Notre-Dame-du-Lac à Lunel accueille la messe de la fête des rois

Le dimanche 4 janvier, la messe de la fête des rois, en direct de l’église Notre-Dame-de-Lac à Lunel, fera découvrir les traditions provençales au grand public.

Le cours Gabriel Péri avec ses grands arbres débouche sur la place des Martyrs de la Résistance où se trouvent d’un côté le Musée Médard et de l’autre l’entrée principale de Notre-Dame-du-Lac. Le centre-ville de Lunel restauré depuis 2024 présente un nouveau visage. La façade de Notre-Dame-du-Lac impressionne. Construite dans le style architectural jésuite, elle vise à transmettre un message chrétien par la beauté et l’esthétique du bâtiment. Une circulation permet de faire le tour de l’église. On découvre sur la partie sud, les halles où les producteurs viennent vendre leurs marchandises plusieurs fois par semaine. Et sur la partie nord, des vieilles pierres qui forment la base de l’ancienne Tour de guet du VIe siècle. Elle a été réhaussée au XIVe pour devenir le clocher de l’église, un peu décalé par rapport à la nef. Ce clocher, restauré en 2007, est à l’image de l’église historique médiévale, détruite pendant les guerres de religion, reconstruite au XVIIe siècle. Elle fait l’objet de divers projets de restauration.

Un nom mystérieux

Le nom de l’église Notre-Dame-du-Lac est encore mystérieux. Il existe plusieurs hypothèses dans l’origine de son nom. La première viendrait d’un vitrail rosace, aujourd’hui caché par l’orgue Cavaillé-Coll. Il montre la Vierge Marie, Jésus et une barque. Une autre explication fournie par le prêtre du lieu concerne la géographie : l’église ayant été construite en dehors des remparts de la ville, peut-être se situait-elle non loin de l’eau. Car Lunel est un ancien port et un canal se trouvait non loin de l’église jusqu’au début du XXe siècle.

Quand on entre dans l’église, l’œil est attiré par la grande Croix de la Mission installée dans le chœur derrière l’autel. Historiquement, elle se trouvait sur la place de la République mais en 1904 le conseil municipal de Lunel a voté son enlèvement, un an avant la loi de séparation des Églises et de l’État. Les fidèles de la paroisse l’ont cachée et l’ont installée en 1912 à l’intérieur de l’église. L’édifice possède cinq chapelles dont celle Notre-Dame-de Lourdes qui attirent beaucoup de fidèles. C’est une reconstitution de la grotte de Lourdes, elle a été offerte par les cheminots au XIXe siècle. L’autre chapelle qui intéresse beaucoup est celle de Saint-Gérard, patron de Lunel mais fêté dans tout le diocèse de Nîmes et de Montpellier. L’orgue Cavaillé-Coll datant de 1856 habille le bâtiment, tout comme les trois toiles de maître dont la Visitation et la Présentation au temple du peintre Montpelliérain Jean-Jacques Bestieu (1754 -1842). Tant l’orgue que les tableaux ont été classés au titre d’objet des Monuments historiques dans la seconde partie du XXe siècle.

Traditions provençales

À Lunel, chaque année début janvier, la messe fait revivre les traditions provençales, très appréciées dans la région. Relancée en 1970 par le père Pierre Causse, la tradition est aujourd’hui portée par une équipe paroissiale de bénévoles dont Daniel Thiéry ainsi que par le prêtre. « La messe de la fête des rois qui a lieu pour l’épiphanie réunit du monde, bien au-delà de notre communauté paroissiale habituelle, reconnait Robert Skiba, d’origine polonaise. Nous chantons en français et en provençal, les lectures se font aussi dans les deux langues, même si l’homélie et la prière eucharistique se font en français. » Des Arlésiennes participent aussi avec l’association l’Escolo dóu Vidourle. Et même si le prêtre ne parle pas provençal, il favorise et facilite l’accueil de ces traditions dans l’église. « C’est une belle opportunité pour nous d’accueillir des personnes qui ne sont pas très pratiquantes mais qui restent attachées aux traditions provençales. »

Car la paroisse compte d’ordinaire une centaine de fidèles à la messe. Pour la messe de la fête des rois, l’église est pleine et les 450 places sont utilisées. « Nous sommes actuellement dans une période très dynamique, nous avons eu cette année plus d’une centaine de baptême d’enfants et une quarantaine d’adultes sont inscrits dans la même démarche », partage le père Skiba, ordonné en France depuis une quinzaine d’années.

Et le père Skiba se réjouit de voir les caméras du Jour du Seigneur filmer cette messe : « Elle donnera une autre image de Lunel qui est tristement connue pour son départ de jeunes en Syrie pour faire le Djihad. Cet événement reste dans les mémoires alors qu’à Lunel se trouvent des gens qui méritent d’être regardés et sont heureux de vivre dans cette ville. »

Aujourd’hui Lunel compte 26 000 habitants. Sa population ainsi que les villages alentour ont régulièrement augmenté depuis plusieurs décennies, car elle est très bien située entre Nîmes et Montpellier, non loin de la mer.

 

Laure Salamon