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Le thème de ce 47e Pèlerinage Militaire nous incite à méditer sur ce mot-clef : « Servir ».
 Le mot nous est connu, la réalité aussi. Les militaires se veulent disponibles, attachés à remplir la mission reçue. C’est ainsi qu’ils sont artisans et serviteurs de la paix.

Servir peut paraître difficile, voire rebutant. Servir implique d’obéir ; ne serait-ce pas limitatif de notre liberté, de notre désir d’autonomie ?

Servir plus grand que soi, avoir la chance de participer à une ample mission – servir la paix et sa lente construction, en l’occurrence – apparaît pourtant, pour celui qui en fait l’expérience, comme une occasion de faire grandir cette liberté et de lui faire porter du fruit. Nous ne servons pas sous la contrainte. Servir n’est pas servitude, mais invitation à « obéir d’amitié ».

Pourquoi d’ailleurs valoriser comme chrétien cette attitude : servir ? D’abord à cause du Christ lui-même, à cause de notre attachement au Christ. Être chrétien, c’est servir le Christ et le suivre de près. Le Christ s’est fait serviteur. Il a obéi à son Père ; alors, n’hésitons pas : soyons serviteurs de Dieu : « Messire Dieu, premier servi ». Marie, la mère de Jésus se voulait l’humble servante du Seigneur. Bernadette ici-même a adopté cette attitude de service.

Servir, c’est aussi nous ouvrir à un mode éminent de liens fraternels. C’est manifester, exercer la charité à l’égard de nos frères.

En cette année de l’Eucharistie, avec toute l’Église, nous célébrons aujourd’hui la « fête Dieu », la fête du très Saint-Sacrement, de l’Eucharistie. Nous l’avons déjà vécue intensément dans la procession eucharistique, hier, et dans les temps d’adoration.

L’attention au mystère eucharistique ne nous éloigne pas du thème de notre pèlerinage et de l’appel à servir.

Dans l’évangile, saint Jean ne relate pas l’Institution de l’Eucharistie, il nous donne à la place le récit du lavement des pieds, figure emblématique du Christ serviteur. À travers ce récit du lavement des pieds, saint Jean éclaire le sens de tout le mystère eucharistique, le lien majeur entre eucharistie et service fraternel.

Le sacrement de l’Eucharistie ne prendra tout son effet dans nos vies que si l’attitude de Jésus-serviteur, prend profondément racine en nous. Notre communion au corps livré et au sang versé nous inscrit dans l’élan de générosité du Christ-serviteur et cette générosité va, à la suite du Christ, jusqu’au don total de nos vies pour le service de Dieu. Vivre l’Eucharistie, c’est suivre Jésus donnant sa vie pour nous. Vivre l’Eucharistie, c’est participer à la construction de l’Église, qui se fait servante en vue de faire passer de la vie du péché à la vie pour Dieu dans le dynamisme de la résurrection du Christ.

Recevons donc le corps du Christ pour devenir ces vrais serviteurs dans une Église toute entière servante pour que le salut soit toujours offert au monde et que la paix de Dieu puisse germer et porter un fruit qui demeure.

Références bibliques :

Référence des chants :