La fête de la Sainte Trinité, le dimanche 7 juin 2020

Après la Pentecôte, l’Église fête la sainte trinité. Encore un mystère au cœur de la foi chrétienne. Rendez-vous dimanche après la Pentecôte

Le dimanche qui suit la Pentecôte, on fête la Trinité. Presque à la fin du cycle de Pâques, c’est comme si l’Église avait gardé le meilleur pour la fin. Cette fête tardive dans le temporal célèbre le mystère de l’unité du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ce mystère est la source et la fin de toute la vie chrétienne. Il ne cesse d’être rappelé quand le chrétien se signe au nom du père, du fils et du Saint Esprit. En effet le mystère d’un seul Dieu en trois personnes est la source de toute unité et de toute communion dans le christianisme.

La fête de la sainte Trinité fut fixée lors du concile d’Arles en 1260 au jour de l’octave de la Pentecôte.

La foi chrétienne professe en effet un seul Dieu en trois personnes distinctes. « Dieu n’est pas solitude, mais communauté parfaite » rappellait Benoît XVI en mai 2005. Que Dieu soit Trinité, c’est Jésus lui-même qui nous l’apprend. Lui, le Fils parle de son Père dans le ciel. Il le prie et nous offre l’Esprit-Saint qui leur amour commun. Le but de la vie chrétienne est d’entrer dans cette circulation d’amour. Fêtée une fois par an, la trinité imprègne la vie chrétienne. La prière eucharistique durant la messe se conclut par une formule trinitaire, qui donne le sens de tout le mystère chrétien : « Par lui (le Christ), avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles ».

Le mot Trinité permet d’énoncer le mystère d’un Dieu unique en trois personnes. Selon les trois monothéismes, Dieu ne saurait être qu’unique car la diversité est un signe d’infirmité et d’insuffisance. Plusieurs Dieu ne peuvent être qu’antagonistes comme le montrent les mythologies grecque et romaines. Héritier du monothéisme d’Israël, le christianisme considère qu’un Dieu unique n’est pourtant pas solitaire.  Dieu vit d’abord en lui-même l’amour qu’il répand sur ses créatures. Le mystère de Dieu est un mystère d’amour mutuel, d’engendrement. A l’origine de tout, Dieu, c’est à la fois un Père plein de tendresse, un Fils unique chéri et un Esprit d’Amour qui est leur souffle réciproque.

Un Père

L’Ancien Testament que juifs et chrétiens vénèrent ensemble révèle déjà la paternité divine. « J’avais appris à marcher à Ephraïm, je le prenais par les bras, je le menais avec des attaches humaines, avec des liens d’amour ; j’étais pour lui comme celui qui soulève un nourrisson tout contre sa joue, je m’inclinais vers lui et le faisais manger. » Osée 11 3,4

Un Fils

Son Fils unique est venu révélé ce père plein de tendresse dont l’amour éternel emplit le Nouveau Testament. Dès la visite de l’Archange Gabriel à Marie, la future mère du Messie, dévoile ce mystère d’un seul Dieu en trois personnes. La conception virginale d’un Fils du Très Haut est l’œuvre d’une troisième personne, l’Esprit d’amour. Voilà déjà la Trinité présentée dans l’Annonciation.

Et un Esprit d’Amour

On retrouve le trio lors du baptême de Jésus. « Remontant de l’eau, Jésus vit les cieux se déchirer et l’Esprit comme une colombe descendre vers lui, et une voix vint des cieux : Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur. » Mc, 1-10-11

La fête de la Trinité commémore un mystère central dans la foi chrétienne qui a laissé des traces dans la toponymie. De la Trinité sur Mer dans le Morbihan aux communes de la Trinité en Martinique ou dans les Alpes Maritimes le mystère chrétien nous vaut aussi un arrêt sur la ligne 12 du métro parisien à la station Trinité d’Estienne d’Orves….Symbolisée dans le triangle isocèle que l’on trouve au sommet des retables baroques avec trois angles et trois cotés égaux qui ne constituent qu’une seule surface, la Trinité est aussi un des grands motifs de l’iconographie chrétienne.

 

Magali Michel