Être réconforté, apaisé et vivifié dans ma souffrance

Destiné aux personnes gravement malades ou fragilisées dans leur vieillesse, le sacrement de l’onction des malades témoigne de la présence du Christ ressuscité auprès d’elles.

Qu’est-ce que l’onction des malades ?

La présence du Christ dans ma souffrance

L’onction des malades est l’un des sept sacrements de l’Église catholique.

Elle est le signe de la présence du Christ ressuscité auprès des personnes éprouvées par la maladie physique ou psychique, ou la vieillesse.

En effet, les Évangiles rapportent que, hormis le péché, le Christ a partagé notre condition humaine jusque dans la souffrance et la mort. Parfois, il a guéri, et même ressuscité, annonçant ainsi la victoire, par sa mort et sa résurrection, sur le péché et la mort.

Il a demandé à ses disciples d’oindre d’huile et de guérir les malades, et ils poursuivirent cette mission après la Résurrection.

Aujourd’hui, l’Église propose ce sacrement par lequel elle croit que Jésus continue de toucher les personnes. Ce sacrement consiste en une imposition des mains et une onction d’huile bénite le Jeudi saint, lors de la messe chrismale.

Autrefois nommé extrême-onction ou derniers sacrements, car donné au seuil de la mort, il a, depuis le concile Vatican II, retrouvé la fonction du sacrement destiné à réconforter dans la douleur.

À qui est donné l’onction des malades et dans quelles circonstances ?

En danger pour cause de maladie ou de vieillesse

  • L’onction des malades est donnée à une personne gravement malade ou âgée.
  • Une des conditions pour la recevoir est d’être chrétien catholique ou orthodoxe.
  • Même si elle peut être proposée par l’entourage ou l’aumônier d’un hôpital, elle doit être demandée librement par le récipiendaire.
  • Seul un prêtre peut la donner.

« Comme tous les sacrements, l’onction des malades est une célébration liturgique et communautaire, qu’elle ait lieu en famille, à l’hôpital ou à l’église, pour un seul malade ou pour tout un groupe d’infirmes, il est très convenable qu’elle soit célébrée au sein de l’eucharistie, mémorial de la Pâque du Seigneur. » (Catéchisme § 1519)

Elle peut être donnée autant de fois que nécessaire.

En aucun cas, elle ne remplace les soins médicaux.

Quelle est la place de l’onction des malades dans la vie chrétienne ?

Un sacrement pour la vie

Le sacrement de l’onction des malades intervient au cœur de la vie au même titre que la maladie ou la vieillesse. Celles-ci peuvent être de grandes épreuves de l’existence dans lesquelles nous expérimentons impuissance, limites, parfois angoisse, repli sur soi, désespoir, et nous pouvons entrevoir la mort.

« Au moment de la maladie, témoigne Jean-Paul II dans son message pour la XXIIIe Journée mondiale du malade en 2005, apparaît avec le plus d’urgence le besoin de trouver des réponses adéquates aux questions ultimes […] sur le sens de la douleur, de la souffrance et de la mort elle-même, considérée non seulement comme une énigme à laquelle il est difficile de se mesurer, mais comme un mystère dans lequel le Christ incorpore à lui notre existence, en l’ouvrant à une naissance nouvelle et définitive pour la vie qui ne finira plus. »

« L’onction des malades parachève les onctions saintes qui jalonnent toute la vie chrétienne ; celle du baptême avait scellé en nous la vie nouvelle ; celle de la confirmation nous avait fortifiés pour le combat de cette vie. Cette dernière onction munit la fin de notre vie terrestre comme d’un solide rempart en vue des dernières luttes avant l’entrée dans la Maison du Père. » (Catéchisme § 1523)

Quels sont les effets du sacrement des malades ?

Être réconforté, apaisé, fortifié

Pour le chrétien, l’onction des malades confère une grâce particulière destinée à réconforter, apaiser, aider à vivre et vaincre les difficultés inhérentes à la maladie ou la vieillesse. Elle est reçue comme un don du Saint-Esprit qui renouvelle la confiance en Dieu et fortifie face aux tentations.

Un des effets de ce sacrement peut également être le pardon des péchés si la personne n’a pu recevoir le sacrement de réconciliation.

En outre, le chrétien croit que « le Christ a greffé au fond de la souffrance la puissance de la Rédemption et la lumière de l’espérance. Alors le malade croyant – dans le creuset de son épreuve qui demeure intacte – s’unit silencieusement à la Rédemption du Christ, comme Marie au pied de la croix. Il ne s’agit pas de résignation passive ou de fatalisme, car un tel malade reste habité par le désir de vivre, avec l’aide des médecins, mais prêt à remettre sa vie à Dieu quand viendra le moment du grand passage. Il vit de la grâce de l’amour. C’est un don de Dieu. » (Jean-Paul II aux blessés de la vie, Lyon, 5 octobre 1986)

Enfin, dans la foi chrétienne, l’onction des malades prépare à entrer dans la vie éternelle, portée en soi depuis son baptême, « en des vases d’argile » (2 Corinthiens 4, 7).

Comment se déroule la célébration de l’onction des malades ?

Si l’état de la personne le permet, ce sacrement aura été préparé, avec les membres de la pastorale des malades et les proches, en priant, en éclairant ce geste par la parole de Dieu, en recevant le sacrement de réconciliation.

Ensemble, on peut prier ainsi :

« Seigneur, regarde avec bonté N, qui va recevoir le sacrement des malades.
Que ton amour le visite et le fortifie. Donne-lui la paix et la joie.
Soulage ses souffrances. Accorde-lui meilleure santé.
Donne-lui courage et force dans son épreuve.
Remplis son cœur de confiance en ta bonté et en la vie éternelle où tu nous donnes rendez-vous. »

 

  • Le sacrement lui-même est conféré :
  • En silence, le prêtre impose les mains à la personne souffrante, invoquant la descente de l’Esprit Saint sur elle.
  • Il lui donne l’onction sur le front et les mains avec l’huile des malades et dit :

« – N, par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté, vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint.

    • Amen.
    • Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu’il vous sauve et vous relève.
    • Amen. »

A ceux qui se trouvent au seuil de la mort, peut également être donnée l’eucharistie comme viatique en ce passage vers la vie éternelle.

 

Marie-Christine Lafon