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Alors que nous progressons dans le temps liturgique de l’Avent, l’évangile de ce jour précède le ministère public de Jésus ; séduits par sa prédication, des foules viennent à la rencontre de Jean-Baptiste, chacun lui demande ce qu’il doit faire pour se préparer à la venue du Messie. Cet évangile est comme une invitation à se réapproprier cet enseignement avec les actualisations qui s’imposent.

À l’adresse des foules, Jean Baptiste rappelle le devoir du partage. À la nourriture et au vêtement, qui, de tous temps, constituent le minimum vital, sans doute ajouterait-il aujourd’hui l’obligation de procurer à ceux qui n’en ont pas, un logement décent, une véritable assistance médicale, l’accès à l’éducation.

Des publicains, méprisés parce que soupçonnés de pactiser avec l’occupant romain et de profiter de leur statut pour s’enrichir, Jean-Baptiste exige qu’ils soient honnêtes. Ramenée à notre époque, cette recommandation s’accompagnerait de l’interdiction de tout type de spéculation, de profit ou d’enrichissement malhonnêtes.

Aux soldats, eux aussi mal considérés, Jean-Baptiste demande de ne pas user arbitrairement de la violence et de ne faire de tort à personne. Cela vaut pour tous les temps.

Qu’il s’agisse des foules, des publicains ou des soldats, Jean-Baptiste n’invite donc aucun de ceux qui viennent à sa rencontre, à quitter sa situation familiale ou à déserter son métier. Non, ce qu’il demande, c’est que chacun se prépare à la venue du Messie en mettant en œuvre, dans son existence humaine et professionnelle, ces trois exigences de toujours que sont le partage, l’honnêteté et le respect de chacun.

Voilà, me semble-t-il, qui rejoint le mystère de Noël que nous célébrerons dans quelques jours. Car au cœur de l’incarnation du Fils de Dieu fait homme, figure la merveilleuse nouvelle d’un Dieu qui a pris notre condition humaine et partagé pleinement notre vie d’homme à l’exception du péché. Que la tradition ait retenu de Jésus qu’il avait exercé le métier de charpentier, ou que nombre de ses paraboles soient empruntées au monde du travail ne peut être, en cela, considéré comme secondaire. Pas plus que ne doivent être sous-estimés ses appels incessants à ce que chacun fasse fructifier ses talents et mette ses compétences au service du Royaume de Dieu.

Cet appel nous concerne tous, mais il vous concerne plus particulièrement vous, chers jeunes diplômés qui allez entrer dans le monde professionnel. Avec vos connaissances et votre expertise puissiez-vous, partout où vous œuvrerez, contribuer à embellir ce monde où le Fils de Dieu s’est incarné. Puissiez-vous également grandir, et nous avec vous, dans l’intelligence du cœur qu’accompagnent l’attention aux autres, surtout aux plus petits et aux plus faibles, un certain sens du travail en équipe, la disponibilité aux imprévus de la vie. Car de l’intelligence et de la dextérité il en faut quand on est ingénieur, mais de l’amour et de l’écoute il en faut aussi, et cela d’ailleurs quel que soit le métier que l’on exerce ou les situations dans lesquelles on se trouve.

Ce sera la prière que nous formulerons les uns pour les autres. Ensemble, nous demanderons au Seigneur qu’il nous donne d’être des hommes et des femmes de l’essentiel, toujours prêts, comme les foules et les publicains de l’évangile, à se laisser bousculer par la Parole de Dieu qui libère et fait vivre. Des serviteurs de l’amour de Dieu qui apprennent à discerner ce qui est le mieux pour leur vie et pour le service qu’ils ont à exercer., serviteurs accueillants la paix de Dieu qui comme Paul nous le rappelle « dépasse tout ce que l’on peut imaginer »; serviteurs dans la joie du Seigneur que l’Apôtre recommandait aux chrétiens de Philippe : « Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur, laissez-moi vous le redire ; soyez dans la joie. Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, dans l’action de grâce, priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes. » Puisse-t-il en être ainsi pour chacune et chacun d’entre nous. Amen !

 

Références bibliques : So 3, 14-18; Cantique Is 12; Ph 4, 4-7; Lc 3, 10-18

Référence des chants :