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Imaginez une jeune maman avec son bébé de 1 an et demi. Elle ne cesse de le cajoler, de l’embrasser de l’entourer de toute sa tendresse. Un jour, son bébé s’approche de la gazinière électrique et se brule. Le premier réflexe de cette maman n’est pas d’abord de consoler son petit, mais de le gronder sévèrement car elle sait que cette colère lui sera salvatrice. Le bébé n’y reviendra pas !

La colère de Jésus au temple est du même ordre. Il se met en colère pour éviter que les hommes se perdent en faisant un sacrilège dans le temple en détournant des actes liturgiques en actes commerciaux. Mais fondamentalement, Jésus est un doux, c’est ce que nous allons voir dans un premier point, puis nous réfléchirons au respect dû au sanctuaire.

Jésus ne parle pas souvent de lui-même, mais dans l’évangile de Matthieu, au chapitre 11 verset 29,  il  se décrit en ces termes  : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ». Nous découvrons l’aspect dominant de son caractère, la douceur et l’humilité. Et nous comprenons aussi que nous tous, ses disciples, nous devons à notre tour devenir doux et humble. En effet, C’est le seul verset ou Jésus nous dit « apprenez ». D’habitude, il nous donne plutôt des injonctions comme : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés. Pardonnez et on vous pardonnera, aimez-vous les uns les autres… » Là, il précise : « mettez-vous à mon école, imitez-moi car je suis doux et humble de cœur ».

Le chrétien est appelé à être doux comme les brebis dans le temple. A ce propos, un rabbin raconte cette histoire : une fois arrivé au ciel, une brebis demande à Dieu : « Mais pourquoi tu ne m’as pas donné des moyens pour me défendre ? Les loups ont des crocs, les chats ont des griffes, les poules ont un bec, le serpent a du venin, moi je n’ai rien ! » Dieu lui répond : « détrompe-toi, tu as quelque chose de particulier, je t’ai donné ta laine. Ta laine est si précieuse que les hommes font tout pour te protéger ».

Cette histoire est très parlante. Ce n’est pas toujours facile de rester doux comme un agneau lorsqu’on est entouré de loups, mais si nous produisons de bons fruits précieux par notre vie, nous serons protégés par notre entourage et par Dieu lui-même.

Venons-en à notre second point, le respect dû au sanctuaire. Jésus est l’agneau de Dieu offert en sacrifice. Depuis, l’homme n’a plus besoin d’offrir des animaux à sacrifier. Plus d’animaux, plus de vendeurs, plus de commerce. Pourtant, nous risquons aujourd’hui encore de faire de la maison du Seigneur une maison de trafic. Ce n’est plus un trafic commercial, mais c’est devenu une sorte de « trafic urbain ». Lorsque j’arrive en retard à la messe, à la dernière minute en courant, sans avoir prit le temps d’arriver suffisamment à l’avance pour me poser, je fais de la maison du Seigneur une maison de trafic. Lorsque je n’éteins pas mon portable, que je le regarde en plein messe ou que, encore pire, je sors en courant pour répondre, je fais de la maison du Seigneur une maison de trafic. Lorsque je râle parce que la messe dure un peu plus longtemps que d’habitude et que ça va morde sur mon temps personnel ; je fais de mon temps pour le Seigneur, un temps de trafic ! Et vous qui regardez habituellement la messe à la télé, vous savez bien que vous profitez mieux des grâces du Seigneur si vous arrêtez votre trafic dans votre cuisine.

En conclusion, je vous invite cette semaine à un exercice concret : Si vous le pouvez, arrêtez-vous cinq minutes dans votre trafic de la semaine, et venez faire une petite visite dans l’Église la plus proche pour répéter cette simple prière : « Jésus, doux et humble de cœur, rend mon cœur semblable au tien ».