En 1999, le Jour du Seigneur a interviewé Simone Veil sur l’homme politique français Edmond Michelet. Tous les deux ont été déportés, lui à Dachau, elle à Auschwitz Birkenau. En nous parlant de la personnalité de cet homme surnommé « le ministre de la miséricorde », Simone Veil se livre et aborde ce qui fait pour elle la dignité de l’homme.

Ce documentaire a été diffusé à l’occasion du 100ème anniversaire de la naissance d’Edmond Michelet. Simone Veil nous décrit la personnalité de cet homme politique. Elle raconte :

« C’était d’abord un être homme très généreux, très bon profondément. Tous les gens qui l’ont connu en déportation à Dachau, ont de lui le souvenir d’un homme exceptionnel sur ce plan. Je ne dirais pas naïf mais pur. Pur et tellement engagé pour ses convictions qu’il était capable d’affronter certaines accusations et d’être considéré comme quelqu’un qui était trop mou, trop faible, et qui risquait peut-être de se laisser berner. Je crois qu’il l’assumait complètement. Il était très engagé pour une voie de paix et de réconciliation. Et même avant tout ça, une voie de toute façon pour traiter les gens de façon humaine. Et ça, je crois que nous avons, nous-même en déportation, tellement souffert de l’humiliation. On parle toujours des souffrances physiques de ce que ça représentait. Je crois que l’humiliation, c’est ce dont on se souvient beaucoup plus. La souffrance physique, on l’oublie. L’humiliation, on ne l’oublie jamais. On veut donc l’épargner à d’autres. Au fond, aucun être humain, et ça c’est vrai également pour les droits communs, aucun être humain n’a le droit d’être humilié. On ne peut pas l’accepter. Il y a un respect qu’on a à avoir vis-à-vis de tout être humain. »

Edmond Michelet :
Résistant de la première heure en 1940, arrêté par la Gestapo en février 1943, puis déporté à Dachau.
25 années d’une carrière politique au service de la IVe et Ve république.
Ministre de l’armement en 1945, garde des sceaux en 1959 et pendant la guerre d’Algérie, ministre des affaires culturelles sous Pompidou.
Simone Veil, de 1957 à 1964, était alors magistrat détachée au ministère de la justice.

Un documentaire de Véronick Beaulieu Mathivet.