Producteur et écrivain, Thierry Bizot, est l’auteur de Catholique anonyme et Viens, et suis-moi. Il nous partage son parcours de foi et sa relation à Dieu, après une conversion à quarante-cinq ans. Interview.

Vous avez publié en 2023 Viens, et suis-moi, roman dans lequel le narrateur, un prêtre, au moment de sa mort, fait le bilan de son existence. Ce passage de la vie à la mort est l’occasion de s’interroger sur la relation qui a conduit toute sa vie, avec Jésus. Est-ce que rencontrer Dieu, c’est comparable à une histoire d’amour ?
Oui ! C’est ma grande découverte, il y a quinze ans. C’est une histoire d’amour qui nous est proposée par Dieu. Et nous avons toujours la place pour une histoire d’amour nouvelle. Lorsque l’on me demande d’expliquer qui est Dieu, je réponds : « Dieu, tu le connais très bien parce que tu as déjà aimé dans ta vie. » C’est simple, Dieu c’est l’amour et l’amour, c’est Dieu. Le sens de notre vie sur terre, c’est uniquement d’aimer et de se laisser aimer.

Parlez-nous de votre conversion. Comment avez-vous vécu cet appel vers Dieu ?
Cela n’a pas été spectaculaire. Il n’y a pas eu un moment mystique. Cela s’est fait en douceur. En me retournant sur mon parcours, je me suis rendu compte de là où Jésus m’a fait avancer et alors que sur le moment, je n’en avais pas conscience. J’ai été obligé d’accuser réception du fait que Jésus était entré dans ma vie.

Qu’est-ce que cette rencontre a changé dans votre vie ?
Cela a tout changé ! Jésus ne me parle pas, je n’ai pas de visions mystiques. En revanche, il se montre à moi quand je parle de lui. Donc, je parle de lui tout le temps ! Pour le voir et le ressentir. Quand je vais témoigner de ma foi, j’ai toujours un peu le trac. Peut-être parce que je sais que je vais rencontrer Jésus, comme une sorte de rendez-vous amoureux. Et à chaque fois se produit ce petit miracle de bonheur, de joie, à l’idée de ressentir sa présence.

Comment cela se manifeste au quotidien ? Comment vivez-vous et nourrissez votre foi ?
Après avoir beaucoup témoigné suite à ma conversion, j’ai découvert la prière. Avec beaucoup de difficulté… La prière est un exercice d’une humilité permanente sur lequel je trébuche chaque jour. Mais c’est une façon de rentrer en dialogue avec Jésus. Je perçois parfois un petit signe qu’il m’envoie. J’ai l’impression qu’il m’indique quelque chose et cela peut parfois être une invitation dont je n’ai pas envie. Mais quand je me lance, c’est fluide. Les obstacles se dérobent sous mes pas.

Quel genre de chrétien êtes-vous ?
Un chrétien débutant mais enthousiaste ! Chaque jour, je remercie Jésus d’être venu me trouver pour cheminer derrière lui. Si je suis un chrétien brouillon, je suis assidu. J’y pense tout le temps et je découvre toujours des choses nouvelles.

Comment vivez-vous cette traversée de la foi chrétienne ?
Le passage du témoignage à la prière n’a pas atténué ma relation avec Jésus. L’amour, c’est une décision et un travail. C’est un engagement. Je ne lâche pas la main de Jésus et je vais de découverte en découverte. Notre histoire d’amour avec Jésus ne fait que grandir au fil du temps et nous fait grandir ! C’est un enrichissement de notre être par l’amour.

Avez-vous des doutes sur votre foi ?
Je n’ai pas encore eu de doute car je vis cette relation comme une aventure. Cela pourrait m’arriver d’avoir l’impression de ne plus aimer. Dans l’hypothèse où cela se produirait, je me raccroche à cette consolation : même si je n’aimais plus Jésus, je ne pourrais pas effacer tout l’amour que j’ai vécu avec lui. Et si cela arrive, c’est moi qui aurai lâché sa main et non l’inverse !

Qui est Jésus pour vous aujourd’hui ?
C’est mon boss ! Mon meilleur ami, mon confident.

« Ta foi t’a sauvé ! » Qu’est-ce que cela vous inspire ? Comment cette parole de Jésus peut résonner en vous ?
Cette parole me touche. Quand on a la chance d’entretenir une relation amoureuse, amicale, affective avec Dieu, on est sauvé ! J’ai longtemps cru qu’avoir la foi servait à mourir, tel un passeport pour le paradis. Mais la foi sert à vivre. C’est dès maintenant qu’il faut aimer et être heureux. Ce n’est pas lors de notre mort ou après la mort. C’est urgent, quel que soit le moment et l’âge ! C’est sur Terre que c’est utile !

Le Jour du Seigneur offre la messe à l’antenne depuis soixante-quinze ans auprès des téléspectateurs. Depuis votre conversion, quel regard portez-vous sur la messe en général et ses fidèles ?
Avant, je voyais la messe comme un moment d’ennui, de pénitence collective. Désormais, je sais pourquoi j’y vais ! Quand je vais à la messe, j’y vais pour Jésus mais aussi pour toutes les autres personnes qui sont présentes pour la même chose. Ce sont des frères en une seconde. Je suis touché par cette communion.
 

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Thierry Bizot - retour vers Dieu grâce à la catéchèse
Quel regard portez-vous sur l’Église aujourd’hui ?
L’Église possède deux trésors inoxydables : tout d’abord, l’Évangile, la parole de Dieu. Je compare souvent l’Évangile à de la lave en fusion. C’est un texte vivant, qui brûle. Et ensuite, nous, les fidèles, qui pouvons tous agir. L’Église nous appartient. Nous avons des responsabilités et des droits, à nous de la faire évoluer !

Propos recueillis par Marie-Aude Lenain
  Article publié dans le Bulletin 241 / avril-mai 2024

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