Dimanche 22 mai, le Jour du Seigneur vous invite à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis pour fêter la solennité de la Trinité et le baptême de deux adolescentes. Elles seront baptisées « au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». Ces mêmes mots que les chrétiens vont dire et redire très souvent dans leur existence en se souvenant qu’ils sont chrétiens. Ces mots que les chrétiens répètent souvent pour dire leur foi au Christ et leur reconnaissance du mystère de la Trinité.

Dans un livre appelé « Catholix reloaded : essai sur la vérité du christianisme » (1), l’auteur, Frédéric Guillaud, se coltine bon nombre de questions sur la foi avec lesquelles même les chrétiens ont parfois du mal. Il aborde notamment cette fausse croyance : « Croire en la Trinité, c’est du polythéisme ! » Et il admire « que la grammaire se soit exceptionnellement soumise à la théologie » car « quand un chrétien fait son signe de croix, il dit : ‘Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.’ Mais, chose étrange, dans cette formule, le mot nom est écrit au singulier. C’est bien là le cœur du mystère chrétien : il y a trois personnes, mais il n’y a qu’un seul Dieu. Un pluriel dans un singulier. »

Dans l’histoire de l’Eglise, célébrer liturgiquement la Trinité était une façon de réagir à ceux qui contestaient la divinité du Christ ou celle de l’Esprit Saint. Baptiser « au nom du Père, du fils et du Saint esprit », c’est se mettre pleinement sous l’autorité de Dieu. C’est dire que Dieu lui-même nous choisit. Il veut nous aimer, comme le Père aime ; nous mettre à l’école du Christ, en tant que disciples ; et nous mettre en mouvement vers le bien, par la force de son Esprit. Le baptême au nom de Dieu – Père, Fils et Saint Esprit – rappelle que lui seul peut mettre en nous toute sa « capacité » de vie, d’amour et d’écoute… Quelle fécondité quand nous laissons Dieu nous prendre en sa main !

Être baptisés au nom de Dieu, signifie littéralement : « dans le nom ». Ainsi nous entrons dans la qualité de Dieu, nous faisons partie de la famille. Le nom de famille de Dieu – Père, Fils et Saint Esprit – est valable pour nous. A nous de grandir joyeusement et dignement avec ce nom ! « Vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu », dit Saint Paul (1 Corinthiens 3, 23). Voilà notre identité qui jaillit de cette solidarité !

Au fond, la Trinité est une histoire d’amour, car, comme le disait saint Augustin : « Quand il y a de l’amour, il y a une trinité : quelqu’un qui aime, quelqu’un qui est aimé, et la source de l’amour ». La Trinité fait contraste avec les violences que nous connaissons dans nos relations, dans notre monde et dans notre propre pays. Ces conflits sont en décalage avec l’amour parfait de la Trinité.

Qu’il y ait une pluralité aussi parfaite en Dieu, que son autorité sur notre vie soit si stimulante et que l’unité de la Trinité nous aide à trouver notre identité, voilà trois constats qui nous obligent à nous dire : quel modèle voulons-nous pour la pluralité de notre humanité et de notre société ?

 

Frère Philippe Jaillot, o.p.

 

(1) Frédéric Guillaud, « Catholix reloaded, Essai sur la vérité du christianisme », Cerf 2015.