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Les disciples avaient verrouillé les portes de l’endroit où ils étaient rassemblés, par peur de subir le même sort que leur Maître. Et lui-même « vint et était au milieu d’eux ». Il leur souhaite la paix. Leur peur se change en joie quand ils le reconnaissent… et ils le reconnaissent par les signes de sa Passion.

Nous aussi, nous venons à la messe avec nos peurs et nos soucis. Nous aussi, nous verrouillons, parfois, les portes de nos cœurs pour nous protéger du jugement des autres. Mais, chaque fois que nous nous rassemblons en mémoire de lui, Jésus vient et se tient au milieu de nous. Il nous apporte sa paix et sa joie. Et ce n’est pas une joie facile qui nierait l’expérience de la peur, de la souffrance, des doutes et des plaies de notre existence. Au contraire, Jésus en porte les marques dans son propre corps. Ainsi, notre expérience parfois douloureuse, qui nous mène naturellement à nous renfermer, trouve sa libération dans sa Résurrection. Les verrous qui nous isolent sautent ; il nous est permis de vivre la communion dans la joie, chaque fois que nous nous réunissons en mémoire de Jésus.

Et il y a plus encore : Jésus répand son souffle sur ses disciples. Il s’agit du souffle de la Création, celui que Dieu a déjà insufflé dans les narines du premier homme. Ce souffle divin, c’est l’Esprit Saint, qui a ressuscité Jésus et qui forme en lui, comme en nous, la Création nouvelle. Recevant cet Esprit, nous aussi, nous sommes créés de nouveau et chargés d’une mission extraordinaire, la mission de Jésus lui-même : « De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Quelle transformation de l’Évangile en quelques phrases. D’un groupe paralysé par la peur et isolé du monde, les disciples se retrouvent maintenant chargés d’une mission : communiquer la paix et la réconciliation à ce monde. Et cette transformation s’effectue par le souffle de Jésus, la transmission de son Esprit.

L’épisode qui suit – la rencontre de Thomas, l’« incrédule », avec le Ressuscité – souligne le rôle de la foi dans cette transformation. La rencontre du Seigneur ressuscité amène Thomas, malgré sa réticence initiale, à l’expression la plus complète de la foi chrétienne dans tous les Évangiles.

La foi et le don de l’Esprit donnent lieu à la communion dont parle la première lecture d’aujourd’hui. Tous ceux qui croient ont un seul cœur et une seule âme et, grâce au partage des biens, personne ne se trouve dans le besoin. « Voyez comment ils s’aiment, ces chrétiens. » C’est un tableau idéal, mais c’est aussi un défi ! Ce n’est qu’une communauté réconciliée et solidaire, qui peut assurer une mission de réconciliation et de paix à un monde comme le nôtre.

Notre communauté de Notre-Dame-de-France est une communauté riche dans sa diversité de situations, de cultures et de races, dispersée dans toute l’immensité de Londres. Dans cette grande diversité, depuis 3 ans, elle se donne une double tâche : ne former qu’une seule communauté unie et, là où elle se trouve, porter la réconciliation et la paix de Jésus ressuscité. Nous sommes présents auprès des élèves d’écoles françaises et britanniques, auprès des étudiants et des jeunes professionnels, auprès des habitants du West End de Londres, auprès des réfugiés et des sans-abris, dans le dialogue œcuménique, dans les différents milieux catholiques de Londres, et auprès de ceux et celles qui préparent aux sacrements d’initiation et de mariage. Cette présence veut être une Bonne Nouvelle de réconciliation et de paix. C’est d’abord par ce que nous sommes et par la qualité de notre accueil, que nous voulons transmettre cette Bonne Nouvelle à tout passant.

La Parole de Dieu nous rappelle qu’en fin de compte notre communion et notre mission ne viennent pas de nous. C’est Jésus Christ ressuscité, qui se tient au milieu de nous, qui sera notre proclamation. C’est son Esprit Saint qui nous formera en une communauté de paix et de joie prête pour l’œuvre de la réconciliation. Dans cette Eucharistie, accueillons-le de nouveau, et apprêtons-nous à quitter cette célébration en artisans de sa paix et de sa joie.

Références bibliques : Ac 4, 32-35 ; Ps. 117 ; 1 Jn 5, 1-6 ; Jn 20, 19-31

Référence des chants :