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« Vous êtes le sel de la terre. » (Mt 5, 13)
« Vous êtes la lumière du monde. » (Mt 5, 14)

Les deux paroles de Jésus, dans l’Évangile de Matthieu, adressées aux disciples d’hier et d’aujourd’hui sont surprenantes. Elles prolongent la proclamation des Béatitudes dans le sermon sur la montagne.

Seul Jésus est « la lumière du monde », et nous ne pouvons devenir lumière que si nous nous laissons d’abord éclairer, illuminer de l’intérieur par le Christ.
La vie consacrée a vocation de rappeler à tous les chrétiens que par le baptême, ils ont été illuminés par Jésus ressuscité. Cette illumination se poursuit dans la prière, et les religieux et religieuses nous donnent, avant tout, le témoignage de la prière.

Le désir de prier est monté dans le cœur des disciples de Jésus en le voyant prier. Leur demande a jailli : « Seigneur, apprends-nous à prier. » (Lc 11, 1). Cette soif de la prière, de l’intériorité, est présente dans le cœur de beaucoup d’enfants, de jeunes et d’adultes ; c’est un appel à ce que les religieux et religieuses deviennent des maîtres à prier.

L’Évangile de ce dimanche indique clairement la condition pour que les baptisés, dont font partie les consacrés, soient effectivement lumière du monde et sel de la terre : faire le bien.

« Que votre lumière brille devant les hommes : alors, en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à notre Père qui est dans les cieux. » (Mt 5, 16)
Faire le bien, pour la vie consacrée, consiste à demeurer dans l’amour par la vie fraternelle et le service des pauvres. Dans un monde de plus en plus marqué par la diversité des cultures et des religions, le témoignage de la vie fraternelle vécue en communauté entre frères ou sœurs, d’âges, de pays, de langues et de cultures différents, est confession de la Trinité, communion d’amour entre le Père, le Fils et l’Esprit saint. « C’est à l’amour que vous aurez le uns pour les autres qu’on vous reconnaîtra pour mes disciples ». (Jn 13, 35).

Le vrai visage du Père des cieux ne peut être reconnu par nos contemporains que par ce témoignage de l’amour fraternel, vécu en communauté pour s’ouvrir à l’amour universel de Dieu pour tous les hommes et, en priorité, les plus pauvres, les blessés de la vie.

Dans le diocèse de Créteil, j’ai visité plusieurs communautés de frères ou de sœurs qui vivent simplement l’Évangile, en proximité avec les habitants, dans des quartiers, dans des immeubles. Même si ce n’est pas toujours facile, cette présence gratuite d’amour est perçue par les croyants et incroyants. Elle fait jaillir des questions : « Pourquoi vivez-vous au milieu de nous ? » C’est l’occasion d’annoncer le Christ ressuscité. La parole est crédible car elle est vérifiée dans les gestes d’accueil, de solidarité au quotidien, comme l’ont vécu les moines de Tibhirine en Algérie.

La vie consacrée, pas toujours comprise dans la culture moderne, grâce au  témoignage de ces moines, s’est révélée être aux yeux des hommes, à travers le film « Des hommes et des dieux », une lumière, un trésor pour l’Église et le monde.

Références bibliques : Is 58, 7-10 ; Ps 111 ; 1 Co 2, 1-5 ; Mt 5, 13-16

Référence des chants :