Austère et majestueuse, la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier est un des symboles de la ville, étroitement lié à l’histoire de l’enseignement et aux guerres de religion.

Une forteresse militaire

Fort Saint-Pierre fut son surnom à un moment donné de l’histoire, comme pour souligner l’aspect forteresse médiévale de cette cathédrale qui n’a pas été pensée, au départ, comme telle. « La ville de Montpellier, née au Xe siècle, n’est pas aussi ancienne que ses voisines Nîmes ou Narbonne, explique le père Michel Plagniol, archiprêtre et curé de la cathédrale Saint-Pierre. Mais sa faculté de médecine fondée en 1220 est la plus ancienne du monde encore en service. S’inscrivant dans cette tradition d’enseignement, le pape Urbain V souhaitait que Montpellier poursuive son rayonnement universitaire et a fait construire au XIVe siècle un collège monastique avec une église abbatiale pour les moines bénédictins et les étudiants. L’église de l’époque, située en bas de la ville, avait été orientée de manière inhabituelle en raison des remparts disparus aujourd’hui. Représentative de l’art gothique méridional, en opposition au style gothique du nord de la France, elle ressemble plus à une forteresse militaire qu’à un édifice religieux. Utilisant les matériaux locaux et laissant peu d’ouverture, ces églises ressemblent plus à des forteresses militaires qu’à des édifices religieux.

Une présence catholique en centre-ville

« Elle devient la cathédrale Saint-Pierre en 1536 après le déménagement du siège épiscopal à Montpellier, poursuit le père Michel Plagniol. En effet, située entre la lagune et la mer, la cathédrale de Maguelone subissait l’insécurité, les moustiques… » Le pape Paul III voulait aussi ramener la présence catholique au centre de Montpellier où les idées de la Réforme protestante commençaient à se développer, séduisant une partie de la population. L’église se retrouve au centre des affrontements pendant les guerres des religions. Des sièges successifs vont endommager l’édifice. Une des tours s’est écroulée sur une partie de la nef. 

En 1622, les catholiques remportent le siège de la ville de Montpellier, les protestants se rendent. Un projet de construction de cathédrale est lancé, puis stoppé par le cardinal Richelieu qui ordonne l’arrêt des travaux et préfère réparer celle endommagée. « Les explications divergent entre le fait de construire une nouvelle cathédrale dominant la ville de manière provocante ou de faire des économies en vues des campagnes militaires », précise Michel Plagniol. 

Pendant la Révolution française, elle sert de prison, puis le palais épiscopal devient le siège de la faculté de médecine en 1797. Au XIXe siècle, l’architecte Henry Revoil, disciple de Viollet-Le-Duc, procède aux grands travaux de restauration et d’agrandissement. La cathédrale est classée au titre des monuments historiques en 1906. Elle sera régulièrement restaurée. Fin XIXe-début XXe, le cardinal Anatole de Cabrières marquera l’édifice de son empreinte politique et sociale. Aujourd’hui, une quinzaine de tableaux décorent les différentes chapelles ou partie de l’édifice et contribuent à rendre sa visite très populaire auprès des touristes de passage dans la deuxième métropole de la région Occitanie.

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