Moi, Marie, femme de Cléophas : l’histoire

Elle s’appelle Marie, elle a 56 ans. Son mari Cléophas est mort depuis 30 ans. Leur fils Joseph a 40 ans. Il est handicapé, déficient sur le plan intellectuel sans l’être aucunement sur le plan du cœur. Tout bascule pour cette femme de foi lorsque qu’elle croise le regard Jésus de Nazareth dans le Temple de Jérusalem. Avec son fils, elle rejoint le groupe des premiers chrétiens. Un groupe suspecté par les autorités romaines. Ils vont être arrêtés avec d’autres amis chrétiens car ils ont refusé de reconnaître les divinités païennes des Romains. Ils sont emprisonnés près du Grand Cirque à Rome et se préparent au martyr. Sa mère tremble, angoissée. Joseph, handicapé, par sa présence et sa force intérieure, va accompagner sa mère.

L’avis du Jour du Seigneur

Ce récit fiction nous plonge dans la relecture de la vie de cette femme, veuve et mère d’un enfant handicapé, et dans son attachement à son fils, différent des autres. Cette relecture passionnante se passe dans la prison où elle est avec son fils et d’autres chrétiens. Ils vont être livrés aux bêtes par les autorités romaines à cause de leur foi. Cette femme a quitté son petit village de Judée, Emmaüs, pour rejoindre Jérusalem, Béthanie, Damas et… Rome. Les dialogues sont forts. Au fil des chapitres, transparait la foi de cet adulte handicapé, Joseph, qui a un jour croisé le regard de Jésus. Ce livre met en valeur la force intérieure et la vie spirituelle des personnes ayant un handicap.

Entretien avec l’auteur

Ghislain du Chéné a 66 ans. Il est marié et, avec Isabelle, ils ont cinq enfants. La plus jeune, aujourd’hui âgée de 28 ans, est trisomique. Ils font partie d’une des communautés « Foi et Lumière » depuis 27 ans. Depuis 2008, Ghislain du Chéné est le coordinateur international du mouvement Foi et Lumière.

« J’ai voulu remonter dans le temps pour pouvoir rencontrer Jésus et Marie et les “interpeller” sur ma condition de parent d’enfant handicapé. »

Pourquoi ce livre ?
Au contact des fondateurs de Foi et Lumière, Jean Vanier et Marie-Hélène Mathieu, j’ai appris à devenir familier avec la parole de Dieu dans la Bible. Je les ai souvent entendus dire que ce n’était pas eux les fondateurs de Foi et Lumière, mais Jésus et Marie. J’ai donc cherché à raconter l’histoire de Foi et de Lumière (les “groupes d’anawim” dans le livre) et aussi celle de l’Arche (les “communautés de Béthanie” dans le livre) à partir de personnages présents dans les Évangiles. J’ai voulu également donner mon témoignage personnel de manière un peu décalée et remonter dans le temps pour pouvoir rencontrer Jésus et Marie et les “interpeller” sur ma condition de parent d’enfant handicapé.

Qu’avez-vous appris en l’écrivant ?
J’ai appris à devenir proche de ceux que je décris, des personnages du Nouveau Testament, des contemporains de Jésus de Nazareth. J’ai bien aimé “rencontrer” saint Paul qui, avec son tempérament très fougueux, a su réaliser combien la faiblesse et la fragilité pouvaient sauver le monde. J’ai bien aimé lui faire comprendre, à travers le contact physique avec Joseph, combien ce jeune garçon handicapé avait de ressources méconnues, des ressources pouvant amener quelqu’un à comprendre la réalité du cœur des tout-petits. On peut dire que c’est le fruit de mon imagination, je préfère dire que c’est une inspiration.

Ce livre est-il un témoignage pour vous ?
Je ne suis pas une femme mais un homme. Je n’ai pas de fils handicapé, mais une fille. Je n’ai pas vécu au premier siècle, mais dans le temps présent. J’ai voulu comprendre comment les paroles de Jésus dans l’Evangile, ou celles de Paul, pouvaient réconforter ceux qui se trouvent dans des situations comme la mienne. Ce travail d’écriture m’a renforcé dans mes convictions que Dieu est proche des plus petits, qu’il a un amour de prédilection pour eux. Je veux dire à tous ceux qui liront ce livre que la situation de parent d’un enfant handicapé est certes douloureuse mais que l’amitié vécue avec d’autres, au sein d’une communauté Foi et Lumière, peut-être source d’un grand réconfort.

Moi, Marie, femme de Cléophas, par Ghislain du Chêne, éditions Fidélité, 2016, 184 pages.

 

Nous découvrons avec stupeur et horreur les révélations d’abus spirituel et sexuel commis par Jean Vanier entre 1970 et 2005. (cf. conférence de presse de l’Arche du 22/02/2020). Nous partageons la douleur des victimes et de leur famille. Cet article/reportage ci-dessus est une archive et ne fait donc pas état des accusations.