La loi de l'amour
« Libère-toi de toute règle. Fais ce que tu veux, du moment que tu es sincère. »
Frères et sœurs ce discours est très répandu aujourd’hui. Et parfois, on ose prétendre que Jésus serait d’accord avec cela. Après tout, n’a-t-il pas parlé d’amour plutôt que de loi ? Mais alors, une question simple surgit : « si tout est permis, pourquoi avons-nous encore autant de mal à aimer ?
Dans l’Évangile que nous venons d’entendre, Jésus répète avec insistance : « Vous avez appris que…eh bien moi, je vous dis… » Il ne supprime pas la loi. Il ne la contourne pas. Il la déplace. Il la fait descendre au plus profond de l’homme : dans son cœur, dans sa parole, dans les gestes les plus ordinaires de la vie.
Il faut le dire clairement : Jésus n’est pas un surveillant tatillon, assis derrière un bureau, édictant des règles de bonne conduite, prêt à sanctionner la moindre faute. La loi de l’Évangile, n’est pas faite pour écraser l’homme, mais pour le faire vivre. Un leitmotiv chez lui : la loi est au service de l’homme et de son bonheur, et non l’inverse.
Jésus dit : « Tu ne tueras pas. » Et nous pourrions répondre tranquillement : « Je n’ai tué personne. » Mais lui va plus loin. La violence apparaît bien avant les coups. Elle commence dans la colère qui s’installe, dans le mépris, le soupçon, dans le refus de l’autre. Les propos racistes ne sont pas des opinions. Ce sont des poisons. Ils abîment ceux qui les reçoivent en pleine figure et ils détruisent aussi ceux qui les prononcent. Toute parole qui rabaisse, qui exclut, toute parole qui nie la dignité d’un autre être humain est déjà une offense faite à la vie.
Le pape François nous rappelle avec force : « On ne doit pas louer Dieu avec la même langue qui insulte notre frère. La médisance, les ragots, les accusations sans preuve peuvent tuer la renommée d’une personne. On ne verse pas le sang, mais on assassine une réputation. On n’enlève pas la vie, mais on abîme une existence. L’Évangile se joue là : dans ce que je dis, dans ce que je relaie, dans ce que je choisis de taire.
Frères et sœurs, un instant, regardons nos mains. À quoi servent-elles ? À construire ou à détruire ? À caresser ou à frapper ? À donner ou à retenir ? Ces mains qui vont recevoir tout à l’heure le Corps du Christ, que font-t-elles le reste de la semaine ?
Et vous, habitants de la région de Bousies, vous qui aimez la terre et travaillez avec elle, vous savez ce que signifie prendre soin de ce qui nous nourrit. Vous savez qu’une terre bien aimée porte du fruit, que l’attention manifestée à vos champs, à vos cultures et à vos bêtes, exige patience, constance et soin. Jésus nous invite à vivre avoir une attitude semblable: sa loi nous invite à vivre en harmonie avec nos frères, comme vous vivez ici en communion avec la terre. Cependant, Jésus ne nous écrase pas, il ne nous demande pas d’être meilleur. Il commence simplement par nous aimer. Et quand on se sent vraiment aimé, on n’a plus envie de vivre comme avant.
Frères et sœurs, l’Évangile n’est ni une morale rigide, ni une autorisation à vivre n’importe comment. Il ne nous accuse pas. Il nous réveille. Il nous dit : « Tu es infiniment aimé. Alors ne te contente pas d’aimer à moitié. »
Amis présents et chers téléspectateurs, cette semaine, chacun peut repartir avec une question simple et décisive : mes paroles, mes gestes, mes prises de position servent-elles la vie ou l’abîment-elles ? Au cœur de l’Évangile, il n’y a pas d’abord des règles à appliquer, mais une loi à mettre en pratique : la loi de l’amour.
Amen