Dans l’entre-deux d’une modernité en perpétuelle mutation et des traditions ancestrales de la Corée, Cuckoo, The history of Korean Western Theatre et Haribo Kimchi constituent une trilogie curieusement nommée Hamartia où Jaha Koo nous livre de véritables paraboles autour de ce qui, dans une vie, est perdu et retrouvé.

Hamartia. En théologie chrétienne, ce mot grec désigne une faute morale, voire le péché, vu comme une "cible manquée" qui, nous aliénant et nous séparant des autres, nous fait perdre l'âme. Dans l'œuvre théâtrale de Jaha Koo, ce sont non seulement les crises économiques ou politiques (comme la crise du FMI) et la substitution par la culture occidentale de la culture pluri-séculaire coréenne, mais aussi  la réalité de l’exil qui, d’une manière ou d’une autre, jette tout un chacun dans l’épreuve de la solitude.

Grâce à un langage foncièrement poétique, au gré d’un théâtre d’objets où le rice cooker, le modelage de mottes de riz, l’origami et le fameux petit ourson en gélatine d’Haribo tiennent lieu de non-dits, Jaha Koo transforme le théâtre documentaire, d’archives et de faits de société en une adresse directe et non moins délicate.

Ainsi dans Cuckoo, Jaha Koo rend hommage à un ami qui, confronté à la crise économique, s’est suicidé, mais aussi à un ouvrier fauché par un train en travaillant à la réparation d’une porte palière destinée à éviter les suicides dans les gares. “L’espace entre le balcon et le sol est le même que celui entre le quai et la porte palière”. Au-delà du fait de société, sa performance est un mémorial, un “lieu mémoire”, topos ou monumentum, pour tous ceux qui souffrent de la solitude absolue, ce qu’il y a de plus irréductible à l’homme, sans aide, sans secours et sans Sauveur. 

Dans The history of Korean Western Theatre, Jaha Koo se réfère à la figure du Bibisae, ce dragon qui dans la tradition coréenne absorbe la tristesse des gens, y compris l’oubli d’une sagesse transmise de génération en génération, foncièrement constitutive de leur être propre.

Enfin, dans Haribo kimchi, véritable parabole du repas partagé, la sensation du goût devient elle-même le médium du souvenir d’un “chez soi”, tenant lieu de la “Heimat” où tout un chacun peut être accueilli. 

Lors de la rencontre “Foi et culture” dans la langue de la 80ème édition du Festival, à savoir la langue coréenne, soigneusement traduite par l’interprète Youngjoo Lee, avec la sobriété et la délicatesse propres à ses spectacles, Jaha Koo nous a introduit aux fondements de sa propre culture coréenne qui, légués par sa grand-mère, donne à réfléchir sur l’urgence de retrouver cet “être ensemble” quand tout, dans la civilisation du XXIe siècle, contribue à nous isoler jusqu’à perdre l’âme.


Cuckoo, du 5 au 8 juillet, The history of Korean Western Theatre, du 6 au 9 juillet, Haribo Kimchi, du 7 au 8 juillet, au Gymnase de Lycée Mistral

Les frères Charles, Rémy, Thierry et Thomas

 

Nos évènements

Abonnez-vous au Bulletin
du Jour du Seigneur

Vous recevrez tous les deux mois en avant-première la programmation détaillée des messes, 2 mois à venir ainsi que des articles de culture chrétienne, spiritualité, patrimoine.

Je m'abonne en ligne J'abonne un proche

Aperçu du bulletin

Pour s'abonner
par courrier

CFRT / Le Jour du Seigneur
Abonnement Bulletin
45 bis, rue de la Glacière
75013 Paris

Je télécharge le bon d'abonnement

Newsletters

Recevez chaque
semaine vos
newsletters

Abonnez-vous à nos newsletters pour recevoir chaque semaine des réflexions inspirantes et des nouvelles du Jour du Seigneur. Ne manquez pas l’occasion de faire partie de notre communauté.

Les différentes newsletters