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Le jour où Bartimée a rencontré Jésus, tout a changé pour lui. À travers la guérison d’un aveugle, nous sommes invités à rencontrer le Christ pour recevoir la lumière de la foi.

L’aveugle Bartimée, le mendiant est assis comme chaque jour au bord de la route de Jérusalem. Jésus de Nazareth passe par là, entouré d’une foule. Bartimée se met à crier, en suppliant Jésus de le secourir. Il crie de plus belle quand on veut le faire taire. À Jésus, on peut demander bien plus que quelques pièces : "Rabouni, fais que je voie". Il a raison. Jésus lui dit : "Va, ta foi t’a sauvé". Voilà Bartimée guéri et sauvé. Le temps d’une rencontre, ses yeux sont guéris et lui-même est illuminé, tout transformé. Il voit bien que Jésus est réellement le Messie. Il vient de vérifier dans son corps, dans sa vie ce qu’il savait de Jésus. Il veut donner suite à cette rencontre: il veut devenir disciple de Jésus, pour cela il se met à le suivre vers Jérusalem, c’est-à-dire vers le Calvaire et le matin de Pâques.

Nous croyons en Jésus, mort et ressuscité, le Sauveur qui s’est donné pour nous, le Vivant qui reste avec nous. Il y a beaucoup de choses que nous savons sur lui, il y a beaucoup de questions que nous posons à son sujet, mais c’est lui qu’il nous faut écouter, regarder, c’est lui qu’il nous faut rencontrer. Il nous est probablement arrivé, à l’occasion d’un événement marquant, d’expérimenter la présence du Seigneur, sa tendresse, son soutien, ou la puissance de son pardon. La prise de conscience de nos limites, de nos faiblesses, de notre incapacité à nous en sortir par nous-mêmes, au lieu d’être source d’accablement peut devenir le point de départ d’un cri de foi vers le Seigneur. Il désire tant nous rencontrer; préparons-nous à le laisser entrer dans notre vie. " Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui et lui avec moi."

Ce matin, à travers cette eucharistie, Jésus vient vers nous, il vient nous parler nous écouter et nous demander comme à Bartimée : "Que veux-tu que je fasse pour toi ?" Quelle réponse portons-nous dans notre coeur ? Le danger nous guette d’être des habitués qui n’ont rien d’urgent, de fort à demander au Seigneur. De quoi voulons-nous être guéris? De quoi avons-nous vraiment faim et soif ? Nous pouvons répondre comme l’apôtre Pierre, avec confiance : "Seigneur, nous croyons, mais renforce notre peu de foi."

Demandons avec insistance la FOI, ce don de Dieu qui transforme le coeur et la vie des hommes. La foi apporte une vision nouvelle sur tout. Elle donne un regard qui sait admirer et discerner. Une fleur, la nuit, ne change pas de couleurs. Il manque seulement la lumière pour en admirer la beauté, pour la voir dans sa réalité. La foi est, pour le croyant, cette lumière qui permet de voir les gens, les choses et les événements selon une réalité que l’oeil ne peut percevoir.

La foi entraîne le croyant dans le sillage de Jésus. Suivre le Seigneur reste une aventure qui peut nous conduire loin, jusqu’au bout du monde. C’est le cas pour les missionnaires religieux ou laïcs et de nombreuses congrégations religieuses comme les soeurs de Saint-Joseph-de-Cluny qui nous accueillent aujourd’hui. Fondée par la bienheureuse Mère Anne-Marie Javouhey, il y a près de 200 ans, cette famille de 3 500 religieuses "de toutes races, de toutes nations, de toutes langues" est présente sur tous les continents, au service des enfants, des jeunes, des orphelins, des malades et des exclus, disposées à faire la volonté de Dieu.

La région du Pacifique fait régulièrement référence à deux missionnaires bien connus : saint Pierre Chanel, surnommé " l’homme au coeur bon", mort martyr à Futuna à l’âge de 38 ans, après 3 ans et demi de mission, et le bienheureux Damien de Molokai qui accepte à 33 ans, de vivre avec les lépreux et meut 16 ans plus tard victime de la lèpre. Leurs familles religieuses continuent leur mission dans les îles lointaines.

Servir, se donner jour après jour, c’est bien cela suivre Jésus. Tous les chrétiens y sont invités. Tant d’oeuvres, tant d’institutions ont vu le jour parce que des hommes et des femmes ont voulu vivre leur foi. La vie ordinaire réclame de nous continuellement des gestes d’attention et de service, en famille, au travail, dans les loisirs, sur la route…

Aider, respecter, servir, pardonner, autant de façons, d’aimer et de suivre Jésus. À la condition de lui réserver des temps de rencontre, à la condition d’en faire un ami de tous les instants.

Dans l’eucharistie, célébrons dans la joie le Seigneur source de vie et d’amour.

Références bibliques :

Référence des chants :