Un documentaire réalisé par Damien Boyer, proposé par Le Jour du Seigneur et Présence Protestante
Que reste-t-il lorsque la justice a été rendue, mais que rien ne s'apaise vraiment ? Apolline, survivante du génocide des Tutsis de 1994, a choisi de pardonner à ses agresseurs, contre l'avis de ses proches. Un choix qui la met aujourd'hui en danger dans son propre pays. Pour cette survivante, la miséricorde n'est pas la négation du mal, mais le lieu d'une guérison si profonde qu'elle transforme la mémoire elle-même : le pardon comme réparation, à partir d'un trauma historique extrême.
Stéphane, cofondateur de l'Association nationale pour la justice restaurative (ANJR), n'a jamais pu rencontrer la meurtrière de sa mère adoptive, récemment libérée. Avec lui, la faim et la soif de justice prennent la forme d'une quête de vérité, de parole et de compréhension. La justice restaurative apparaît alors comme l'un des grands laboratoires contemporains d'une justice plus humaine, sans renoncer à la rigueur de la responsabilité.
Claire-Aurélie, elle, tente de reconstruire son histoire après des violences sexuelles subies dans l'enfance au sein de sa famille, à partir de souvenirs fragmentaires, sans certitude ni espoir de résolution. Avec elle, la pureté du cœur ne renvoie pas à une abstraction morale, mais à une restauration de l'identité blessée : une sortie du silence, une réappropriation de son corps, de sa voix, de sa capacité à transmettre la vie.
Ces trois témoins ont un point commun : ils ne s'installent pas dans leur identité de victimes. Tous ont traversé ou traversent encore des processus où la justice humaine, la justice restaurative, le soin corporel, la transmission, l'art et la foi viennent se croiser. Tous portent, explicitement ou implicitement, la question de la justice de Dieu. Tous habitent cette tension entre la nécessité de la justice des hommes et l'attente d'une justice plus vaste, capable non seulement de reconnaître, mais de restaurer.
