« Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis ! » Cet homme, condamné à mort, coupable d’un grand crime, le regard du Christ change tout pour lui. 
Selon notre façon habituelle, terrestre, de nous juger les uns les autres, il vaut moins que rien. Mais dans le Royaume de Dieu, ce Royaume que le Christ vient nous annoncer et instaurer, là il a toute sa place. 

Nous fêtons aujourd’hui, frères et sœurs, le Christ Roi. Eh bien voilà la façon du Christ d’être roi. Une façon qui, vous le voyez, n’a rien à voir avec la façon dont fonctionnent nos royautés terrestres comme nos démocraties. Jésus le dit très clairement : « oui, je suis roi, mais mon royaume n’est pas de ce monde ». Et il explique : « je suis venu rendre témoignage à la vérité ». Comme il le fait ici, où il rend témoignage à la vérité, à la vérité humaine de cet homme. Car la vérité de ce que nous sommes, nous, frères et sœurs, chacune et chacun de nous – et ensemble – c’est que nous sommes tous les enfants de Dieu. La famille de Dieu, notre Père. 

Il nous faut alors vivre ensemble comme une famille. L’humanité est une famille. Et cet homme, là sur une croix, à côté de lui, Jésus le regarde comme son propre frère, quoi qu’il ait fait. Je voyais l’autre jour dans le train un enfant qui dormait sur les genoux de son grand frère, et c’était très beau la façon dont le grand frère prenait soin du petit, comme la confiance du petit pour le grand. Voilà notre vérité, notre vérité à tous, les uns et les autres, la vérité que le Christ vient nous rappeler, nous ouvrir, en nous disant : « Le Royaume de Dieu est tout proche de vous ! » Oui, le Royaume de Dieu, cette façon de vivre fraternellement ensemble, tous ensemble, sans exception, elle est à notre portée, à une seule condition : que nous le voulions. Et qu’alors nous nous convertissions : « Convertissez-vous, nous dit le Christ, et croyez à cette bonne nouvelle ! »
Une vraie bonne nouvelle : oui, en vérité, nous sommes tous frères et sœurs les uns des autres, capables de vivre cette fraternité. Mais évidemment cela va nous demander une conversion, car la façon dont nous avons organisé notre monde, notre société, elle reste souvent bien loin de cette vérité fraternelle. Rien à voir avec notre façon de chercher à gagner notre argent sur le dos des autres, de consommer à tout-va, d’exercer le pouvoir...

Prenez l’exemple de ce qui se passe dans nos prisons, et de la façon dont nous regardons ceux qui se sont rendus coupables. Cet homme à côté du Christ, oui, il a commis un crime. Alors juger ses actes, oui. Mais il reste un être humain et nous ne devons jamais réduire une personne à ses actes. Tu as volé, oui, mais tu n’es pas « un voleur ». Tu as commis un assassinat, oui, mais attention ! tu n’es pas « un assassin », contrairement à notre façon de parler et de voir. J’en veux pour preuve la façon dont tant de ceux qui sont en prison peuvent changer profondément, comme peuvent en témoigner celles et ceux qui vont les visiter, ou qui échangent une correspondance régulière avec eux. 

Vivre comme une famille, tous ensemble, pour être dans la vérité. Prenez encore l’exemple de la façon dont nous exerçons le pouvoir dans nos sociétés. Là aussi le Royaume de Dieu est tout proche de nous, quand, à l’exemple du Christ Roi, nous passons du pouvoir au service. Il faut des gens pour exercer des responsabilités, c’est évident. Mais la vérité humaine qui est la nôtre, à la ressemblance de Dieu, c’est le service – pas la domination qui écrase. Le Christ, le Christ Roi, nous dit : « Moi, je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir. » Ainsi, chaque fois que nous nous mettons au service les uns des autres, voilà le Royaume de Dieu qui est là. C’est tout simple ! Et beaucoup d’entre nous, est-ce que nous ne le faisons pas quotidiennement ?
    Le Christ Roi, oui, un roi serviteur, un roi humble et doux, un roi bienveillant.
Pour nous faire comprendre, frères et sœurs, que Dieu, lui, toute sa puissance, toute sa volonté, c’est toujours et seulement pour nous aimer. 
Parfois nous aurions peur de Dieu, le Dieu que nous appelons le « Tout-puissant ». Mais la puissance de Dieu, c’est en tout et pour tout la puissance de donner, de donner la vie, une force pour aimer, pour nous aimer. Ne l’oublions jamais !
Alors oui, Seigneur Jésus, toi  le Christ Roi, que ton Règne vienne ! Ton règne de service et de fraternité, ton règne de réconciliation et de pardon, ton règne d’amour et de paix !


Pourquoi dit-on que nous sommes tous prêtre, prophète et roi ?

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