La fête de la Sainte Famille, Dimanche 12 janvier 2020

La fête de la Sainte Famille est célébrée lors d’une messe le dimanche qui suit la fête de Noël, fête de la nativité. L’Église catholique se fonde sur la vie de Jésus et de ses parents, Marie et Joseph, en les proposant en modèles aux familles chrétiennes, qui en invoquent l’assistance.

Au temps des premiers chrétiens, la famille désignait, outre les deux parents et leurs enfants, les cousins, oncles et tantes et même les serviteurs qui vivaient sous le même toit. C’est pourquoi cette fête ne s’est étendue à l’Église universelle qu’en 1921, à la suite d’un culte rendu à saint Joseph au XVe siècle. Rome propose alors de nouveaux textes pour la célébrer. En 1969, après le Concile, elle est rattachée à la fête de Noël. A partir de la vénération envers les saints parents du Christ, les chrétiens considèrent aux XVIe et XVIIe siècles la fonction sociale des familles et prennent conscience que la famille peut être un chemin de sainteté.

Une affirmation de la réalité de l’incarnation du Fils de Dieu

La Bible fait plusieurs références à la Sainte Famille. Les évangiles se réfèrent à la fuite en Egypte, à la Présentation au Temple, et au recouvrement par Marie et Joseph de Jésus dans le Temple.

Avant la naissance de Jésus, Marie et Joseph vivent à leur arrivée à Bethléem, la naissance de Jésus, le fils de Dieu, dans une étable, dans des conditions de grande pauvreté.

A la suite d’un avertissement donné par un ange en songe à Joseph, la Sainte Famille vit un départ précipité, en pleine nuit : « Lève-toi, prends l’Enfant et sa Mère, fuis en Egypte et restes-y jusqu’à ce que je te le dise….  » (St Matthieu 2, 13), départ rendu nécessaire à cause de la jalousie féroce d’Hérode. Joseph obéit sans délai : « Se levant, il prit de nuit l’enfant et sa mère et se retira en Égypte » (St Matthieu 2, 14). Dans cette fuite en Égype, Marie et Joseph restant toujours confiants envers Dieu.

Après un retour à Nazareth, la Bible évoque un pèlerinage à Jérusalem lorsque Jésus à 12 ans : Alors que ses parents ont pris la route, Jésus reste au Temple et parle avec les Docteurs de la Loi (St Luc 2, 41-50). Ce n’est que le premier soir que Marie et Joseph s’aperçoivent de son absence. Après trois jours d’inquiétude, ils le retrouvent pour l’entendre dire : « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père ? » Mais ils ne comprennent pas la parole qu’il venait de leur dire (St Luc 2, 49). Ensuite, jusqu’à ses 30 ans, Jésus, le Fils de Dieu, vit simplement à Nazareth, et apprend le métier de charpentier aux côtés de son père sur la terre, Saint Joseph.

L’Évangile de la Présentation au Temple signifie qu’en offrant l’Enfant Jésus à Dieu dans le Temple, Marie et Joseph accomplissent sur la terre le Mystère qui se déploie au ciel, en Dieu. La vie éternelle donnée par le fils au Père, et reçue par le Père.

La vocation des familles à la sainteté

En prenant une nature humaine, le Fils de Dieu veut dès l’enfance, vivre et grandir dans le cadre d’une famille et en recevoir l’éducation. Il a ainsi sanctifié la vie de famille et consacré la pratique des vertus familiales.

La fête de la Sainte Famille, avant d’être une célébration de la famille elle-même, est un exemple du chemin vers la Sainteté.

Tous ces épisodes de la vie de la Sainte Famille, montrent que la paix de Dieu ne consiste pas à être dispensés des soucis de la vie quotidienne, mais à les supporter avec patience, sans perdre ni la confiance ni l’espérance. Jésus a prévenu : « Celui qui veut venir à ma suite, qu’il se renonce, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (St Marc 8, 34).

La dévotion à la Sainte Famille est pour toutes les familles de la terre un chemin proposé par l’Eglise vers sainteté qui est, pour les chrétiens, la vocation de chacun. Saint Jean-Paul II, puis le Pape Benoit XVI l’a redit au VIème congrès des familles de Valence (Espagne) en 2006.

Chacun peut puiser dans cet exemple les forces et les grâces dont il a besoin. L’existence de Joseph et Marie permet d’éclairer les rôles respectifs du Père et de la Mère proposés par l’Eglise : le père, comme l’a été Saint Joseph, est chargé d’assurer la protection, la sécurité, son rôle est plus orienté sur la vie extérieure. La mère, à l’image de Marie qui « gardait fidèlement toutes ces choses dans son cœur….  » (St Luc 2, 51) est la gardienne du foyer, plus portée vers la vie intérieure. Quant à l’Enfant Jésus : « Il leur était soumis… il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.  » (St Luc 2, 51-52).

Les fidèles prient Notre Dame de Nazareth, pour qu’elle soutienne les Mamans dans les tâches du quotidien et prient Saint Joseph, chef de la Sainte Famille, pour qu’il protège leurs familles dans les difficultés quotidiennes.

Sur le plan spirituel, cette famille ouvre le lien biologique à sa vraie vocation : former une communauté d’amour où chacun fait exister l’autre. A l’image de la Sainte Trinité.

La famille de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus est un exemple plus récent qui peut inspirer les familles. Ses parents, Zélie et Joseph Martin ont été canonisés ensemble pour avoir vécu la sainteté en couple et en famille au XIXème siècle. Les parents de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, n’ont élevé leurs filles que « pour le ciel ». La vie chez les Martin était régie par les liens d’affection et de parfaite union d’âme des époux. Plusieurs pèlerinages sont chaque année organisés par les Diocèses en dévotion à la Sainte Famille. Des communauté chrétiennes au sein des paroisses organisent des groupes de prières et d‘accompagnement des familles et des couples, comme le parcours Alpha, pour prier ensemble et être guidés dans leur cheminement familial vers la sainteté.

Textes en lien avec la fête de la Sainte Famille

Il leur était soumis (Lc 2, 51).

Le Seigneur Jésus a lui-même rappelé la force de ce ” commandement de Dieu ” (Mc 7, 8-13). L’Apôtre enseigne : ” Enfants, obéissez à vos parents, dans le Seigneur : cela est juste. ‘Honore ton père et ta mère’, tel est le premier commandement auquel soit attaché une promesse : ‘pour que tu t’en trouves bien et jouisses d’une longue vie sur la terre’ ” (Ep 6, 1-3 ; cf. Dt 5, 16).-Catéchisme de l’Eglise catholique

Saint Paul recommande aux familles d’être « joyeux dans l’espérance, constants dans la tribulation, persévérants dans la prière… » (Romains 12, 12).

 

Domitille BLANC TAVERNIER