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Frère Thierry Hubert

Président

Père Fulgence Mehouenou, Curé de l'Eglise Notre-Dame-et-Saint-Eugène

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À l’heure de la Miséricorde et de la Paix

C'était lors d’un café avec mes frères dominicains. Nous parlions à bâton rompus de nos petites angoisses. Je m'hasardais à dire que lorsque je prenais le train j'avais comme réflexe qu'être à l’heure c'était arriver avec 20 minutes d'avance ; en dessous de ce seuil, je commençais à angoisser. Un frère très observateur de mes habitudes liturgiques, me fit alors cette cinglante remarque : “ il serait bon que tu te l'appliques aussi le matin quand tu dois arriver à l'église pour notre prière commune ! “. Oui, euh … C'est alors que l'Esprit Saint, consolateur et futé, vint à mon aide pour lui répondre du tac au tac : “ c'est que, pour mes retards, je crois davantage à la miséricorde de mes frères, qu’à celle du chef de gare !” Amen !

Frères et sœurs, en ce dimanche de la divine miséricorde, il me semble que Thomas dont on nous dit que son autre prénom signifie “jumeau”, avait lui complètement raté le train de la résurrection. Où était-il au soir du troisième jour de la mort de Jésus ? nous ne le savons pas. Il aurait pu quand même faire quelques efforts de ponctualité, lui qui avait entendu, comme les autres, la promesse de Jésus sur son retour glorieux. Et non seulement il ne cherche pas à s’excuser de son absence, mais on peut aussi noter sa dose de mauvaise foi, en ne voulant pas croire à la parole de ses amis.” si je ne mets pas mes mains dans les marques des clous, je ne le croirai pas.” Il ne manque pas d’air ! 

La semaine suivante, il fallait donc une bonne dose de miséricorde aux autres disciples pour l’accueillir comme si de rien n'était et voir Jésus prendre au sérieux son incrédulité, comme si cela allait de soi : “avance ton doigt ici et vois mes mains.” 
La logique de la miséricorde divine se rit de nos calculs trop précis qui obéissent à des règles trop strictes, trop raisonnables. La miséricorde se joue en retournement, en joli pied-de-nez. Tu n’y crois pas à cette vie plus forte que la mort, toi Thomas, notre jumeau ? “Pas de souci !”, semble lui souffler Jésus. Va jusqu'au bout de ton doute, de tes questions ! Et je t’y retrouverai, moi. Blessé mais vivant, marqué par la souffrance subie mais relevé de la mort. N'aies crainte de ton incrédulité, tant qu’elle est en recherche, en quête de sens. “Mon seigneur et mon dieu !” confesse alors Thomas, doublant alors tous les autres disciples. Il a suivi sa propre voie, son propre tempo, son propre rail, et il est allé plus loin, dans sa relation à Jésus. 
Cette magnifique rencontre entre le ressuscité et Thomas cache aussi un autre enseignement - comme un train peut en cacher un autre. Car par trois fois Jésus ressuscité arrive par cette salutation : “la paix soit avec vous !” 

Entendons bien cela, la résurrection se manifeste dans cette parole de bénédiction : “ la paix, soit avec vous !” Humble parole qui prend toute la force désarmante de la résurrection dans notre monde bouleversé par ce que le pape François appelait une "guerre mondiale par morceaux". Humble parole du pape Léon XIV au soir de son élection au balcon de la place saint-Pierre. Humble parole, source de réconfort et de consolation pour tous les artisans de paix, comme ici, à Deuil-la-Barre, venant de différentes confessions chrétiennes du Moyen-Orient, maronites, chaldéens, et prises en étau dans de vains conflits de pouvoir et de domination.

Nous savons bien chacun que notre cœur est aussi traversé, transpercé même par ces désirs de puissance mal ajusté. Que nous devons pour porter la paix l’accueillir en nous, lui laisser faire son œuvre en nous, nous déplacer, nous convertir. Nous devons nous défier d’avoir un regard trop binaire. Dans son dernier roman, Rachid Benzine, fait dire à son personnage principal, un vieux libraire de Gaza : “L'impossible paix est la douleur partagée des justes des deux côtés” .

Que la présence du Ressuscité apporte à tous “les justes des deux côtés” l’Esprit, capable de traverser tous les murs de haine et de mépris pour demeurer des prophètes, des avant-gardes essentiels de notre unité, de notre universelle fraternité. 

 


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