Le Jour du Seigneur vous fera partir en pèlerinages, cet été. Nous irons à Nevers pour une messe télévisée au couvent Saint-Gildard où beaucoup de pèlerins viennent se recueillir auprès du corps de sainte Bernadette. Dans un beau reportage sur son corps resté intact, une dame explique : « Quand on est ici, on est un peu au ciel ». Le pèlerinage nous conduit au-delà de nous-mêmes, nous entraine aux sources de la foi et laisse se développer en nous le désir de retrouver Dieu. Puis il nous renvoie à notre vie de persévérance, de témoignage, de rayonnement remplie de toute sorte d’engagements au cœur du monde. Le pèlerinage nous ressaisit mais ne nous retient pas dans un monde refuge. Il nous apprendre à mieux unifier notre vie en laquelle Dieu nous dit à la fois : « Viens à moi » et « Je t’envoie, vas au monde ».

C’est à Nevers que Bernadette Soubirous vint pour répondre à son appel à être religieuse. Originaire de ce diocèse, j’ai aimé aider les sœurs de la Charité de Nevers à faire visiter les lieux où a vécu la sainte venue de Lourdes. Elle y est arrivée le 7 juillet 1866. Il y a 150 ans. Pour moi, Bernadette, c’est une jeune femme toute simple, dont la famille était devenue pauvre et peu considérée, mais qui a connu cette expérience extraordinaire d’un accompagnement spirituel de la Vierge Marie : 18 apparitions pendant lesquelles, d’abord, elles firent silence ensemble puis échangèrent des paroles. Pour moi, Bernadette, c’est une jeune femme qui, malgré sa très simple condition, avait beaucoup de répartie et de liberté intérieure. En cela, elle fait penser à sainte Jeanne d’Arc au moment de son procès. Elle avait des paroles simples et justes. Parmi les célèbres répliques de Bernadette, autour de la suspicion au sujet des apparitions et du risque pour elle de la prison : « Je ne crains rien parce que j’ai toujours dit la vérité ». Ou encore, ce qu’elle expliqua à un prêtre : « Ce que j’ai vu, je ne suis pas chargée de vous le faire croire, mais de vous le dire ». Pour moi, Bernadette, c’est une jeune femme qui chercha sa vocation. Elle la trouva dans une congrégation qui était présente à Lourdes, au service des malades, et elle vint donc à Nevers pour l’accomplir. Sa sainteté est le fruit de sa vie, pas d’abord de ses apparitions. Sa sainteté, elle la reçut de Dieu sur le chemin de toute sa vie, jusqu’en sa vie religieuse. Elle écrivait : « Je voudrais qu’on dise les défauts des saints et ce qu’ils ont fait pour se corriger, cela nous servirait bien plus que leurs miracles et leurs extases. »

La chapelle où repose le corps de Bernadette est une chapelle du Jubilé de la Miséricorde. Le pèlerinage que nous y ferons est le premier de l’été, mais en commençant ce message, j’ai écrit le mot au pluriel, car d’autres suivent.

Le 17 juillet, nous serons à Albert, dans la Somme, en un sanctuaire marial. Les 24 et 31 juillet, nous serons en Pologne pour les Journées Mondiales de la Jeunesse, avec le pape François sur les traces de saint Jean-Paul II et de sainte Faustine. Le 14 août, nous serons en pèlerinage sur les lieux où saint Dominique commença sont œuvre de prédication, en cette année du huitième centenaire de l’Ordre de Prêcheurs qu’il fonda. Et le 15 août, un documentaire nous emmènera au sanctuaire marial Jasna Gòra de Częstochowa, en Pologne.

« Heureux les hommes qui trouvent leur force en toi, c’est qu’ils ont à cœur de partir en pèlerinages ! », dit le psaume 83.

 

Frère Philippe Jaillot, o.p.