Le Jour du seigneur

Le Jour du seigneur

Homélie de la messe de Pentecôte célébrée en Irlande

Que célébrons-nous aujourd’hui ? Nous commémorons en fait la première Pentecôte, le moment où l’Esprit Saint descendit du ciel sur les Apôtres sous la forme d’un vent violent accompagné de langues de feu et leur confia ce que nous appelons le don des langues, de telle sorte que chacun, à Jérusalem, comprenait ce qu’ils disaient, car ils les entendaient chacun dans sa propre langue.

Mais aujourd’hui, c’est plus que cela, c’est le rappel que nous avons tous le don de pouvoir communiquer avec les autres grâce au langage de l’amour et de l’accueil que Dieu nous a donné en nous appelant à être ses fils et ses filles. Non seulement il nous a donné la possibilité de le faire, mais il nous a ordonné de le faire. Que de fois n’avons-nous pas rencontré des situations où la parole est déficiente et où un geste comme une bonne poignée de main dit tout ?

La description de Jésus, celle que nous avons entendue dans les Actes, pourrait bien s’appliquer à l’Europe d’aujourd’hui. Elle est peuplée d’hommes et de femmes d’une multitude de nations allant de la Pologne – en passant par la Lettonie et la Lituanie – à l’Irlande et la Grande-Bretagne, souvent nommées « les iles du Nord », parlant chacune leur propre langue, s’étendant des frontières orientales de la Russie à la côte occidentale de l’Irlande. Nous devons nous demander – et c’est une question posée à chacun de nous – comment nous nous adressons les uns aux autres en vérité et comment nous nous comprenons mutuellement.

Nous n’avons pas reçu l’Esprit Saint pour rien ; dire que l’Esprit de Dieu est descendu sur chacun de nous à notre baptême n’est pas pure rhétorique. C’est une réalité et cet Esprit nous donne la possibilité de nous aimer les uns les autres. Nous savons tous que cela peut être difficile. Nous ressentons tous avec surprise la nouveauté d’autres nationalités et cela peut être si étranger à notre propre expérience, dans notre propre pays, que nous ne trouvons pas cela seulement différend, mais difficile. Ainsi utilisons-nous le mot « étranger », c’est-à-dire que lui ou elle, n’est pas l’un d’entre nous. Ils sont différents, ils ne parlent même pas notre langue. Mais il n’est pas une seule ville de notre pays qui n’ait une bonne partie de sa population venant du plus loin de l’Europe, de pays qui n’étaient pour nous que des noms, mais qui sont désormais devenus réalité dans ce grand mouvement de peuples qui a suivi l’extension de l’Union Européenne.

L’amour est la langue universelle. Je peux ne pas parler polonais ou lituanien, ou toute autre langue que la mienne, mais j’ai reçu le Saint-Esprit et je puis ainsi communiquer au-delà des limites de la langue. Jésus disait : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements et voici mon commandement : aimez-vous les uns les autres ». Ce commandement est simple, mais parfois difficile. Cependant, il est en notre pouvoir parce que nous avons le Saint-Esprit. Nous ne pouvons pas faire cela de nous-mêmes, nous ne pouvons pas le faire seul ; l’étranger demeure l’étranger à craindre ou peut-être à éviter et tenir éloigné. Mais nous avons la possibilité, par la présence du Saint-Esprit en nos cœurs, de nous élargir les uns aux autres, de tendre la main de l’accueil et de l’amitié et même de dire : « Je t’aime ». Tel est le don de Pentecôte.

Références bibliques : Textes du jour

Référence des chants :

Texte de l'Homélie

Prédicateur : Kinsella OCSO Nivard

Paroisse : Abbaye cistercienne Mount Saint Joseph

Ville : Roscrea (Irlande)

Temps : Temps Pascal

Jour : Pentecôte

Année : C