Pour le troisième dimanche de Carême, l’Eglise consacre une journée de prière pour les personnes victimes d’abus au sein de son institution. A cette occasion, David Milliat reçoit sur le plateau de l'émission du Jour du Seigneur le père jésuite Patrick Goujon, qui a été abusé par un prêtre dans son enfance.
Après 40 ans de déni, Patrick Goujon a recouvré la mémoire de son traumatisme en soignant son corps souffrant. Dans un récit autobiographique, Prière de ne pas abuser (ed. Seuil, 2021), il raconte son cheminement vers la réconciliation entre l’enfant qu’il a été, l’adulte qu’il est devenu et le prêtre qu’il a choisi d’être. Il revisite son douloureux parcours avec le prisme de la question du pardon.
Le pardon est, dit-il, un horizon. Mais dans le pardon chrétien, pas de pardon sans aveu de la faute. Or, les agresseurs notamment les pédocriminels, le font rarement. Si les chrétiens se sont sentis trahis par l’institution qui a demandé pardon à Dieu qu’elle a offensé, les victimes attendent un pardon individuel. Patrick Goujon donne une lecture particulièrement intéressante d’un des versets de la prière du Notre-Père : "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardons à ceux qui nous ont offensés."
Un reportage sur la création par un diacre de la plateforme Jonas, plateforme collaborative de prévention contre la pédocriminalité, valorise l'initiative qui cherche à rompre le silence par lequel le fléau des abus a prospéré.