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« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »

Jean-Baptiste est le Précurseur, celui qui a préparé la venue de Jésus ; celui qui l’a désigné comme étant l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. Et le voilà qui envoie demander à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir ? » Jean-Baptiste est-il donc envahi par le doute ?

Ce n’est pas impossible, après tout. Jean-Baptiste connaît l’épreuve de la prison, qui, nous le savons, se terminera par le martyre. Il n’est pas étonnant qu’il se demande s’il a eu raison de croire en Jésus.

Jésus prend au sérieux les questions de Jean-Baptiste et il donne une réponse à ses envoyés : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés… » Et puis : « La bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. » Les pauvres, ceux qui ne possèdent rien, qui n’ont aucun pouvoir, aucun prestige, sont invités par Dieu à devenir ses enfants : voilà un signe qui manifeste que quelque chose de vraiment nouveau est en train d’arriver.

Ensuite Jésus parle aux foules de Jean-Baptiste. Il ne lui reproche aucunement de se poser des questions. Au contraire, il le loue : « Parmi les hommes, il n’en a pas existé de plus grand que Jean-Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. »

Au regard de Jésus Jean-Baptiste est grand. Et pourtant il est plus petit que ceux qui, après la mort et la résurrection de Jésus, constitueront le peuple de la Nouvelle Alliance. Il est le dernier des prophètes de l’Ancien Testament, cette période qui, ayant porté ses fruits, est en train de s’achever.

Mais il a bien rempli la mission qui lui était confiée, et c’est cela qui importe. Et, de fait, tous les disciples du Christ pourront s’appuyer sur l’exemple donné par Jean-Baptiste, ce grand serviteur de Dieu.

Je rends grâce à Dieu pour eux et pour beaucoup d’autres, qui, venus de Grande-Bretagne, ont été les premiers à vivre et à annoncer la foi en Jésus dans ce qui est aujourd’hui le diocèse de Quimper et Léon. Peu à peu, cette foi s’est incorporée à la vie de notre peuple, comme en témoignent tant d’églises et de chapelles, tant de calvaires, tant de pardons, tant de cantiques. Elle a donné un sens à la vie de nos ancêtres, elle a fait entrer dans leurs cœurs et leurs vies une authentique charité, elle leur a apporté, au milieu de leurs épreuves, l’espérance de vivre pour toujours avec le Christ.

C’est comme un grand courant de vie chrétienne – on peut même dire un grand courant de sainteté – qui a traversé les siècles et qui est arrivé jusqu’à nous. Il nous appartient aujourd’hui de le prolonger et même de lui donner une vigueur nouvelle. Comment ? En manifestant, par notre vie personnelle et par notre vie en Église, que Jésus est vraiment celui qui doit venir, celui dont la venue comble l’attente du monde, celui à qui nous voulons redire, comme Pierre et les apôtres : « À qui irions-nous, Seigneur ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »

Références bibliques : Is 35 ; 1-6a. 10 ; Ps 145, Jc5, 7-10 ; Mt 11, 2-11

Référence des chants :