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Prédicateur

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Frère Marc-Antoine Bêchétoille

Président

Père Hervé de Laguiche, Curé de la paroisse Saint-Vincent en Val Lamartinien

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Nous sommes l’héritage de Dieu

Chers frères et sœurs, ici à Fuissé, on a le sens de l’héritage, car il est toujours devant nos yeux, gravé dans le paysage. C’est d’abord la roche dressée de Solutré et de Vergisson, anciens récifs coralliens vieux de 150 millions d’années, où des hommes vivaient déjà il y a 20 000 ans. Ce sont aussi les vignobles du Mâconnais, plantés par les moines de Cluny, sur des coteaux baignés de soleil. Ce sont enfin les caves et les chais, où le vin, fruit de la terre et du travail des hommes, est produit et patiemment élevé. Parfois même, ce vin mûrit dans des murs qui furent ceux d’une église, comme ici, à l’ancienne église Saint-Germain !


L’Évangile d’aujourd’hui nous parle lui aussi d’héritage. Nous avons entendu le discours d’adieu de Jésus à ses disciples, au moment où l’ombre de sa mort approche. Comme dans toute transmission, il y a une tension dramatique, entre la douleur de la séparation et le don qui donne un élan à la vie qui se poursuit. Jésus répond d’abord par une parole de consolation : « Je pars vous préparer une place, afin que là où je suis, vous soyez vous aussi. » Il oriente ainsi les disciples vers sa propre personne. Même invisible, il demeure le fondement sur lequel construire leur vie.
Et il leur livre le secret de son identité : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » Il est le chemin : par lui, nous allons vers le Père. Il est la vérité : en lui, nous découvrons le vrai visage de Dieu. Il est la vie : en lui, nous entrons dans la communion avec Dieu.


Notre premier héritage, le Christ, est donc une terre ferme, comme le calcaire du Mâconnais, comme ce terroir que les moines ont reconnu fécond. Mais les vignerons le savent : si la terre est donnée, il faut encore la travailler pour qu’elle porte du fruit. De même, si tout nous est donné dans le Christ, notre collaboration est nécessaire.
Car dans sa vie même, tout semble fragile : son chemin conduit au Golgotha, sa vérité est rejetée, sa vie est brisée sur la croix. Et cela peut résonner avec nos propres existences. Mais le Christ nous laisse un second héritage : un savoir-faire, des gestes à apprendre, comme le vigneron apprend à tailler la vigne pour qu’elle porte plus de fruit.


Il nous laisse d’abord sa Parole, comme un chemin à parcourir. Elle nous met en mouvement, nous invite à dépasser nos habitudes, à oser des chemins nouveaux pour annoncer le Royaume.
Il nous donne aussi l’Esprit de vérité. C’est lui qui nous rappelle ses paroles, qui nous aide à les comprendre, qui nous apprend à reconnaître la voix du Christ. Une voix qui nous appelle personnellement, qui fait brûler notre cœur et nous conduit vers le dessein de Dieu. Cet Esprit nous guide pour « faire la vérité » dans nos vies, pour les ajuster à la Parole de Dieu. Et même lorsque cela révèle nos fragilités, il nous rassure : Dieu est plus grand que notre cœur.


Enfin, le Christ nous donne le pain de vie dans l’eucharistie. Ce pain, reçu gratuitement, nous fait déjà vivre de sa vie. Il nous apprend aussi que la vie se reçoit lorsqu’on la partage. Il nous appelle à ouvrir nos portes, à pratiquer la justice, à entrer dans une communion toujours plus réelle.
Une terre, un savoir-faire, et finalement le vin lui-même. C’est la promesse de l’héritage qui nous est confié par le Christ :  Si nous le faisons fructifier avec ce qu’il nous donne, il produira le vin de l’alliance.
Mais alors se produit un renversement. Ce vin n’est pas seulement celui de notre accomplissement. Il est le vin que le Père nous fera boire au banquet de noces. Et nous découvrons que, plus encore que bénéficiaires d’un héritage, nous en sommes nous-mêmes l’objet. Nous sommes l’héritage du Père.
Nous sommes son peuple, non comme une identité à défendre, mais comme une grâce à accueillir et à vivre. Dieu nous attend. Le chemin, c’est celui qu’il regarde en espérant notre retour. La vérité, c’est sa miséricorde qui relève et réconcilie. La vie, c’est celle que nous trouvons dans ses bras, dans la joie de celui qui accueille ses enfants.


Alors, en nous approchant de l’eucharistie, goûtons et voyons comme le Seigneur est bon. Partageons le pain qui fortifie et le vin qui réjouit le cœur de l’homme. Ils nous révèlent déjà les secrets de cet héritage que Dieu a préparé pour nous.
Amen.


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