Une semaine après la clôture du Synode, les jeunes catholiques doivent dorénavant se saisir du document final. L’objectif : l’appliquer ou s’en inspirer dans leur quotidien. Nous avons rencontré Marie Houdelette, jeune catholique et déléguée nationale à la pédagogie de Coexister. Pour elle, l’Église doit s’engager en faveur du dialogue interreligieux.

Cela fait quatre ans que Marie Houdelette s’engage aux côtés de Coexister. Composée de personnes athées, chrétiennes, agnostiques, juives et musulmanes, cette association souhaite permettre aux jeunes de 15 à 35 ans de “créer du lien social et de promouvoir un mieux vivre ensemble“.

Après avoir suivi des études et commencé une carrière d’opticienne, Marie Houdelette a connu un retour vers le spirituel. D’abord engagée au sein d’une antenne lilloise de la communauté de Taizé, la jeune femme issue de la culture catholique découvre les apports de l’oecuménisme. Cette expérience la conduit peu à peu vers le chemin de l’interreligieux, notamment au sein de Coexister. Au point de départ de son engagement, une “curiosité de rencontrer des personnes différentes“, explique-t-elle aujourd’hui.

L’interreligieux pour approfondir sa foi catholique 

Si Marie ne s’est jamais détachée de sa religion, notamment grâce à l’enseignement catholique, elle s’en est toutefois un peu éloignée durant ses études, une période de la vie qui conjugue à la fois la difficulté de s’organiser et l’envie de s’ouvrir à d’autres horizons. Aujourd’hui, Marie l’affirme, c’est grâce à l’interreligieux qu’elle est “allée chercher plus loin” dans sa foi, en tant que chrétienne catholique. “Comme je posais beaucoup de questions à mes amis juifs ou musulmans, j’ai accepté que ces questions puissent m’être renvoyées“, confie-t-elle, comme sur le thème de la trinité : “j’ai essayé de comprendre de quelle manière je pouvais l’expliquer à quelqu’un dont ce n’était pas la foi.”

Marie Houdelette se souvient surtout d’une expérience interreligieuse avec Belsam, une jeune femme musulmane, devenue depuis une de ses amies proches. “C’était pendant la semaine sainte, je ne me sentais pas prête à vivre pleinement Pâques. Le fait de discuter ensemble de l’impatience que ressentait Belsam avant le mois de ramadan m’a beaucoup inspirée pour vivre mon chemin vers Pâques.

L’interreligieux, un enjeu essentiel pour l’Église

Au gré de ses rencontres et de l’évolution de sa foi, Marie Houdelette se pose la question de se définir non plus seulement comme catholique, mais aussi comme “chrétienne catholique“. Pas toujours très à l’aise avec ce que défend l’institution catholique, elle reste pourtant très attachée à ce qui fait la particularité de la foi catholique. Elle espère aussi que l’Église saura se renouveler en accueillant en son sein de jeunes voix capables de porter les évolutions et les nouvelles attentes de l’Église.

Par dessus tout, elle lance un appel à l’Église, un appel envers l’institution, mais surtout envers la communauté de chrétiens. Marie leur demande d’agir et de dialoguer avec les autres religions et convictions. “Nous y sommes appelés dans l’Évangile, mon prochain ce n’est pas la personne qui me ressemble mais qui est différente de moi“, distingue-t-elle.

Pour Marie, l’interreligieux est la clef de compréhension des problématiques contemporaines. “Comment peut-on répondre aux enjeux environnementaux ou migratoires si on ne sait pas répondre à la question du vivre ensemble ?”, questionne-t-elle. À Coexister, elle essaie de réfléchir à des outils pédagogiques, applicables notamment dans les écoles, afin de mieux appréhender ce “vivre ensemble”.