Le vrai nom de Gaël est Judicaël, qui signifie selon l'étymologie Celtique : "seigneur généreux" !
Nous sommes au début du VIIe siècle, en Armorique du nord. Fils de Judaël, roi de Domnonée (le nom ancien de cette région), le prince Judicaël est l'aîné d'une famille de 15 frères et soeurs. A la mort de son père vers 605, il est écarté du pouvoir et se retire au monastère de Saint-Jean-de-Gaël que dirige saint Méen. Son frère, qui avait usurpé la royauté, étant devenu aveugle, Judicaël quitte son monastère pour faire face à ses responsabilités. Le roi Judicaël est couronné en 632 ; il épouse Morone, fille d'un seigneur de la région du Léon. Sans jamais oublier qu'il ne tient son pouvoir que du Dieu Tout-Puissant, il gouverne son peuple avec justice et générosité. En 636, saint Éloi lui fait rencontrer le roi Dagobert à Clichy, près de Paris ; les deux souverains signent un traité de paix. Le roi de Domnonée travaille sans répit au développement de sa région, fondant en particulier plusieurs monastères, notamment à l'orée de la forêt de Paimpont.
 

Lassé, dit-on, de l'exercice du pouvoir, Judicaël ne s'y accroche pas et en 640, il se retire à Saint-Jean-de-Gaël, où il meurt vers 650. Grande était sa réputation de sainteté, qu'illustre un épisode analogue à celui du manteau partagé par saint Martin. Alors que toute une troupe de cavaliers avait refusé d'aider un lépreux dans la traversée d'une rivière, Judicaël chargea le miséreux sur ses épaules. Après la traversée, sur l'autre rive, le lépreux se révéla être le Christ. La mémoire populaire a toujours vénéré dans le saint roi Judicaël "le père des pauvres, le releveur des misérables et le fracteur (briseur) des orgueilleux". 

Comme Gaël est le nom du village proche de Saint-Méen-le-Grand où il se fit moine et revint terminer sa vie, saint Judicaël est devenu le saint patron des Gaël (au masculin comme au féminin) et de divers noms dérivés, comme Judicaël, Judy, Juhel et Jézéquel.