Le Vendredi saint, 10 avril 2020 

Le Vendredi saint, les chrétiens commémorent l’arrestation, le procès et la mort de Jésus sur la Croix. Ce jour-là, les chrétiens se recueillent sur condamnation à mort de Jésus innocent par le procurateur romain Pilate. Et  sur son exécution selon les règles romaines : flagellation et crucifixion. L’office du Vendredi saint comporte le récit de la Passion du christ et la vénération de la Croix. Le chemin de Croix qui est proposé n’est pas un office liturgique mais un exercice de piété.

Introduction

Les quatre évangiles racontent dans le détail la fin tragique de la vie de Jésus. Quand Jésus était-il mort ? Selon les spécialistes, sa mort aurait eu lieu un vendredi, veille du sabbat (Mc15,42) et (Jn19,31). Pour les Juifs, le sabbat est ce repos rituel obligatoire prescrit par la Loi de Moïse. Soucieux du maintien de l’ordre à Jérusalem, les soldats romains redoutent les émeutes populaires. Pour eux, mieux valait organiser une exécution capitale la veille de la plus grande fête de l’année, la Pâque juive.

Deux dates sont retenues soit le vendredi 7 avril de l’année 30, selon l’Evangéliste Jean ou le vendredi 27 de l’année 31 selon les autres Evangélistes.

Les origines et l’histoire

Trahi par son disciple Judas Iscariote, Jésus est arrêté par la police du Temple par décision ultime des grands prêtres. Il est accusé de semer le désordre par ses enseignements et surtout d’usurper le titre de Messie, c’est-à-dire de Fils de Dieu envoyé pour sauver les hommes. Les autorités juives font subir à Jésus un premier interrogatoire qui établit qu’il refuse de reconnaitre l’autorité du grand prêtre sur des questions d’enseignement et sur la Torah.  Le grand prêtre Caïphe, lui demanda « Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? » Jésus dit : « Je le suis ». (Mc 14, 55-64). Déchirant ses habits, Caïphe l’accuse d’avoir blasphémé. Le Conseil suprême, le Sanhédrin qui siégeait à Jérusalem, considère alors Jésus comme passible de la peine de mort. Mais la peine capitale n’était pas, à cette époque, du ressort des autorités religieuses. Les autorités romaines devaient être impliquées. Après l’interrogatoire Juif, il y a eu donc le procès romain. Car seul le gouverneur romain Ponce Pilate, était apte à prononcer un arrêt de mort et à le faire exécuter. Pilate, gouverneur de Judée (26 à 36 apr.JC), est responsable d’une armée romaine dont une partie est basée à la Jérusalem à la forteresse Antonia. Condamné, Jésus est flagellé par ses soldats. Chargé de la croix il gravit la colline du Golgotha et tombe plusieurs fois d’épuisement. Au milieu des insultes des soldats et de la foule, Jésus est conduit à la porte de la ville de Jérusalem jusqu’à un éperon rocheux d’une dizaine de mètre de haut, le Golgotha. C’est là que de midi à trois heures, le vendredi, après avoir été crucifié, il agonise.

La crucifixion était le supplice réservé aux condamnés des classes les plus basses, ceux qui n’étaient pas citoyens romains, les criminels, les insurgés, les esclaves. On en comptait des milliers dans l’empire romain. Sur le trajet jusqu’au lieu de l’exécution, le condamné était flagellé, il devait porter la traverse (le patibulum) sous les quolibets de la foule. La partie verticale, un pieu de 3 à 4 mètres, était dressée en permanence sur le lieu du supplice, toujours situé en dehors de la ville. Jésus sort des murailles de la  ville Jérusalem. Les soldats le crucifient et partagent ensuite ses vêtements en tirant au sort. Ils placent au-dessus de sa tête un écriteau avec une inscription rédigée par Pilate : « Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs » (Jn19,19-20). Du haut de sa croix Jésus formule sa dernière volonté. Comme l’autorisait le droit juif, il place sa mère sous la protection de Jean, « le disciple bien aimé ».

La règle romaine était que les crucifiés, une fois morts, demeurent sur le gibet. Des notables juifs, Joseph d’Arimathie et Nicodème qui avaient reconnu en Jésus le Messie, prennent en charge son ensevelissement. Ils lui évitent la fosse commune ou la malédiction d’être livré comme une charogne aux bêtes sauvages. Ils prennent des risques en demandant à Pilate la permission que le corps de Jésus soit enseveli. Et ceci, comme le prescrivait la loi juive, avant le coucher du soleil. Pilate donne son accord. Enveloppé dans un linceul, son corps fut déposé dans une tombe à proximité du supplice. Une pierre fut roulée à l’entrée pour empêcher les fauves d’y pénétrer.

Signification et sens

Dès les premiers textes du Nouveau Testament, la mort de Jésus sur la Croix ne fut pas considérée comme un déshonneur mais le signe de sa Passion qui conduit à sa Résurrection. L’adoration de la Croix est née à Jérusalem où le rite se déroulait sur le Golgotha lui-même. Au VIè sicle, il a été adopté à Rome Le pape commençait l’office du vendredi saint par une procession d’une relique de la vraie Croix.

Depuis la paix de Constantin en 313, des foules de chrétiens ont voulu, chaque année, se trouver notamment à Jérusalem durant la semaine de la passion du Christ. Les pèlerins refont le chemin que Jésus a  parcouru durant les jours et les heures qui ont précédé sa mort. Au XIV è siècle, les franciscains ont organisé l’itinéraire de Jésus dans Jérusalem, allant du tribunal de Pilate, en bas de la ville, jusqu’au Golgotha. C’est la Via dolorosa. Ils ont eu l’idée d’adapter cette forme de méditation sur la Passion du Christ, son chemin de Croix, à travers quatorze méditations ou stations. Dans le monde, dans chaque église se trouve un ensemble de quatorze tableaux qui est appelé « chemin de croix ». Chaque année, le Vendredi saint, en s’arrêtant devant chacune des stations, les chrétiens se remémorent  des derniers moments de la vie de Jésus.

 

François LE ROUX