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«Les joies de la vie éternelle»

Frères et sœurs, vous qui nous suivez à la télé, et vous qui êtes ici rassemblés à Lobbes, êtes-vous déjà entrés dans la vie éternelle ? Vous allez probablement me répondre que non, en pensant que, sinon, vous ne seriez pas là !

Et pourtant… Ecoutez la définition qu’en donne Jésus : « la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. » (Jn 17,3) Apprendre à connaître Dieu et le Christ, c’est la démarche de la foi, un chemin toujours à parcourir.

Si la vie éternelle, c’est connaître Dieu, frères et sœurs baptisés, alors serions-nous déjà tous entrés dans la vie éternelle ? La tradition chrétienne évoque le baptême comme « le bain de la nouvelle naissance » (Tite, 3,5), l’entrée dans une vie nouvelle. Une nouvelle naissance qui, déjà, nous fait goûter les joies de la vie éternelle, même si nous n’y entrons pas encore pleinement.

A toutes les époques, dans toutes les traditions religieuses, l’être humain est habité par ce désir d’éternité, qu’il recherche profondément, et dont il aimerait comprendre le sens. Pour les chrétiens, les joies de la vie éternelle, c’est connaître Dieu et Jésus Christ.

Et c’est une connaissance relationnelle, pas une connaissance théorique : on ne connaît vraiment les gens que quand on passe du temps avec eux, quand on apprend à découvrir petit à petit leur caractère, ce qui les rend joyeux et ce qui les attriste… – et je dirais même que c’est en aimant les gens qu’on les connaît le mieux, parce qu’on apprend à découvrir ce qui habite leur cœur. La vie éternelle est la relation à Dieu, une relation aimante, où on apprend à le connaître. Quand deux amoureux se regardent les yeux dans les yeux, ils ont l’impression de sonder l’autre au plus profond, et le temps s’arrête pour eux, rien n’existe plus autour d’eux… Petit avant-goût de ce que doit être la vie éternelle – la tradition biblique dit d’ailleurs qu’un jour, nous verrons Dieu face-à-face.

La vie éternelle est déjà née en nous, mais elle est encore comme une petite flamme fragile, qui risque de s’éteindre. A nous d’entretenir cette flamme. Elle peut rester en nous comme une petite flamme vacillante, une vague lueur… Mais elle peut aussi devenir en nous « comme un feu dévorant » (cfr Jr 20,9). A nous d’entretenir cette flamme… Comment ? Il s’agit de relation à Dieu, d’une amitié avec Dieu à faire grandir : tout ce qui nourrit notre intimité avec Dieu fait grandir cette flamme. Tout le temps passé avec Dieu nourrit notre amour.

L’intimité avec le Père se ressent dans tous les mots de la prière du Christ : « Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie… Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi » (Jn 17,1.10) Jésus  est celui qui connaît vraiment le Père parce qu’il vit pleinement de son amour.

« L’heure est venue », dit Jésus (Jn 17,1). L’heure de connaître Dieu. Trop souvent, nous croyons que cette heure sera celle de notre mort. Mais non ! La vie éternelle est déjà commencée. L’heure est venue, et c’est maintenant, d’accueillir ce que Jésus nous partage : « J’ai manifesté ton nom aux hommes… je leur ai donné les paroles que tu m’avais données », dit-il dans sa prière à son Père (Jn 17,6.8). Oui, Jésus nous fait connaître Dieu, « le seul vrai Dieu » (Jn 17,3). Notre monde nous propose tant d’idoles qui se nourrissent de l’argent, du désir de consommer ou de s’échapper, tant de fausses images de Dieu véhiculées par la haine et les fondamentalismes… Ne nous laissons pas leurrer !

L’heure est venue de connaître le vrai Dieu, et cette heure a déjà pour nous un goût d’éternité, car elle se nourrit de la relation d’amitié avec Dieu.

Amen ! Alleluia !