Le jour du seigneur

Homélie de la messe du 7 juillet 2019 à Saint-Emillion

À l’heure où beaucoup s’en vont en vacances, cet évangile de l’envoi en mission des 72 signifie-t-il que Jésus ne nous laisse pas le temps de nous reposer et profiter de la vie ?

Jésus, en choisissant 72 nouveaux disciples, agrandit le cercle des missionnaires autour de lui. Où que nous soyons, nous sommes tous appelés à participer à la mission de l’Église.

Je suis moi-même le fruit de l’expérience missionnaire de l’Église. Je viens du Cameroun, j’ai pu bénéficier de la sollicitude missionnaire de tous ceux qui sont venus annoncer Jésus en Afrique, de ceux-là qui sont venus frapper aux portes des terres africaines et qui y ont construit des dispensaires, des écoles…, et qui ont baptisé tant  d’hommes et des femmes. Et à mon tour, j’ai été envoyé en mission au milieu des terres françaises pour annoncer Jésus.

Le pape François nous invite tous à aller vers les périphéries de l’existence humaine. Ces périphéries sont pourtant parfois si près de nous ; c’est le voisin pour nous anonyme à qui nous ne pensons pas toujours dire bonjour, ou encore cette personne âgée, toute seule dans son appartement, à qui personne ne rend visite.

La mission est inhérente à la nature même de l’Église. Et elle engage tous ses membres et pas seulement les prêtres.

La première mission que Jésus confie à ces nouveaux disciples est d’aller en avant de lui. Aller en avant du Christ, c’est porter un signe de sa présence dans les cœurs de ceux qui ne le connaissent pas encore mais aussi à ceux qui pour diverses raisons, se sont éloignés de l’Église.

Aller en avant du Christ, c’est peut-être avant tout être messagers de la paix de Dieu, afin que s’accomplisse cette promesse faite par Dieu dans la première lecture : « voici que je dirige vers elle la paix comme un fleuve … »

Le grand défi des apôtres de Jésus a été de faire advenir la foi en Jésus là où elle n’avait jamais existé. Notre mission à nous disciples missionnaires aujourd’hui est aussi de raviver la foi là où elle a été déconstruite et abimée.

Nous sommes aussi envoyés pour manifester l’amour miséricordieux du Christ à tant d’hommes et de femmes en quête du sens à donner à leur vie. Je pense par exemple ses grands-parents qui témoignent de leur foi auprès de leurs petits enfants non baptisés, c’est aussi le cas lorsque nous prenons le temps d’écouter une personne dans la détresse et qui a besoin que nous lui prêtions une oreille attentive. Nous manifestons ce visage miséricordieux du Christ, lorsque nous encourageons un collègue éprouvé et  que nous passons du temps auprès des plus fragiles, des personnes en précarité…)

L’autre mission que Jésus confie aux 72 est de prier : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ». Souvent quand nous entendons parler de mission, nous imaginons des actions extraordinaires. Voici une action missionnaire toute simple, à la portée de chacun : la prière ! Chez soi, à certains moments prévus de notre journée de vacances, à des heures fixes, devant une bougie allumée ou une icône…

Prier : Une action simple, mais pas banale ! Un temps de gratuité envers le Seigneur. Oui, nous sommes invités à prier pour que de nouveaux disciples missionnaires répondent à l’appel du Dieu.

Notre Église a besoin de tous, pour l’accomplissement de sa mission dans notre temps. Elle a besoin d’authentiques témoins du Christ, au cœur du monde de ce temps, par leur vie quotidienne.

Partout et en tout temps, nous sommes invités à être disciples missionnaires : au travail et en vacances, en activité comme à la retraite, dans un avion ou bien dans un train ; à la plage ou en montagne, dans les vignes ou dans les champs de blé….

C’est vrai, prendre part à la mission de l’Église peut parfois nous paraître lourd ; nous pensons généralement que nous ne sommes pas à la hauteur du service qui nous est demandé. Si Jésus envoie ses disciples deux par deux, cela signifie que nous ne sommes pas seuls : l’Esprit-Saint nous accompagne, d’autres y prennent part avec nous.

Et le Christ est lui-même avec nous.

La magnifique fresque sur les murs du cloître de cette église met en image la grandiose Parole de l’Apocalypse (3,20) : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. »

Le Christ Jésus vient jusqu’à nous pour nous donner la Vie de Dieu, alors devenons à notre tour, des messagers de sa Bonne Nouvelle pour notre monde…

 

Texte de l'Homélie

Prédicateur : P. Augustin Mbazoa

Paroisse : Eglise Saint-Emillion

Ville : Saint-Emillion

Temps : Temps Ordinaire

Jour : 14ème dimanche

Année : C

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