectuelle et morale de l’humanité. »
Cette réflexion est déjà présente au sein des membres de la Société des Nations qui tente, dès les années 1920, de renforcer les échanges entre savants et éducateurs de différents pays. Une Commission internationale de coopération intellectuelle est d’ailleurs créée à Genève en 1922 et réunit des personnalités comme Albert Einstein, Henri Bergson ou Marie Curie. Puis, un Institut international de coopération intellectuelle voit le jour à Paris en 1926.
La Société des Nations dissoute, les ministres de l’Éducation des pays alliés se réunissent pendant la guerre (1942) lors de la Conférence des ministres alliés de l’éducation (CAME). Ils discutent des termes de la reconstruction dans le but toujours d’établir une « solidarité intellectuelle et morale de l’humanité », en tant que condition indispensable à l’établissement d’une paix durable. C'est à l'initiative de la CAME qu'une Conférence des Nations Unies pour la création d'une organisation dédiée à l'éducation et à la culture se tient à Londres en novembre 1945, réunissant les représentants de 40 États. Le 16 novembre 1945, Ellen Wilkinson, ministre de l'Éducation du Royaume-Uni, donne lecture de l'acte constitutif de l'UNESCO. 37 États signent alors la Constitution. Son entrée en vigueur le 4 novembre 1946 (une fois ratifiée par au moins 20 États) marque officiellement la naissance de l'Organisation, dont le texte fondateur porte la célèbre formule : « Les guerres prenant naissance dans l'esprit des hommes, c'est dans l'esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ».
Où se situe le siège de l’UNESCO ?
Le siège de l'UNESCO est installé à Paris, au 7 place de Fontenoy, dans un bâtiment emblématique du quartier de l’École-Militaire. L'organisation compte aujourd'hui 194 États membres et plusieurs membres associés, ce qui en fait l'une des agences des Nations unies les plus universelles.
Quelles sont les missions de l’UNESCO ?
Contrairement à une idée reçue, l'UNESCO ne s'occupe pas uniquement de monuments et de paysages remarquables. Son mandat couvre cinq grands domaines, tous respectant l’objectif général de créer des sociétés plus justes, plus inclusives, où la connaissance et le progrès scientifique et technologique sont équitablement partagés pour le bien-fondé de l’humanité. Ces domaines relèvent de :
1. L'éducation (promotion de l'accès à une éducation de qualité pour tous, lutte contre l'illettrisme, définition de standards éducatifs internationaux) : dès 1948, l'UNESCO recommande ainsi aux États membres de rendre l'éducation primaire obligatoire et universelle.
2. Des sciences exactes et naturelles (coopération scientifique internationale, programmes sur l'eau, l'océan, la biodiversité ou les changements climatiques) : le Programme sur l'Homme et la biosphère (MAB), lancé en 1971, en est une bonne illustration puisqu’il a donné naissance au réseau mondial des réserves de biosphère, aujourd'hui présent dans plus d'une centaine de pays. La création du CERN en 1954 est un autre exemple.
3. Des sciences sociales et humaines (réflexion sur l'éthique, les droits humains, lutte contre les discriminations) : c'est dans ce cadre que l’UNESCO a réuni des chercheurs pour écrire l’histoire de l’Afrique d’un point de vue africain et non colonial. Elle veille aussi à l’égalité des genres.
4. La culture (protection et valorisation du patrimoine matériel et immatériel, diversité des expressions culturelles) : la première grande démonstration de cet engagement remonte à la Campagne internationale de sauvegarde des monuments de Nubie, lancée en 1960 pour sauver notamment les temples d'Abou Simbel du barrage d'Assouan. Ce sauvetage spectaculaire des crues du Nil a directement inspiré l'adoption de la Convention du patrimoine mondial en 1972.
5. La communication et l'information (liberté de la presse, accès à l'information, réduction de la fracture numérique.) : l'UNESCO a ainsi instauré la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée chaque 3 mai, pour défendre les journalistes menacés et rappeler le rôle d'une presse libre dans les sociétés démocratiques.
Qu’est-ce que le « patrimoine mondial de l’UNESCO » ?
C'est donc dans le cadre de sa mission culturelle que l'UNESCO a développé l'outil pour lequel elle est le plus connue du grand public : la Liste du patrimoine mondial. Le classement au patrimoine mondial découle de la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, adoptée en 1972. Ce texte définit trois grandes catégories de biens : les biens culturels (monuments, ensembles architecturaux, sites archéologiques, paysages culturels façonnés par l'homme), les biens naturels (formations géologiques, écosystèmes, habitats d'espèces menacées, phénomènes naturels remarquables) et les biens mixtes combinant valeurs culturelle et naturelle.
Pour être inscrit, un site doit présenter une « valeur universelle exceptionnelle », c'est-à-dire une importance culturelle ou naturelle si grande qu'elle transcende les frontières nationales. Chaque État partie à la Convention propose des biens sur une liste indicative avant de déposer un dossier de candidature complet. Le Comité du patrimoine mondial se réunit ensuite chaque année en session pour statuer sur les inscriptions. En 2026, la session s'est tenue à Busan, en Corée du Sud, et la Liste du patrimoine mondial s'étend désormais à 1273 biens répartis dans plus de 173 pays.
Ce classement n'est pas qu'honorifique. En effet, il engage l'État concerné à préserver l'intégrité du site, induisant une protection juridique et technique.
Quels sont les sites classés UNESCO en France ?
La France a ratifié la Convention de 1972 dès 1975 et figure parmi les pays les mieux dotés au monde en biens inscrits. Elle compte aujourd'hui 56 biens sur la Liste du patrimoine mondial : 47 biens culturels, 7 biens naturels et 2 biens mixtes. Certains de ces biens regroupent d'ailleurs plusieurs lieux distincts, ce qui porte le nombre total de sites concrets à plus d'une centaine.
Parmi les inscriptions les plus emblématiques figurent le Mont-Saint-Michel et sa baie, le Palais et le parc de Versailles, les rives de la Seine à Paris (incluant Notre-Dame, le Louvre et la tour Eiffel), le Palais des papes et le centre historique d’Avignon, les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, les climats viticoles de Bourgogne, la grotte de Lascaux, les plages du Débarquement de Normandie, etc.
Au-delà du patrimoine mondial matériel, la France est également riche en éléments inscrits sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, une convention distincte datant de 2003. Le repas gastronomique des Français y figure ainsi (à l’instar de la baguette de pain), mais aussi des savoir-faire artisanaux tels que la dentelle au point d’Alençon.
