Chers frères et sœurs,
Quelles paroles de Jésus pouvons-nous entendre? Jeudi, à l’Ascension, il était encore là… et parle une dernière fois avant de monter vers son Père. Dimanche prochain, c’est par son Esprit-Saint qu’il parlera, mais aujourd’hui? Une parole du Christ peut-elle légitimement être entendue entre Ascension et Pentecôte?
Les liturgistes ont dû bien se creuser la tête pour choisir l’évangile de ce jour: comment faire parler Jésus alors qu’il vient de repartir vers son Père?
Ils ont choisi de nous replonger au moment où le Christ prononce ses derniers mots sur terre et ce sont les mots de sa prière lors de son dernier repas avec ses disciples. On considère cette prière comme le testament du Christ. Et comme celui-ci est - non pas mort à jamais, mais parti: l’Église, comme le notaire de Dieu, nous en donne connaissance!
Alors, qu’est-ce que Jésus nous lègue?
Il nous lègue ce mot d’unité: “garde mes disciples unis dans ton nom (...) pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes”
Le plus fort, le plus urgent, le plus nécessaire… la seule demande du Christ à son Père c’est que nous soyons “un”, comme Dieu est “Un” en lui-même.
Frères et sœurs, et vous fidèles téléspectateurs, alors que cette messe est comme une réunion de famille: qu’avons-nous fait de cet héritage?

Cette église du Sacré-Cœur peut-être une forme de témoignage de l’unité. Dans cette région, l’œcuménisme n’est pas une option: les différentes confessions chrétiennes - protestante et catholique - sont fortement implantées et se côtoient. De même, cette église a été construite grâce à des collaborations multiples faites d’ouvriers, d’artistes et d’architectes aux opinions et aux croyances différentes. Fernand Léger, qui a dessiné les vitraux - dont les couleurs vives se reflètent sur vos visages - avait l’ambition de faire de son œuvre quelque chose qui puisse rassembler toute personne de bonne volonté. Je le cite dans un commentaire qu’il fait de ces vitraux: “Je désirais apporter un rythme évolutif des formes et de couleurs pour tous, croyants et non croyants, quelque chose d’utile, accepté aussi bien par les uns que par les autres, du seul fait que la joie et la lumière se déversent dans le cœur de chacun”. 
Ainsi, il a fait figurer en bonne place dans les vitraux qui nous entourent le mot “Pax”, paix!
“La Paix soit avec vous!” disait le Christ tout juste ressuscité aux apôtres verrouillés de peur. Voilà donc ce qui reste et résonne des paroles du Christ en ce dimanche entre Ascension et Pentecôte. Cette prière pour la paix que nous prononçons à chaque messe après le Notre Père. Ne résonne-t-elle pas particulièrement alors que nous venons de commémorer l’armistice? Ne se fait-elle pas toujours plus urgente tandis que nous parviennent, par nos écrans, le fracas des armes et les lamentations des civils innocents, foudroyés par les obus en Ukraine, à Gaza et dans tant d’autres régions du monde? Le testament du Christ n’est-il pas la seule prière à adresser: unité et paix… paix et unité. Voilà ce que nous lègue le Christ, en ce dimanche, entre Ascension et Pentecôte!

Frères et sœurs, sommes-nous de dignes héritiers?
C’est une trop lourde tâche entre nos petites mains. Nos échecs en la matière de paix et d’unité sont nombreux et parfois même, nos contre-témoignages sont pour nous un démenti. La paix  peut-elle être une fabrication humaine? N’est-ce pas plutôt la guerre dont nous sommes le plus souvent capables? La Bible, dès ces premières pages, nous décrit l’entrée du mal en ce monde qui sépare l’Homme de Dieu, qui sépare Adam d’Eve, et qui conduit Caïn à tuer son propre frère.
Le Christ, en se faisant l’un de nous vient supprimer ces séparations et nous invite à en faire de même: “Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu” dit la septième béatitude.
Ne sommes-nous pas fils et filles de Dieu depuis notre baptême? Et donc héritiers! Alors, chers frères et sœurs, en héritiers responsables puisons dans ce capital inépuisable les biens de la paix et de l’unité! Et investissons à notre tour ces biens pour qu’ils fructifient encore. Pour la paix et l’unité: l’Eucharistie est capitale! C’est la source à laquelle nous puisons. Mais ce trésor, ne le gardons pas pour nous-mêmes mais soyons des témoins en investissant la paix et l’unité autour de nous. C’est le sens du mot “messe”: misa, missio… Nous sommes envoyés. Apôtres de paix et d’unité.

Amen.

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