Le Jour du Seigneur vous emmène en Guyane dans la ville de Mana, dans le nord de la Guyane, qui fête cette année le 190ème anniversaire de sa fondation par une bourguignonne : Sœur Anne-Marie Javouhey, fondatrice de la congrégation missionnaire des sœurs de Saint-Joseph-de-Cluny (1806).

 

Situé à l’embouchure du fleuve Mana, à 240 km de Cayenne et à 60 km de St.-Laurent-du-Maroni, ce village paisible de l’Ouest du département, Mana est une commune française située en Guyane. La ville est au bord du fleuve Mana non loin de l’embouchure du Maroni. La commune est traversée par les Montagnes de la Trinité atteignant une altitude maximale de 636 mètres. Au nord de la commune se trouve une zone côtière bordée par l’Océan Atlantique. La commune porte le nom du fleuve Mana qui passe sur son territoire. Le fleuve Mana, appelé aussi le “fleuve aux 100 sauts” n’est navigable que sur une faible partie, surtout en saison sèche. C’est à partir de Mana que part la route côtière qui mène à la plage des Hattes, célèbre pour la ponte de ses tortues Luth.

 

On compte environ 11 000 sur la commune de six mille trois cents kilomètres carrés. Ce territoire est composé par des rizières, des zones inondables, de nombreux terrains près du fleuve, en bref d’immenses sites à aménager entre urbanisme et développement de filières économiques. La population est bigarrée, d’origines, de langues, de cultures, de nationalités diverses : en majorité Créole, Noir Marron, Amérindienne (Galibis) et Haïtienne mais c’est près d’une vingtaine d’ethnies qui cohabitent sur la commune. De Mana dépend également le village de Javouhey peuplé essentiellement par des habitants Hmong exilés du Laos dans les années 80 puis ont été accueillies dans les années 90 des Personnes Provisoirement Déplacées du Suriname (PPDS) sous le patronage du HCR.

 

La principale activité de Mana était la riziculture : 6500 hectares environ de rizières sont partagés en 4 sociétés d’exploitation. Mana était le premier producteur de riz du département. Actuellement, les rizières sont quasiment à l’abandon.

 

Le patrimoine bâti est composé de nombreuses maisons créoles et d’une église classée (l’église Saint-Joseph d’où nous diffusion la messe en direct ce dimanche 28 ocotbre 2018). Une centrale hydroélectrique sur la Mana (inaugurée en mars 2018) permettra à la commune de Mana de devenir « la première commune exportatrice d’énergie verte en Guyane » et d’éviter le rejet dans l’atmosphère de CO2.

 

La mère Anne-Marie Javouhey décide, en 1826, d’implanter une communauté de noirs de traite et de développer ce lieu (ce site étant déjà occupé par des Amérindiens) après avoir tenté de s’établir plus haut sur la Mana au lieu-dit Nouvelle-Angoulême. Un bagne pour femmes a été ouvert à Mana au XIXe siècle, fermé début XXe.

L’écusson de Mana raconte cette histoire. Il présente sur fond blanc, un bras d’esclave relié à celui de la mère Javouhey par une chaine en or. Au milieu et en dessous, un rosaire brisant la superstition tribale des noirs, symbolisée par deux serpents.

A droite du rosaire, des poteries amérindiennes galibi. A gauche, un fût rappelant la production de rhum de Mana (« pipi massô » : très apprécié des connaisseurs). Dans la fosse de l’écu, et des deux côtés du rosaire, des feuilles de palmier, aouara, comou ou pinot.

La devise de Mana « Magne Caritas mal pessima curat » (La grande charité guérit les plus grands maux).