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Ces deux noms méconnus rappellent pourtant de manière forte une époque difficile de l'histoire de l'Église.

Pontien signifie pont en latin et Hippolyte a en grec le sens de qui délie les chevaux. Les deux hommes mourront en martyrs, rassemblés près du Christ, mais le déroulement de leur vie est tout autre, surtout de la part d'Hippolyte.

Pontien fut élu Pape en 230. Son élection fut controversée, précisément de la part d'Hippolyte. Lui était un intellectuel puissant, maître réputé à Rome par la profondeur de sa pensée et sa connaissance des saintes Écritures. Or ce théologien s'opposait au Pape et s'était autoproclamé chef d'une communauté dissidente ; il estimait que les Papes de l'époque, en ce IIIe siècle, n'étaient pas fidèles à la vraie tradition ecclésiale, par adaptation excessive aux goûts du monde.

Ainsi, au milieu de Rome, deux Églises s'affrontaient : l'une gouvernée par le Pape légitime et l'autre entraînée par un théologien contestataire. Face à cette division mortifère, l'empereur fit arrêter et le pape Pontien et Hippolyte le rival, les condamnant tous deux aux travaux forcés. Déportés en Sardaigne, soumis à une dure détention, les voilà obligés de se rassembler sur l'essentiel : la confession de foi au Christ selon le Credo des apôtres, premiers témoins de son Évangile.

L'Église de Rome vénèrera ensemble comme martyrs les saints Pontien et Hippolyte : ils moururent en déportation, en suppliant tous les baptisés de rétablir l'unité de l'Église de Rome. Le nouveau Pape Fabien fit ramener leurs reliques de la prison de Sardaigne dans la Ville éternelle. Le 13 août est l'anniversaire de ce transfert et de la réunion définitive du courageux pape Pontien et de son rival, ardent et sans doute sincère. Dieu a reconnu les siens.