Le jour du seigneur

Homélie de la célébration œcuménique du 19 janvier 2020 à Bordeaux

Ce qui vient d’être lu, nous unit autour de la personne de Jésus-Christ  et c’est pourquoi, ce passage de la bible nous rassemble, ce matin. Jésus emploie des exemples imagés que l’on peut certainement qualifier de « terre à terre » pour nous faire comprendre les grandes réalités spirituelles de Dieu. Cette illustration nous dit que Jésus désire nous amener à réaliser le sens profond de la relation qu’il veut avoir avec nous.

Les évènements qui suivront la vie de Jésus, sont, tous ce qui entoure la crucifixion, ce qui donne un relief particulier à ce passage.  L’approche de la mort de Jésus nous ouvre en réalité les portes de la vie qu’il nous donne en abondance par sa résurrection ! L’image de la vigne nous interroge à bien des égards : Jésus déclare être le vrai cep et Dieu le vigneron. Ces 2 axes principaux nous conduisent sur le chemin de la foi qui nous mène à Dieu à travers la relation intime avec Christ. Avant nous pouvons lire dans le même évangile de Jean au ch 14 v 6 cette autre déclaration de Jésus « JE suis le chemin la vérité et la vie et nul ne vient au père que par moi. »

Quand Jésus dit « Je suis le vrai cep » , IL reprend le même type de déclaration que : « je suis la vérité » Le sarment n’est pas auto-suffisant, il ne donne pas la vie, mais il la puise dans le cep et la communique pour produire le fruit. Cette vérité incontournable nous amène à nous interroger :

A qui ou à quoi somme-nous attachés aujourd’hui ? Ce qui émane maintenant, de notre vie, et dans notre façon d’être, dans le rapport à l’autre, c’est certainement, la réponse à cette question … Les différentes étapes de la vie d’une vigne ne se ressemblent pas parce qu’il y a des cycles de croissance. Tous ce processus est rendu possible par la communication de la vie du cep vers le sarment, ce n’est pas le cep qui produit le fruit mais bien le sarment. La vigne reste la vigne quelques soient ses étapes tant que le sarment reste soudé au cep.

Il y a :
– Un temps où la vigne offre, peut-être pour certains, une vue peu attrayante
– Puis, le temps où elle change de couleur avec l’apparition progressive de son feuillage,
– Ensuite, le temps où apparait une autre couleur, celle du fruit
– Et enfin le temps de la jouissance de ce même fruit, que nous découvrirons plus loin.
– Dans ce processus de vie, auquel de ces 4 temps, pouvons-nous nous identifier aujourd’hui ?
– Quelle est notre couleur du moment ?
– Quelle est notre étape du moment ?

Cette image de la vigne et son processus de vie, nous aide à comprendre que nous ne pouvons pas en permanence produire du fruit. Jésus nous appelle à vivre le moment présent pour en apprécier sa valeur quelles qu’en soient les étapes.

Le travail du vigneron : C’est le temps de la vigne peu attrayante qui permet au vigneron de l’émondé. C’est un travail minutieux, car la qualité de la vigne à venir, dépend de la précision de coupe des sarments.

Dieu, le divin vigneron,  désire travailler en chacune de nos vies pour couper de qui ferait obstacle à la production de nos fruits en tant que chrétiens. Il nous appartient, donc,  alors de nous interroger  :
– Sommes-nous assez confiants pour reconnaitre humblement ce qui  fait obstacle à l’écoulement de la vie de Christ en nous ?
– Pouvons-nous dire comme l’apôtre Paul ? « Ce n’est plus moi qui vis mais Christ qui vit en moi ! »

Nos vies toutes entières sont comme un vignoble, dans lequel le divin vigneron aime sa vigne et en prend soin à chaque stade et sans brûler les étapes.

L’amour de Dieu pour nous, inclut nos propres défaillances.  C’est pourquoi Il désire prendre soin de nous. Si cette vérité dépasse notre intelligence et notre entendement, alors prenons en simplement acte,  pour l’accepter.

Si l’émondage est vécu comme une forme de souffrance, souvenons-nous que Dieu n’est pas notre accusateur mais bien l’artisan de nos vies. Il a pour seul finalité l’optimisation du passage de la sève qui produira en son temps les bons fruits.
C’est un vigneron qui à chaque saison taille et réduit sa vigne pour la faire grandir  Et quels sont Les fruits que nous produirons  : La bible en parle dans GALATES 5 : 22 L’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maitrise de soi. Ces fruits ont pour finalités l’expression de la beauté et de la saveur du caractère de Jésus-Christ en nous.

Il n’y a rien d’utopique puisque Jésus dit au V5 que tant que nous demeurons en lui et lui en nous nous porterons beaucoup de fruits, car sans lui ne pouvons rien faire. Ces fruits là, tour à tour, produisent une vie personnelle épanouie et apaisée avec nous même pour que notre relation à notre prochain soit tout autant épanouie et apaisée. Quand il parle de l’importance de rester attaché à lui, puisqu’il est le vrai cep, c’est parce qu’il désire que sa vie puisse couler abondement en nous et sans obstacle. Cette générosité de vie, que Jésus nous propose, n’est pas seulement  pour nous même mais elle est pour être partagé et vécue avec notre  prochain, et donc notre pays aurait grandement besoin aujourd’hui !

Si, Jésus nous parle ainsi quelques temps avant d’être arrêté et crucifié à cause de nos péchés c’est pour nous faire comprendre que le pouvoir de sa mort et de sa résurrection nous libère d’une forme de vie passé qui souvent, est regrettée.

Ainsi les fruits amers d’une vie sans Christ ne sont plus…
– et L’amour remplace la haine,
– la joie remplace la tristesse,
– la paix, remplace l’angoisse et la violence
– la patience, remplace  le stress, et l’inconstance
– la bonté, remplace l’ignorance et la médisance
– la bienveillance, remplace l’agressivité et la désobligeance
– la foi, remplace le défaitisme et le découragement,
– la douceur,  remplace l’aigreur et l’amertume
– la maitrise de soi, remplace l’emportement et l’indécision

Il est très difficile pour nous, d’opérer durablement ces changements par nous-même et Jésus le sait bien, puisqu’il nous dit « Sans moi vous ne pouvez rien faire ». C’est justement, cela qui nous permet d’envisager un nouveau départ avec Jésus comme la référence essentielle de nos vies. C’est cet attachement à Jésus, le vrai cep, qui nous rend meilleur de jour en jour, lui en nous et non pas nous même avec nos propres forces.

Jésus nous laisse le temps, il ne nous brusque pas, il nous accompagne avec amour, tendresse et patience, A Jésus l’agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde, soit toute la gloire et la puissance aux siècles des siècles, car il est aussi le Dieu tout puissant  AMEN !

Références bibliques : Is 5, 1-7 ; Ps 1 ; Ga 5, 16-22 ; Jn 15, 1-5

Texte de l'Homélie

Prédicateur : Pasteur Paul Brandao

Paroisse : Eglise évangélique La moisson des blés

Ville : Bordeaux

Temps : Temps Ordinaire

Jour : 2ème dimanche

Année : A

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