La fête de la Résurrection (Pâques), 12 avril 2020

Le dimanche de Pâques, les chrétiens fête la Résurrection du Christ comme point d’orgue de la semaine Sainte. Fête mobile sur le calendrier, elle a lieu le dimanche qui suit la pleine lune de l’équinoxe de printemps du 21 mars. Au cours des années à venir, elle variera entre deux extrêmes : 23 mars et 25 avril.

La Résurrection de Jésus est le fondement de la foi chrétienne. Ce n’est pas un événement comme un autre dans la vie de Jésus, comme son baptême, ses miracles et guérisons, ses enseignements. Personne n’a vu s’opérer la Résurrection elle-même. Loin d’être une réanimation, un retour à la vie présente comme pour Lazare (Jn 11,1-44)), la Résurrection de Jésus marque, pour les chrétiens, une rupture, l’entrée dans la vie éternelle. Lorsque Jésus meurt à Jérusalem en l’an 30 ou 31 pendant la fête juive de la Pâques, il y a une foule de curieux, amis ou ennemis, Juifs ou Romains  qui le voit mourir sur la croix. Un soldat lui transperce même le coeur avec une lance. Aucun doute, il est mort. C’est dans l’atmosphère de la Pâque juive que Jésus a célébré la Cène, a subi sa Passion, est mort et ressuscité.

Les origines et l’histoire de la fête de la Résurrection

A-t-on les preuves de la Résurrection ? Il n’y a pas de photo, pas d’expérience scientifique pour prouver ce que les Apôtres ont vu. Il y a leur parole, leur certitude et toute leur vie qui a été transformée par leur rencontre avec Jésus ressuscité. Ces témoignages ont été conservés et ont été mis par écrit. D’abord les proches de Jésus n’en croient pas leurs yeux. Comment celui qu’ils ont vu mort peut-il être là vivant au milieu d’eux ? Est-ce un rêve, une illusion, un fantôme ? Comme le racontent les évangiles, après sa mort, Jésus apparait à ses disciples. Il mange avec eux, dit des paroles et fait des gestes qu’ils reconnaissent. Il est bien le même Jésus qu’ils ont connu, qu’ils ont aimé, celui qui est mort sur la droit et dont les mains portent encore les traces des clous. Les récits évangéliques montrent comment leurs yeux et leurs coeurs s’ouvrent à cette réalité qu’il est vraiment vivant. Dieu l’a ressuscité. Tous les témoins l’affirment avec force : ils ont vu Jésus avec leurs yeux d’hommes et de femmes, pas avec leur imagination. La première trace historique, c’est le changement d’attitude des disciples : de la désillusion à l’enthousiasme, de l’abattement à l’annonce audacieuse de la Résurrection, y compris devant les autorités juives qui ont entamé la procédure menant Jésus à sa mort, la modification d’état d’esprit des disciples attestent qu’ils font l’expérience en eux et entre eux de l’expérience de la Résurrection.

Dans la manière de célébrer Pâques,

Les trois grands objets ou être symboliques de Pâques sont l’oeuf, le poisson et l’agneau.

L’oeuf, c’est de tout temps la perpétuation de la vie et la résurrection. Les premiers chrétiens comparèrent l’oeuf au tombeau d’où sortit le Christ.

Le poisson est à la fois la nourriture et l’eau purificatrice. En grec, « Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur » s’écrivait « Iesous Christos Theou Uios Sauter » dont les premières lettres IKHTUS qui signifie « poisson ». Et le schéma stylisé du poisson devint la vignette secrète des chrétiens persécutés.

L’agneau est depuis toujours lié au printemps, au renouveau de la nature et de l’Esprit, et à la pureté.

La signification et le sens de la fête de la Résurrection

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Les disciples de Jésus seraient rentrés chez eux avec pour tout bagage, leurs larmes et leurs tristesses. Mais voilà que le troisième jour après la mort de Jésus, ses amis, les Apôtres et Marie, sa mère, tous ensemble font éclater leur joie dans Jérusalem. « Jésus le crucifié, Dieu l’a ressuscité, il est vivant. » (Mt 28, 1-10).

Que s’est-il passé ? Les amis de Jésus essayent de raconter comment ils ont découvert et compris ce qu’ils ne pouvaient même pas imaginer.

Le tombeau vide -C’est le premier signe. Le dimanche après la mort de Jésus, des amis de Jésus vont au tombeau pour embaumer le corps et voient que quelqu’un a roulé la lourde pierre : le tombeau est vide.

Ces témoins courent aller Pierre et Jean qui constatent eux aussi que le tombeau est vide Jn 20, 1-10). Jean dans son Evangile note qu’ils trouvent posé à terre dans le tombeau les linges qui couvraient le corps. Pour Jean, c’est à la fois un indice et un signe. Un indice : si on avait volé le corps, on aurait pris les linges qui recouvraient le cadavre, donc ce n’est pas un vol. Un signe : les linges de la mort sont restés dans le tombeau, mais lui, Jésus n’est pas là. D’un seul coup? Jean comprend que ce que Jésus avait annoncé. Jésus est vainqueur de la mort. Luc écrit dans son Evangile : « Pierre courir au tombeau en se penchant, il ne vit que des linges. (Lc 24,12)

Les rencontres avec Jésus ressuscité. Chacun des évangélistes a choisi de raconter quelques unes des rencontres de Jésus ressuscité. A travers ces récits, ils témoignent de ce qu’ils ont vu et de ce qu’ils ont compris. -Marie-Madeleine est la première. Elle rencontre Jésus devant le tombeau vide au matin de Pâques. D’abord elle le prend pour le jardinier puis il l’appelle par son nom et le reconnait, c’est le Seigneur. -Deux disciples partant vers Emmaüs le reconnaissent pendant le repas à la fraction du pain.(Lc 24, 13-35).

 

François LE ROUX