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Jouer en équipe, c’est bien plus que marquer des points. Dans le monde sportif comme dans la tradition musulmane, l’esprit d’équipe est un véritable chemin d’harmonie, d’entraide et de respect.

Cette semaine, Tous Frères explore avec le verbe jouer, comment le sport collectif chez les musulmans en Outre-mer devient un terrain où se vivent des valeurs spirituelles : solidarité, discipline, fraternité. Pour démarrer l’émission, Luciano nous transporte aux premiers temps de l’islam avec le récit des lanciers d’Abyssinie : ces hommes venus de l’actuelle Éthiopie qui, un jour, se mirent à exécuter leur jeu d’adresse à la lance devant la mosquée de Médine. Sous le regard du Prophète Mahomet et de son épouse Aïcha, leur performance ne fut ni interdite ni condamnée. « Laisse-les », aurait-il répondu à celui qui voulait interrompre la scène. Ce jour-là, le jeu devint un pont entre les cultures, un moment de joie partagée, une manière de faire communauté sans renier le sacré. Une scène fondatrice qui éclaire notre réflexion : jouer n’est pas s’éloigner de la foi, c’est parfois la vivre autrement. 

Direction Mayotte, où le club Fuz’ellipse Basket, fondé en 2000 dans le quartier de Cavani à Mamoudzou, incarne cette vision du sport comme outil d’éducation et d’intégration. Plus qu’un club de basketball, Fuz’ellipse est devenu un véritable acteur social, structurant la jeunesse mahoraise, transmettant discipline, respect, solidarité et confiance en soi. Ici, la parité femmes-hommes n’est pas un slogan, mais une réalité concrète. Sur le terrain, filles et garçons apprennent à coopérer, à se soutenir, à viser un objectif commun. Le sport collectif devient école de citoyenneté, espace d’égalité et levier d’espérance pour tout un territoire. En duplex, Tayeb Chouiref, islamologue, décrypte la place du sport dans la tradition musulmane : le corps comme dépôt confié par Dieu, l’effort comme discipline intérieure, l’équipe comme métaphore de la communauté. 

Le portrait de Tous Frères est dédié à Goulam Gangate à La Réunion. Enfant, il organisait déjà des matchs de football dans son quartier. Devenu entraîneur de football, grâce au soutien d’André Lauret, à la fin des années 1960, il a connu les montées en division supérieure et les finales de coupe comme autant de moments d’intense émotion collective. Avant les grands matchs, il priait pour demander la miséricorde et la bénédiction divine. Mais jamais sa foi ne s’est transformée en prosélytisme. Pour lui, l’exemple se donne par l’humanisme, la bienveillance et le comportement : encourager plutôt que dominer, élever l’autre plutôt que le dépasser, et comprendre que la victoire la plus importante n’est pas celle du score… mais celle du collectif. Dans la chronique de la semaine, nous voyons enfin en quoi les valeurs véhiculées par les sports collectifs font écho aux valeurs chrétiennes.

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