Dimanche 8 avril, nous étions en direct de l’établissement scolaire Lacordaire à Marseille à l’occasion de son centième anniversaire. Découvrez dans ce bref portrait, qui était le Père Henri-Dominique Lacordaire (1802-1861), religieux dominicain, qui a défendu la liberté d’enseignement dans la France anticléricale du 19e siècle.

Le Père Henri-Dominique Lacordaire (1802-1861), religieux dominicain, a défendu la liberté d’enseignement dans la France anticléricale du 19e siècle. Défenseur des libertés de conscience, de presse ou d’association, il osa aussi ouvrir une école libre en plein Paris en 1831, toujours le verbe haut : « La parole du Christ ne fut libératrice qu’à cause qu’elle fut universelle, que tous purent l’entendre, tous la répéter, or nous ne pouvons l’entendre et la répéter que par la liberté d’enseignement.» L’école sera fermée, mais Lacordaire, par-delà le pouvoir, frappe l’opinion publique. Le Frère Augustin Laffay, dominicain, témoigne : « Lacordaire fait un coup et ça participe aussi d’une stratégie qu’il a pendant toute sa vie qui consiste à frapper l’opinion et Lacordaire veut réveiller finalement les Français et les rendre disponibles à la liberté chrétienne qui lui semble être la réponse à ses questions. » C’est par sa prédication, d’abord au Collège Stanislas puis à la chaire de Notre Dame, qu’il touche les cœurs : jusqu’à 6000 personnes se bousculent à ses conférences. Fr Augustin dit : « il y a  eu un ébranlement profond de jeunes gens notamment d’étudiants  (…) et nombre d’entre eux ont été ébranlés par ce qu’ils ressentaient, comme un ton nouveau. On leur parlait de Dieu comme on ne leur en parlait pas dans le catéchisme.» Car pour Lacordaire, religion rime avec raison. Extrait d’une de ses conférences : « Elle est d’abord un acte d’intelligence. L’adhésion de cette même intelligence aux idées divines constitue la foi. Le Christ a choisi les apôtres non parmi les oppresseurs de l’intelligence, mais parmi les opprimés. Tels furent les libérateurs de l’esprit humain.» En 1840, Lacordaire ose rétablir l’Ordre des Prêcheurs, interdit depuis la Révolution. Il crée un tiers-ordre enseignant, toujours avec le même esprit de liberté.