10 384 adultes ont été baptisés en 2025 dans la nuit de Pâques, et plus de 7 400 adolescents âgés de 11 à 17 ans. Portant ainsi à plus de 17 800, au total, le nombre de catéchumènes qui ont reçu cette année le baptême en France, soit une hausse, pour les adultes, de 45 % par rapport à l’année 2024. Ces résultats, dépassant encore les chiffres record collectés l’an dernier, sont les plus élevés jamais enregistrés depuis la création de cette enquête par la CEF il y a plus de vingt ans (en 2002) – enquête faisant désormais référence.

Chez les nouveaux baptisés adultes, la part des 18-25 ans, composée d’étudiants et de « jeunes pros », représente aujourd’hui 42 % des catéchumènes, et a donc dépassé la tranche des 26-40 ans, qui représentait jusqu’à présent le cœur de cible historique des catéchumènes adultes.

Le nombre de catéchumènes adolescents a fortement augmenté cette année encore. On observe une hausse de 33 % pour les diocèses dont nous avons les chiffres pour les deux années consécutives 2024 et 2025. (Enquête de la conférence des Évêques de France en 2025)

Un phénomène en plein essor : qui sont ces nouveaux catéchumènes ?

Plus jeune, le profil des adultes demandant le baptême ne cesse d’évoluer. Un afflux qui pousse les diocèses à revoir leur organisation pour accueillir ces nouveaux venus. « Je reçois en moyenne un mail tous les deux jours pour une nouvelle demande », confie un responsable du service du catéchuménat du diocèse de Lille, débordé par l’augmentation des sollicitations. À Toulouse, le père Simon d’Artigue, curé de la cathédrale, a pris l’habitude d’interpeller en fin de messe : « Si quelqu’un souhaite se préparer aux sacrements, je suis disponible à la sortie ». Les demandes affluent, spontanées et nombreuses.

Un parcours balisé vers le baptême

Pour devenir chrétien à l’âge adulte, les catéchumènes empruntent un chemin structuré en quatre grandes étapes : l’entrée en Église, l’appel décisif, le baptême puis la confirmation. Entre ces temps forts, des rencontres régulières permettent d’approfondir la foi et d’intégrer progressivement la communauté chrétienne. Le rythme varie selon chacun. « On ne peut pas prédéfinir la durée du parcours », rappellent les équipes, composées de fidèles missionnés pour accompagner les candidats. Ces petits groupes deviennent souvent de véritables lieux de fraternité et de partage.

Des diocèses qui s’adaptent

Face à l’augmentation des demandes, les diocèses réorganisent leurs pratiques. À Lille, où l’accompagnement dépendait autrefois des doyennés, ce sont désormais les paroisses qui assurent directement le suivi des catéchumènes. Une évolution amorcée il y a une dizaine d’années, qui rend le dispositif plus visible et plus proche du terrain. Partout en France, des fraternités locales se mettent ainsi en place pour soutenir ces nouveaux croyants dans leur quête spirituelle.

Une quête de sens, une soif de comprendre

Mais qu’est-ce qui motive ces adultes à frapper à la porte de l’Église ? Pour plus de 40 % d’entre eux, tout commence par une expérience spirituelle forte. Ils poursuivent ensuite leurs recherches sur les réseaux sociaux ou au contact de communautés chrétiennes. Une rencontre intime qui pousse ensuite à chercher des réponses, souvent sur Internet, avant d’oser franchir le seuil d’une paroisse. « Ils veulent comprendre, connaître la foi. Ils sont prêts à vivre quelque chose de radical », résume un accompagnateur. La majorité a déjà cheminé intérieurement pendant deux ou trois ans avant de demander officiellement le baptême.

Cette dynamique transforme également les communautés chrétiennes existantes. Monseigneur Olivier de Germay, archevêque de Lyon et évêque référent pour le catéchuménat, conclue : « Les ‘vieux baptisés’, découvrant des espaces insoupçonnés de la foi, sont renouvelés par le témoignage des nouveaux venus. Ceux-ci, de leur côté, sont peu à peu initiés à la vie chrétienne. Et ainsi, tout le monde en sort enrichi. »

 

Mathilde HUYGHUES-DESPOINTES