Le Synode des jeunes touche à sa fin. Malgré de nombreux échanges, peu de propositions concrètes ont émergé, notamment pour lutter contre les addictions. Rencontre avec Jean Hannecart, un étudiant qui fait de la prévention contre la drogue et la pornographie. Il nous explique son combat et ce qu’il attend de ce Synode, avant de s’y rendre pour la clôture, le 28 octobre.

“Qui es-tu pour priver le monde de ce que tu as de meilleur ?”, c’est cette phrase clef, prononcée par un intervenant dans sa classe de terminale, qui a conduit Jean Hannecart vers la voie de l’engagement.

Une indignation personnelle : le cannabis 

Jean Hannecart a d’abord combattu les addictions au sein de son propre environnement. Alors qu’il n’était qu’au lycée, un de ses amis dont il était très proche tombe dans la consommation de cannabis. Très bon élève, il change peu à peu jusqu’à devenir “méconnaissable”, selon Jean. Révolté par cette expérience, le jeune-homme décide donc de donner plus d’énergie à son combat. “La jeunesse a beaucoup à apporter à la société française donc je ne peux pas tolérer qu’on gaspille autant de talents”, confie-t-il au micro du Jour du Seigneur.

Contre les nouvelles addictions à l’ère du numérique 

En grandissant, Jean Hannecart se tourne peu à peu vers d’autres engagements. En parallèle d’un diplôme en addictologie, il s’intéresse aux nouvelles addictions propres au monde digital, notamment à la pornographie. L’étudiant organise dorénavant des séances de prévention sur la pornographie dans des écoles, collèges et paroisses.

“Je ne veux surtout pas être moralisateur” explique-t-il. Le but : créer un dialogue avec les participants pour qu’ils se sentent suffisamment en confiance. Et pour cela, Jean Hannecart leur montre qu’il est “aussi faible qu’eux”, en témoignant d’abord de ses expériences personnelles et de celles qu’il observe quotidiennement dans son entourage.

Le Synode des jeunes : quid des addictions ? 

Cet étudiant en école de commerce attend surtout de ce Synode “un vent d’espoir et d’espérance pour les jeunes”. Il se réjouit aussi de l’aspect participatif du Synode 2018, un rendez-vous sur lequel ont été consultés trois-cent jeunes du monde entier dès le mois de mars dernier. Réunis à Rome, ils ont rédigé l’Instrumentum Laboris, un document de travail sur lequel planchent désormais les Pères Synodaux.

Sur le terrain des addictions, le jeune homme attend beaucoup de l’institution catholique. “L’Église est experte en humanité, y compris en pauvreté”, lance-t-il avant d’ajouter que les associations catholiques ont également un savoir-faire important sur les questions de toxicomanie.

À Rome, la question numérique a été beaucoup évoquée par les Pères Synodaux comme étant un enjeu d’envergure. Pourtant, peu de propositions concrètes pour lutter contre les additions ont vu jour dans les assemblées. Jaime Spengler, l’archevêque de Porto Allegre, a dit regretter à la mi-octobre le manque d’engagement sur la toxicomanie, un problème qu’il considère comme “le fléau” du Brésil, selon RCF.

La pornographie a aussi été abordée dans les rapports des cercles mineurs, selon Vatican News qui écrit le 20 octobre dernier : “Une attention particulière doit être portée sur le monde numérique, à la fois pour ses aspects positifs dans le domaine de l’évangélisation et pour ses aspects négatifs, tels que la pornographie et la cyberintimidation, en réponse à l’élaboration de protocoles adéquats pour la promotion d’une «citoyenneté numérique» responsable.” Des recommandations assez abstraites qui ne laissent pas transparaître de solutions concrètes.

Selon une enquête réalisée en juin dernier pour le Fonds Actions Additions, la Fondation Gabriel-Péri et la Fondation pour l’innovation politique, un jeune sur cinq (de 14 à 17 ans), regarde de la pornographie au moins une fois par semaine.